AMALFI
Le 30 avril, 1909.
Les troubles de Turquie nous ont privés du plaisir de visiter Constantinople; les Pères, pour dédommager les pèlerins, ont ajouté trois stations importantes sur la route d'Athènes et Naples : Messine, Amalfi et Capri. Je voüsÿ:annonce ce qu'Amalfi nous réserve de beau. +
La ville est située sur-le SRE d’une haute montagne, comme d'ailleurs presque toutes les villes sur le bord de la Méditerranée. ‘On voit partout les châteaux et les maisonnettes, au blanc de marbre le plus briljarit, suspendus aux rochers ; les vignes grimpent aux galleries et serpentent à travers les oliviers, les noyers et tant d’autres jolis arbres, qu ornent ces villes d'Italie.
VERS LA TERRE-SAINTE 289 erreurs re — La cathédrale est d'u renferme dans sa cryp saint André, apôtre, Constantinople, La té un reliquaire en or m d'argent fut exposée Les chanoines
que la liqueur de son plus ou moins abondant la stérilité de l’année. I
pour les pèai constaté la r de recevoir ues gouttes du liquide ‘précieux Manne de saint André».
Les pêcheurs ont choisi saint André pour patron probablement parce que le pêcheur de Bethsaide eut part aux succès de saint Pierre, lors de la
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pêche miraculeuse sur le lac Génézareth. La statue colossale du saint à l'entrée de la ville en face de la mer rappelle son état d’apôtre et de pêcheur : il est appuyé sur la croix dite de Saint-André, entre ses. mains sont des poissons et à ses pieds sont déposés. des filets. |
de CAPRI
Cette petite ville d'Italie tire son orgueil de sa grotte d'azur. L'île, vue de la mer, l'Jsola vista da mare, semble n'avoir rien d'étrange, à part les beautés communes aux autres endroits du littoral. Dans une toute petite barque, si petite qu'elle ne peut contenir que trois personnes, c’est-à-dire deux passagers et le nautonnier, nous abordons à la grotte. L'entrée semble inaccessible ! Les vagues, selon les. agissements de la mer, la submergent pour un instant et la laissent presque à sec pour un autre instant. Comment pénétrer dans ce gouffre ? «Couchez-vous. au fond de la barquette, nous dit l'ami, et necraignez rien! Ne voyez-""ous pas la Madona, nous la désignant d’un geste revérencieux, au-dessus de’la falaise qui surplombe l'entrée? Elle est là pour protéger les visiteurs. J'ai conduit ici des milliers de personnes.
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et je n'ai jamais eu d'accident à déplorer. Il ne faut Pas s'étonner cependant si vous recevez quelques douches, Sa vous rafraichira !! C'est entre deux vagues que nous devons entrer dans cette Ouverture : elle n'a que quatre pieds de diamètre, Ça nous suffit!»
Entre deux Soupirs et un «qwsnf foi ben», nous voilà dans le col de la Caverne,et l'instant d'anxiété se change en étonnement! Nous sommes dans la plus belle grotte du monde, «La grotta azzuran. La nature a fait ici des merveilles : La grotte est vaste comme une grande Cathédrale dont la voûte blanche reflète les eaux de la mer bleue et dont l'a- Coustique parfait redit nos joyeuses conversations. C'est de la MyStification, car, sous cette montagne nous avions prévu l'obscurité et nous voilà éblouis sous un flot de clarté Capable de nous faire distinguer les objets sous vingt pieds d'eau. Un jeune homme, au bain, pour amuser les visiteurs, semble nager dans un océan de lumières.
Nous sommes restés Près d’une demi-heure dans cette merveille. Comme toujours, en admirant les beautés de la nature, nous en venons à louer le Sei 8&neur qui a fait de si grandes choses.
Les pavillons sont aux mâts et aux cordages.
À cinq heures du soir nous entrons dans la baie de Naples. L'«Etoile» évolutionne Paresseusement sur les flots,elle s’admire sur la nappe limpide, elle avance avec la majesté du Cygne qui prend ses ébats sur les
étangs de nos jardins-publics. Cette lenteur, amenée à dessein, nous permet d'admirer encore une fois la ville, son Vésuve et sa Marina. Le port est couvert de nacelles qui viennent au-devant de nous: il ya des musiciens, des chanteurs, des acrobates, des nageurs ; tous viennent vers nous dans l'espérance de voir tomber les soldos. L'Espagnola, O bella Napoli, Santa Lucia, tout le répertoire italien y passe. Ces chants sont ac:ompagnés de musique entraînante, dè : contorsions, de poses fantastiques qui ébahissent les auditeurs,
Et les petits nageurs ? Ils sont curieux, ces enfants ! Vous jetez une piécette à la mer, ils la suivent de leurs petits yeux et immanquablement ils réussiront à s'en emparer : la densité de la mer a ralenti sa marc'e, ce qui permet à l'habile plongeur de la saisir avant qu'elle n'atteigne le fond. L'enfant revient à la surface avec la monnaie entre ses dents quelquefois entre ses orteils, prêt à recommencer autant de fois que cela vous amuse.
Au havre, on voit des vapeurs de toutes les pays. Nous revoyons avec plaisir notre « RomA » qui nous amenait en Italie, il y a deux mois. Il revient d'Amérique et nous apporte des nouvelles des nôtres. J'ai bien hâte d'aller à terre pour demander mon courrier.
Avant de quitter l'« Étoile», nous sommes convoqués à la chapelle pour un dernier exercice. C'était
ne mme
la clôture du Pèlerinage pour les quinze Canadiens qui devaient quitter Naples. Après l'exposition
notre foi envers Notre-Seigneur.
Le Pèlerinage à Jérusalem et à tant d'autres
Mais, je t'oublie, O Jérusalem, que ma droite soit .
livrée à l'oubli».
Oui, nous nous Souviendrons toujours de ce beau Pèlerinage : nous Penserons souvent aux Pieux ex-
salem ! Jérusalem ! Sois toujours notre étoile et Conduis-nous au bonheur.
Avant de quitter le bateau, il faut rendre hommage au Vénérable Père Bailly et à tous ses reli-
gieux pour leur Courtoisie à notre égard. Les pèleri-
m'attendait toute une liasse de lettres. J'aurais voulu lire mes 84 lettres toutes du même coup, tant j'étais anxieux de savoir les nouvelles du pays ; j'eus bientôt la conviction que parents, paroissiens etamis ne m'avaient point oublié : leurs bons sentiments, si bien exprimés dans leurs missives et leurs promesses de bonnes prières pour un heureux voyage m'ont fait un grand plaisir.
Je les remercie de tout mon cœur, je les assure à mon tour de mon affection ; j'aurai pour tous, un bon mémento où je célèbreraila sainte messe surtout dans la Ville-Éternelle.
L'hôtel de Genève, trop rempli, ne put nous donner l’hospitalité, c'est à l'hôtel Santa Lucia que nous logeâmes: vue admirable sur la mer, d’un côté la rade «ct le Vésuve, de l’autre le Chiostro di San Martino ct le Castel dell'oyo (le Château de l'oeuf.)
Assis à notre fenêtre, nous voyons arriver le yatch royal de Sa Majesté Edouard VII, roi d'Angleterre,en compagnie de Sa Majesté Emmunuel Il, roi d'Italie. Les deux souverains viennent passer quelques jours sous le beau ciel de Naples. A cette occasion, la ville a sa toilette des grandes fêtes, les drapeaux flottent partout. les soldats, font de la musique militaire et tirent les canons du haut des citadelles. Les rues dégorgent de curieux, chacun veut voir les souverains et les acclamer.
Re
ENT - Le 1er maï, 1900.
Les Napolitains ont aujourd’hui Ja fête de saint
Janvier, leur Patron vénéré. Ce soir, et durant huit
jours consécutifs, s'opère le miracle du sang de saint
La fête se continue avec les illuminations à giorno, les chants pieux Sur les Piassa. Bien que
La vie à Naples paraît fort agréable pour le plus &rand nombre : mais les misères qui S'étalent dans les rues font peine à voir, I] Ya des lépreux, des
296 VERS LA TERRE-SAINTE RE gens contrefaits, des infirmes, des mendiants en quantité sans oublier une légion de petits Poucettes. À chaque pas il y a une main tendue pour recevoir l'aumêne pendant que de l’autre on exécute mille gestes pour attirer notre charité : Un soldo pro macaroni, disent les enfants : Pane Signor, pane tanto Povera, o fame, répètent, les pauvres femmes ! Il faudrait une fortune pour répondre à toutes les demandes qui paraissent raisonnables ; il faudrait bien aussi un peu de froideur pour savoir refuser à ces &ueux qui exploitent le bon cœur des étrangers et qui souvent coulent leuré sous pour la diva bottiglia. Addio bella Napoli ! Adieu Naples ! Quand te reverrons-nous ? Addio ! Addio !/