‹ Vers le cœur de l'AmériqueChapitre 12 sur 37 · DANS LES DOCKS · texte numérisé non relu

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Texerçant scrupuleusement. Comme on ne peut rien demander de plus à aucun homme, quel qu'il soit, j'éprouvai de suite de la sympathie pour leurs personnes, et nos conversations furent pleines d'abandon.

La curiosité avec laquelle ils m'observaient de la tête aux pieds m'amusa beaucoup. Leurs articles témoignèrent, le jour même, que, ni la coupe rustique de mes vêtements, ni la forme virgilienne de mes souliers ne leur avait échappé.

La légende s'emparant d'un détail de vacances de ma vie de jeune homme, avait fait de moi un berger des Vosges, très récemment encore occupé à garder ses moutons, et qui venait apporter son message de simplicité, lentement conçu dans l'austère solitude des hauteurs. Peutêtre s'attendaient- ils à me voir revêtu de quelque costume-programme, à recommander urbi et orbi comme premier et visible indice du retour à la simplicité. J'eus donc d'abord à me défendre de cette tendance au formahsme qui attire les

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idées dans le domaine matériel. Mais ces interlocuteurs étaient à la fois si intelligents et si désireux de se renseigner exactement sur mes intentions, que j'eus un vrai plaisir à leur expliquer que la simplicité n'était ni dans le vêtement, ni dans la demeure^ ni dans la nourriture, mais qu'elle était un état d'esprit qui nous portait à consacrer la vie à son vrai but et à renoncer à tout ce qui nous en éloignait.

Ils me demandèrent: et pour nous autres journalistes, en quoi consiste la «Vie Simple»? Quel message avez-vous pour nous? Je leur répondis: «C'est bien simple: ne racontez que ce qui est vrai ».

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