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En entrant dans les temples sacrés on est toujours frappé de l’ensemble de l'édifice, il n’y a rien pour obstruer la vue. Les nefs sont libres de bancs, ce qui permet d'admirer des pavés en mosaïques ou en marbres reluisant comme.des miroirs.
Si on veut assister à un office, on loue près de la porte une chaise-prie-Dieu pour quelques sous ; d’ailleurs les sacristains sont d’une politesse très empressée pour les étrangers. On vous reçoit avec des égards qu’il faut payer cher.
Un étranger, c'est toujours une bonne aubaine : deux sous pour un prie-Dieu, deux sous pour voir une madone miraculeuse, cinq sous pour tirer le rideau qui couvre un chef-d'œuvre de Raphaël, dixsous pour voir le trésor, vingt sous pour descendre dans la crypte. Au retour deux sous pour celui qui vous présente votre chapeau, deux sous pour soulever le paillasson qui bouche la porte, et autant d’autres sous qu'il vous plaira de distribuer aux mendiants qui vous attendent sur les degrés. Il y va de notre bourse,n’est-ce-pas? Il n’en coûte rien pour . prier ; c'est la curiosité légitime qui coûte cher et nous ne pouvons blâmer ceux qui profitent de l’occasion propice pour faire quelques sous. C'est à peu près le seul moyen possible d'entretenir leurs sanctuaires.
J'ai été étonné de voir, dans une grande église, une cinquantaine d'enfants de cinq à dix ans, jouant
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de leur mieux. Ils étaient sous la surveillance de leurs bonnes ; un véné: able prêtre s'amusait à les taquiner. J'étais Presque scandalisé lorsqu'on me dit que c'était la coutume de laisser les-enfants s'amuser sous le regard de Notre-Seigneur. Ils jouissent de l'ombre, de la fraîcheur et de la tranquillité, loin des influences méchantes. Notre-Seigneur n’a-t-il pas dit : Laissez venir à moi les petits enfants.
Santa Maria D'Ara .Cœli, des Frères mineurs, offre une particularité très chère aux petits enfants. C'est l'église du petit Jésus ou du Il Santo Bambino. I1 fait des prodiges et le monde entier lui reconnaît un Pouvoir merveilleux. La statue miraculeuse du Santissimo Bambino est en bois d’olivier de Gethsémani; elle fut sculptée Par un religieux franciscain au quinzième siècle à Jérusalem et apportée par le même religieux à Rome sur le capitole à l’Ara-Cœli. Le chapitre du Vatican la couronna le 2 mai 1897.
La piété des fidèles et leur reconnaissance pour les nombreuses grâces reçues ont couvert le petit Jésus de chaînes d’or, de joyaux et de pierres précieuses ; à tel point que la figure et la main droite seules restent à découvert. II est renfermé dans un grand tabernacle d'où on le retire pour le montrer aux visiteurs. Parfois on obtient qu'il soit porté en Procession dans la ville chez les enfants malades. Au passage du petit Roi couronné qu'on a déposé dans ün carrosse de gala,les mères sur les rues ou des
fenêtres de leurs demeures tiennent leurs bébés dans leurs bras et les offrent au Santo Bambino.
A Noël, dans une chapelle de cette église, se réunissent un grand nombre d'enfants. Plusieurs montent sur une estrade et débitent des petits discours Percœur au grand ébahissement des autres petits et à la joie de leurs parents.
Les restes de sainte Hélène reposent dans ce sanctuaire, dans une belle urne de porphyre sous un riche baldaquin. Un pèlerin de Jérusalem qui a vu tout ce que cette bonne mère de Constantin a fait pour l'honneur des Lieux-Saints s'agenouille avec respect et admiration devant ce saint tombeau.
Dans nos collèges, Pour modèles de vertu, on Propose à la jeunesse saint Louis de Gonzague, saint Stanislas de Kostka, saint Jean Berchmans. Je ne veux pas relater leur vie; qu'il me suffise de rappeler qu'ils firent beaucoup en peu de temps. Bien qu'ils soient morts Pour ainsi dire au printemps de la vie, ils ont su mériter par la pratique des vertus héroïques, un très haut degré de gloire dans le ciel. Près du Panthéon, dans l'église de Saint-Ignace reposent les corps de saint Louis mort en 1592, et de saint Jean mort en 1621. Tous deux reposent sous les autels des transepts dans des urnes ou des tombeaux de lapis-lazuli ornés de reliefs enor et en argent Les chambres qu'ils avaient habitéesau Collège Romain étaient devenues la
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propriété du Souvernement italien en 1870 ; Mais.
se Contentant d'établir un lycée dans le collège, il remit les deux humbles cellules aux Jésuites. Nous les voyons telles qu'elles étaient au XVI et au XVII siècles, si ce n'est qu'on y a élevé des autels Pour y célébrer la sainte messe et qu'on y a ajouté, des armoires où sont conservés les objets qui furent
à leur service. )
La chambre qu'occupait saint Stanislas de
Kostka en 1568 fut détruite par les envahisseurs Piémontais; les Jésuites Cependant en emportèrent les principales parties et la reconstruisirent à l’église Saint-André du Quirinal, où son Corps est en grande Vénération. On admire dans cette cellule de saint Stanislas un monument en marbre de Pierre Legros,
sculpteur français. Le petit saint de dix-huit ans est représenté étendu sur son lit ; la tête, les mains et les pieds sont de marbre blanc ; la soutane est en marbre noir ; les coussins et les matelas sont en marbre jaune. Il est tellement saisissant qu'on rap- Porte que l'artiste lui-même se convertit au catholicisme après qu'il eut terminé son œuvre.
: Le 9 mai, 1909.
En compagnie du Rév. M. Nepveu, économe du séminaire Canadien, nous sommes allés à l'église Saint-Anselme sur l'Aventin pour entendre le chant des Bénédictins. Au moment où nous entrions, les moines étaient à psalmodier prime et tierce ; la
messe du dimanche devait commencer à l'instant.
On sait la réforme du chant et de la musique faite par Pie X. C'est de cette abbaye célèbre que nous vient la notation du chant de Solesme ou mélodies grégoriennes, maintenant admises dans l'Église.
Ces religieux mettent tant de précisions et d'harmonie dans l'exécution, adoucissent si bien les modulations des notes, expriment si dévotement leur vœux et leurs supplications que leur chant est la plus belle *-- prières qui puissent monter jusqu’au trône de Dieu. Cette musique n'a pas l'allegretto ‘ des dernières fantaisies d'église; elle laisse de côté les éclats de voix, les variations d'artistes d'opéra et les conceptions trop vives de nos Compositeurs profanes. Elle est posée, calme, sévère même, elle n’en convient que mieux au respect dû au saint lieu.
En revenant nous nous arrêtons à Sainte-Sabine, église construite en 425, restaurée plusieurs fois et remise par le Pape Honorius III à saint Dominique pour la fondation de son ordre. Au milieu de la nef est un fût de colonne en pierre noire de trois pieds de hauteur. La partie supérieure est couverte d'un coussin de pierre sur lequel on remarque l'empreinte profonde des coudes et de l’avant-bras de saint Dominique qui passait ses nuits en prière dans le temple. Sa chambre dans le couvent est convertie en chapelle. Nous n'avons pas manqué de visiter dans le même Monastère la chapelle dite
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Par saint Dominique. Cet arbre, âgé de plus de six
siècles (1 221),estencore bien conservé ;il porte desfleurs :
et des fruits. J'aurais voulu cueillir une oran pour l'emporter comme Souvenir au Père Dallaire qui me remplace dans ma paroisse ; mais l'arbre est protégé par une grille contre la possibilité des pieux larcins. J'ai obtenu une bonne provision de feuilles, tombées sur le sol: je les donnerai avec plaisir au vénérable Père Dominicain.
Je n’en finirais pas avec les souvenirs religieu x, Car, dans cette ville des saints, il n'y a guère d'’endroits qui ne parlent pas de miracles ou de choses surprenantes.
Je tiens à mentionner a Chambre où est mort saint Benoît Joseph Labre, en 1783. Le serviteur
sanctuaires ; de préférence aux églises où le saint Sacrement était exposé pour les Quarante heures et dans les lieux de Pèlerinages en l'honneur de la mère de Dieu. Il mourut à Rome dans la demeure de Zaccarelli: c'est dans cette chambre devenue cha-
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pelle que sont conservées ses reliques. Les hubits qu'il portait à sa mort sont sous les scellés dans des placards vitrés. Comme Benoît Joseph était un mendiant on ne s’étonnera pas de n'y voirque des habits en lambeaux. Sous les haillons du pauvre se cachait la sainteté d'un prédestiné, Dieu est admirable dans ses saints.