‹ Vers la Terre-Sainte [microforme]Chapitre 99 sur 105 · LA TRAVERSÉE DU RETOUR · texte numérisé non relu

LA TRAVERSÉE DU RETOUR

. Le 12 juin, 1909.

Pour huit jours nous avons notre demeure dans la cabine 128e du vapeur Victorian de la ligne Allan. Nous filons rapidement, car déjà les côtes de l'Angleterre et de l'Irlande sont disparues. Nous sommes à 400 milles des rives et par conséquent en face de l’immensité, n'ayant que le cielet l’eau pour horizon. La mer n'a pas de colère; pour nous elle est bonne, douce et saline, si calme qu'on ne saurait croire les mille récits de naufrages et la possibilité des grands dangers auxquels nous sommes exposés

être ins- sur l’océan. I] faut bien dire que nous ne sommes | mn route Pas au temps des tempêtes, et il faut ajouter de plus # nt plus qu On ne saurait avoir un mauvais voyage, quand À de leur tant de parents et d amis sont en Prières pour nous ! s et de Vierge qu'ils Invoquent soutient son manteau Ë tons de Protecteur au-dessus de notre vaisseau et elle nous F iper un conduira heureusement au port. E Le 13 juin, 1909 î

dre les Nous sommes au dimanche, dans l'octave du | parents très saint Sacrement, le jour où, dans nos paroisses, 3 se fait la grande Procession de la Fête-Dieu. Nous |

serions très heureux de porter Notre-Seigneur dans Ë

les allées de nos jardins et les rues de nos villages Fs

Nous laissons ce plaisir à nOS remplaçants et nous F

leur voulons un temps Magnifique pour cette fête Le

tant aimée du triomphe de Ja sainte Eucharistie M

Pour nous, c'est une journée de sacrifices, nous È

: “ommes au milieu d'Anglais, sur un bateau anglais. j'

e dans Î1 n'y a point de messe, nous sanctifierons le saint É

, ligne jour par la lecture de notre bréviaire et la récitation fs tes de du rosaire. Nous avons le temps de prier pour tous, L: Nous Chacun des nôtres aura sa part. È

ent en Le 26 juin, 1909 jh

| pour Que faisons-nous en mer? Les journées se res- Ë

s elle semblent, les heures sont longues et le soir ne vient Ê aurait Plus. Il faudrait quelque chose pour changer la fl ibilité Monotonie et nous faire oublier notre réclusion. ë

posés Nous n'avons plus, après le déjeuner, les courses du

Prado, les visites de la Corniche, la promenade Champs-Elysées et du Bois de Boulogne: il fau contenter du pont du «Victorian » prendre quelc bouffées de grand air salin et garder la cabine , bien que confortable, n'est, après tout, qu’ chambre à lit. Il faut s’ingénier à tuer le ter qui reste après la prière; nous mesurons les distan nous nous faisons des joies, quand la machi par un effort de vitesse, compte quelques milles plus que sa tâche régulière. Ca va bien, car, apri quatrième jour en mer, nous comptons 1,623 mil sur les 2,800 milles que-nous devons parcourir av d'arriver à Montréal. Nous avons fait au-delà d moitié de la traversée; bientôt, les côtes sud Terre-Neuve vont apparaître, nous entrerons dan golfe Saint-Laurent, arrêterons à Rimouski pou déposer les malles, et puis, vendredi matin, le juin, nous serons à Québee.

La mer s'est fâchée vers le soir ; les ve l'agaçaient depuis quelques heures. Elle donne balancement très irrégulier au bateau, et, par sui un grand déplaisir aux passagers. Bon nombre voyageurs fuient de table; quelques-uns ont vo braver la tempête et prendre un peu de nourritr ils en ont eu des remords cuisants! Le pont a t un peuple de figures décolorées; les beaux Ang ont perdu leurs rosy cheeks (joues roses), et t ces galants d'hier ont fait un silence si profond qu

senade des il faut se e quelques abine qui, t, qu’une 1 le temps distances,

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les vents donne un par suite, ombre de ont voulu Lourriture; nt a tout x Anglais 3), et tous ond qu'on

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Pour nous, il faut être joyeux jusqu'au bout. Nous R'aurons pas le mal de mer e’ nous pourrons dire au retour que nous sommes des vieux loups de mer, des marins sans peur et des voyageurs intré.

Nous revenons au pays bien heureux et très contents de notre Voyage. Nous avons eu du succès partout. Nous le devons à Dieu, à la Bonne Vierge et aux amis qui ont tant prié poür nous. A

Mes humbles notes de voyage ne disent pas tout; j'ai gardé bien des détails Pour la causerie en famille, au foyer, chez moi. ‘

J'ai parcouru bien des pays, j'ai vu de belles et grandes villes, de riches et. admirables campagnes : Mais je n'ai rien vu de si beau et qui puisse me

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«Au pays de Cocagne, il y neige de la crème,

. des bonbons et des biscuits; les maisons sont en

sucre blanc, aux fenêtres sont ‘accrochés des nougats, des caramels et de fins chocolats. On se mire dans une mer de vin: doux, on se nourrit de pains d'épices, de saucisses monstres et d’huîtres si délicieuses qu’uñe seule suffit à rassassier les plus affamés. »

Vous êtes invités, amis lecteurs, à m’accompagner jusqu’à Cocagne, nous y arriverons le 24 juin au soir et, si cette description tropikfantfstique vous a trompés, moi, je ne vous trompe pas en vous disant que j'aime Cocagne et que je le considère comme le plus beau pays.

Vive Cocagne!

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