PADOUE
Le 24 mai, 1909.
En quittant Lorette, nous dûmes retourner à F € pour venir à Padoue, La dévotion à saint
Pour que des
nés d'arbrisseaux et de jolies corbeilles de verdure, les Padouens s'amusent: ils Y prennent leurs
leurs maisons qui, pour avoi &antes, ont des intérieurs sans air et sans ventilation. Ce qui semble Pour eux être un martyre, le
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fut davantage pour nous qui étions loin de nous at tendre à une pareille chaleur la 24 mai. 11 faut bier avouer que, pour un hôtel soi-disant de premièr classe, nous y avons trouvé un bien bon hôtelie mais un vilain réduit: une fournaise qui nous chauf fa à blanc,
De bon matin nous étions dans l'église aux ‘grandes coupoles de Saint-Antoine, c'est une des plus belles du monde, elle fut commencée en 1232, quel. ques mois après la mort d'Antoine, l'année même de sa Canonisation. Ce fut en 1263 qu'on y transporta son corps. Le tombeau est placé au milieu d’une cha. pelle qui lui est consacrée et qui elle-même est déjà un grand édifice. La décoration actuelle est du XVIième siècle. Ayant fait ouvrir les riches trésors de l'église, nous avons vu, entr'autres reliques précieuses, la langue du saint enchâssée dans un reliquaire d'or et d'argent qui vaut plus de 10,000 Piastres. Après nos messes nous avons assisté à la messe de Sa Paternité le Patriarche et Cardinal de Venise qui était venu en pèlerinage à Padoue. Un évêque grec, assisté de ses diacres, a aussi célébré à l'autel du corps du saint thaumaturge.
Je me demande si je ne vous ai pas fatigués avec toutes ces descriptions peu variées des églises d'Italie ? Vous savez bien que, comme prêtre, je suis venu dans ces pays étrangers pou: y voir ce qu'il y a de religieux ; COnnaïssant d'ailleurs l'état
nous atiut bien remière hôtelier s chauf.
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l'état
VERS LA TERRE-SAINTS - 373
d'âme des Acadiens, je crois leur faire plaisir tou. jours, en leur faisant visiter les pi et en leur parlant
et augmenter leur foi si Vivace,
Compartiment que nous,
guée qui Paraissait s'intéresser à notre Conversation.
M. l'abbé À. Bégin, Professeur de physique au inaire de Sherbrooke et son frère M.H. i notaire, de Windsor-Mi
Des Canadiens, Vous le savez, n'ont Pas la langue dans leur poche et d'habitude ils font du train où ils sont :
leur humeur les suit à l'étranger ! Après les histoi. res du pays vinrent les Chants de chez pertoire connu Ÿ Passa presque tout une longue Pose avait même laissé croire que le 1
fini, lorsque notre jovial notaire se mit à fredonner
Malo, beau Port demer 1] Ce derni
avait cru reconnaître l'accent canadien, mais elle en avait la certitude ; elle allait nous faire une surprise, et une grosse surprise aussi : « Je suis heureuse de vous rencontrer, messieurs, J'ai connu plusieurs de vos compatriotes aux fêtes de Honfleur et de Saint- Malo, il y a cinq ans; ils étaient logés dans mon chiteat e! plusieurs d’entre eux, à ma maison de campagne, à Port-Cartier. Je possède la ferme et l’habitation de Jacques-Cartier, le grand navigateur qui le premier remonta votre beau Saint-Laurent (1535). Un monsieur Chicoyne, journaliste et député, me pria alors de lui donner un souvenir du vieux manoir de Jacques-Cartier. Ce fut presque à regret o:- je consentis à lui expédier un petit vitrail bien conservé qui fermait une fenêtre donnant sur la mer et d’où le grand homme a dû souvent porter ses regards vers votre cher Canada. On m'a. appris que mon vitrail était à Sherbrooke ?—Parfaitement, Madame, reprit M. l’abbé Bégin, je suis curateur du musée du Séminaire Saint-Charles-Borromée, de: Sherbrooke, et c'est moi qui porte un soin jaloux à votre relique : elle ne sera que plus appréciée maintenant que j'ai l'honneur de connaître Madame la Châtelaine de Saint -Malo. »
Nous sommes heureux de la rencontre fortuite de Madame Fernand de Ferron de Port-Cartier, en Paramée, France. Nous lui parlons de notre patrie à laquelle elle porte beaucoup d'affection. Nous serions
très heureux de répondre à sa gracieuse invitation de la visiter à Port-Cartier : nous Y recevrions un fraternel accueil. En attendant, Madame de Ferron voudra bien croire à notre respect.