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AVANT LA REVISION

A ces outrages, une dernière fois, je veux répondre en déclarant que Français, nous le sommes, par toutes nos traditions, ne voulant recevoir d'inspiration politique que de notre amour de la liberté. Nous ne sommes pas de ceux qui, pour reconnaître le gouvernement de la République, ont attendu les instructions d'un souverain étranger, car notre réforme religieuse a été et reste une protestation irréductible contre l'autoritarisme romain. Notre langue est française et nous avons voulu une Eglise où fût parlée la langue d'un Calvin et proscrit un latin qu'eût méprisé le paysan du Latium. Notre pensée est française, jalouse d'ordre, éprise de lumière et de clarté, ennemie de la scolastique et de la casuistique. Nous sommes les héritiers directs des défenseurs des libertés franques, car aux jours de décadence, nos ancêtres, en face de l'absolutisme royal, ont défendu la souveraineté du peuple. Aussi sommesnous rivés à la terre de France par des liens si forts que nulle puissance au monde ne pourra les briser. Chrétiens, nous nous souvenons fidèlement de la parole du Christ : Cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice, car nous savons que la justice est ce qui doit être et que méconnue, tous les fondements de l'ordre social sont renversés.

Hier la justice était en péril et nous l'avons défendue, que demain elle soit menacée, on nous retrouvera à notre poste de combat.

(Juin 1906).

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