‹ Vers le soirChapitre 69 sur 108 · CAFE CONCERT · texte numérisé non relu

CAFE CONCERT

A F. Calais.

Hier je suis entré dans un café concert

Où seul le peuple peut boire ce qu'on y sert,

Vins ou mots frelatés, hélas ! dont il s'enivre.

Le rire, cet oubli mystérieux de vivre,

Se leva si piteux, si grotesque et si noir

Qu'on souffrait de l'entendre et même de le voir.

On n'imagine pas ce qui caresse et flatte

La dilatation physique de la rate,

Les insanes propos qui répondent le mieux.

En ces endroits, au ffoût des Jeunes et des vieux.

L'honnête calembour, cette fiente qui vole.

Dans cette nuit d'égout serait une auréole :

C'est inepte, c'est laid, puéril, et c'est bas.

Pour si peu que Ton pense, on ne comprendra pas ;

Et, pour combler l'horreur de ces heures infâmes.

Le plaisir et le rire imbécile des femmes !

HERCULES, l63

Page 1