‹ Vers le soirChapitre 77 sur 108 · A F. CORMON · texte numérisé non relu

A F. CORMON

L'homme débile et nu, menacé par les bêtes,

Dut vivre. Majesté des premières conquêtes!

Une caverne abrite encore ses petits ;

La femme allaite et veille; à tous ces appétits

11 faut qu'il songe, il faut qu'il rapporte la proie!

Satisfaire sa faim fut la première joie.

Il tire du silex la blessure et le feu.

Le sol, l'air ennemi lui cèdent peu à peu ;

Et des siècles durant, dans les mêmes alarmes,

Il lutte pour la vie avec les mêmes armes.

C'est l'inégal combat que ton pinceau décrit

De la brute et du germe informe de l'esprit.

O claire vision d'obscures épopées !

Que d'etïorts et combien d'espérances trompées !

Quelles lenteurs et quels élans vers le bonheur

De n'être plus en butte aux dents du loup hurleur

Ou de pouvoir lui rendre entailles pour entailles !

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