FRAGMENTS DE MARBRE
Longues et justes de hauteur, Sans défaillance médiane,.
Tes Jambes sont pour un sculpteur Les jambes mêmes de Diane ;
Le double fût de marbre pur Que bleuit le trait d'une veine, Au grain serré, nerveux et dur De la belle statue humaine,
Dont la rotule, ce souci Qu'aurait eu Vénus elle-même.
Détermine, parfaite aussi, La plasticité du poème.
Tes pieds que n'a pas déformés Ta marche de Parisienne, Demeurent dignes d'être aimés Sans que tu sois patricienne.
Ils sont petits, polis et blancs Et conviennent à la statue Dont la tête, les seins, les flancs Dans le marbre te perpétue.
Les lèvres peuvent s'y poser,
Car ils vibrent quand on les touche,
Et c'est la place du baiser
Même quand j'ai baisé ta bouche.
Avec un cœur qui se défie, Je t'ai donné, sans nul dessein, Ma tendresse que justifie La fleur de rose de ton sein ;