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LES AFFICHES

Et tous ceux-là qu'il faut connaître!

Car un art nouveau vient de naître.

Les vieux imagiers de Jadis, Ont eu des fils qui les dépassent; Leurs enluminures s'effacent Devant ces novateurs hardis.

Car ils inventent, ces poètes.

Des images qui sont des fêtes De rythmes purs et de couleurs, Des lèvres qui sont des brûlures, Des ors qui sont des chevelures, Des seins roses qui sont des fleurs.

Sur un étang où sont des cygnes Une rêveuse aux belles lignes Laisse vers l'eau pendre sa main; Elle est radieuse et farouche ; Le dédain tient close sa bouche:

Que dessine un trait de carmin.

Une fillette en robe rouge

Prend garde que sa main ne bouge

Et boit son lait stérilisé ;

Les petits chats qui voudraient boire

Miaulent, dans un regret notoire

Qu'il soit si mal utilisé.

l58 HOMMES ETCHOSES.

Puis celles qu'on idéalise :

Des saintes de livres d'église Qui changent à chaque verset, Mains trop longues, regard mystique, Que pour quelque vitrail gothique Cerne le crayon de Grasset.

Les Ghismondas hiératiques.

Toutes claires d'anneaux antiques, Les yeux armés d'un noir dessein, Et celle, plus charmante encore, Tête penchante, que décore La gloire pure de son sein.

Chastetés aux grands lys pareilles, Tranquillisez-vous, ces merveilles Ne luiront pas pour tous les yeux.

Nos murs en deviennent avares.

Elles s'en vont, loin des barbares, Chez les rêveurs harmonieux!

UN PORTRAIT. I Sg

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