‹ Vers la Terre-Sainte [microforme]Chapitre 68 sur 105 · LES CATACOMBES DE SAINT-.CALIXTE · texte numérisé non relu

LES CATACOMBES DE SAINT-.CALIXTE

Le 4 mai, 1909.

Le Rév. M. Nap. Préville, curé du diocèse de Valleyfield, qui fait partie de notre groupe canad:en, se charge de nous guider. Ilest très renseigné sur les souvenirs et les Monuments de Rome, vu qu'il y à passé trois années comme étudiant au collège canadien. Nous nous arrêtons au Colisée, immense -amphithéâtre, où, Sous l'oeil de Néron, des milliers de Chrétiens tombèrent sous la dent des bêtes féroces. Malgré la destruction partielle et la vétusté de ce monument âgé de plus de 1800 ans, nous voyons encore les loggia des fMpereurs, les retraites des gla-

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diateurs et les cavernes où étaient enfermés des. lions, des léopards et des tigres rugissants. I] faut laisser cette terre rougie du sang des martyrs et son- 8er qu'avant d'aller à Ja gloire ils ont été à Ja peine, et que la palme n'a été accordée qu'à ceux qui ont su souffrir pour le Christ et la religion qu’Il est venu apporter aux hommes.

Après avoir Passé ‘sous l'arc de Constantin, érigé en 312, nous suivons la voie Appienne jusqu’au Domine quo vadis où a eu lieu la rencontre de Jésus-Christ avec saint Pierre. Celui-ci, pour- Plaire à Processus et à Martianus, gardiens de la prison Mamertirre, et aux fidèles qui le priaient d'éviter la persécution, s'évada de grand matin. Lorsqu'il se disposait à sortir de la ville, sur la via Appia, il aperçut Jésus-Christ devant lui: «Où allezvous, Seigneur, dit-il —Je vais à Rome pour y être

iyre de saint Jean devant la Porte-Latine, elle est. appelée S. Giovanni Oleo et fut construite en 1509: sur l'emplacement où l’apôtre fut jeté dans une-

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Chaudière d'huile bouillante. Comme le saint vieillard en sortit Sans aucun mal, Domitien lui laissa la vie sauve et le fit exiler sur l'Île de Pathmos d'où il

L'étalage des tombeaux, au grand jour, sur des lieux de dissipation et de Plaisir, ne pouvait convenir aux adeptes des Croÿyances surnaturelles, aux disciples de la religion du Christ; on devait donc trouver, pour Îes chères dépouilles de Parents ou d'amis, des lieux plus convenables. Ne fallait-il pas un lieu plus digne pour les restes vénérés de leurs martyrs si nombreux dans les Premiers siècles de l'Eglise.

C’est pourquoi furent pratiquées, sous le sol, äutour de Rome, de Sombres excavations ou cimetières qui prirent le nom de catacombes, vastes de- Meures de morts, qui, dans les moments les plus troublés des persécutions, servirent parfois de refuge aux vivants et de Sanctuaire pour la célébration des Saints mystères.

cessaires aux constructions de la ville. Cette théorie: est aujourd’hui abandonnée et, d'après le savant Père Marchi, s. j., cet oeuvre immense fut uniquement exécutée pour les sépultures chrétiennes et par les mains des chrétiens. j

Parmi ces régions scuterraines, celles des cata. combes de Saint-Calixte, ainsi appelées du nom du Pape qui, au troisième siècle, y fit opérer de grands. travaux, est la plus importante.

Les catacombes de Saint-Calixte,tombées comme: les autres dans l'oubli, en ont été tirées après. de laborieuses et importantes études. On a:

tout reconstitué, et il est maintenant facile, en les. visitant, d’y suivre l'histoire des premiers temps de notre sainte religion.

Le bon Père Trappiste, gardien de ces lieux, nous donne des bougies et nous le suivons dans les: sombres escaliers qui nous conduisent à une cin- Quantaine de pieds sous terre. Descendus dans les flancs de ce rocher, nous voyons s'ouvrir devant nous de longues galeries creusées en étages les unes: sur les autres, bordées de tombes entaillées et alignées en rangs superposés, des deux côtés, dans les Parois. Il y a encore des sarcophages qui contiennent des ossements; on trouve des crânes, des tibias. ici et là dans les sépulcres. Est-ce que ce sont des saintes reliques des martyrs? Ce n'est pas facile à dire, vu qu’on enterrait aussi, en ces lieux, les mem

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bres des familles nobles de Rome et que bien d'autres, pour être certains d’une sépulture honorable

peu de leur sang, ou des Pièces justificatives déterminant le genre de mort qu'ils ont souffert. La couronne et la palme du martyre, des colombes, des poissons, et d’autres symboles religieux accompa-

Nous parcourons Plusieurs milles sous terre, examinant ce travail géant, tremblant dans ce séjour

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320 VERS LA TERRE-SAINTE ———— — … lurent l'être dans le martyre. Le Pape saint Damasse (384) fit faire de grandes réparations dans les. différentes catacombes romaines. Il s'occupa spécialement de la crypte des Papes; on voit encore des. signes de cette restauration: on nous montre une Pierre fermée de fragments réunis, qui reconstitue Presque en entier une inscription damassienne. Par un sentiment d'humilité, ce saint Pontife ne voulut point choisir sa sépulture dans les catacombes. «Je souhaiterais ce bonheur: mais je crains de profaner le lieu auguste où reposent les saints. »

La basilique de Saint-Xyste a reçu une restauration plus moderne. Le Pontife Xyste était à célébrer les saints mystères dans ces catacombes que nous visitons, lorsque les soldats de Valérien s'em- Parèrent de sa personne et le conduisirent hors de la ville pour lui trancher la tête. Son corps, recueilli par les chrétiens, fut ramené ici, dans cette basilique qui porte son nom. Plus tard ses reliques furent transportées dans une église qu'une matronne romaine avait fait élever Pour les recevoir. Elles sont encore sous la garde des Dominicains.

On aime à entrer dans la crypte de Sainte-Cécile ; on s'incline avec respect devant cette tombe qui re- Sut le corps de cette illustre vierge. Sur les murs on distingue de vieilles et vénérables peintures: c’est d’abord le Sauveur, sainte Cécile et saint Urbain; Plus haut dans le lucernaire saint Policamus, saint

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Sébatianus et saint Cyrinus. Le Corps de sainte Cé- <ie est maintenant au Transtévère depuis 821, dans l'église érigée sur son palais. Aux Catacombes, on voit dans le Joculum une belle statue en marbre de Maderno, représentant la glorieuse martyre: elle est Couchée, la tête enfouie dans son voile et tournée vers la terre, comme Pour ne pas voir le glaive du bourreau qui lui cicatrise le cou, ses bras sont affaissés l’un sur l’autre en avant du corps, trois de ses doigts: sont étendus, dont deux de la. main droite et un seul de la main gauche. On mé:tit que, dans le

‘silence de la mort, la Martyre proclame le mystère

de la sainte Trinité.

On célèbre la messe Partout dans ces souter- Tains, choisissant le lieu le Plus propice à notre dé. votion. Ne pouvant célébrer aujourd'hui, j'assiste Par la pensée aux messes des pieux Pontifes des premiers siècles. Qu'’elles devaient être belles ces obla-

tions saintes! Qu'elles devaient être ferventes les”

Prières de ces foules chrétiennes qui, en ces temps de persécutions, se tenaient toujours prêtes à mou- Tir, ne manquant 48 de recevoir la communion Comme le viatique fortifiant pour le voyage de l'é. ternité. Ils ne craignaient ri » Ces fidèles disciples des apôtres. Ils avaient reçu le baptême; ils étaient Chrétiens. Ils ont poussé l’héroïsmie: jusqu'à répandre leur sang pour l'amour de ce nom et Pour l’a-

mour de Jésus-Christ. Quelle leçon pour noust

. Je suis chrétien, voilà ma gloire, Mon espérance et mon soutien, Mon chant d'amour et de victoire.

re Je suis chrétien! Je suis chrétien!

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