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LES BUSTES DU LUXEMBOURG

A M. Louis Favre.

On néglige bien trop souvent De leur dresser une statue A ceux-là qui s'en vont rêvant Et dont la grande voix s'est tue.

J'en voudrais ériger encor De ces figures de poètes, Portant au front le laurier d'or, Dont les strophes sont des conquêtes.

Ils sont l'exemple, ils sont divins Ces bons maîtres de poésie; Les jours de Thomme seraient vains Sans la chimère poursuivie.

Bien qu'il soit bon que les dédains Se lisent sur leur bouche aliière, Du plus joli de nos jardins Ne faisons pas un cimetière;

Car ils sont morts, ces triomphants, Et la gravité de leurs marbres Sied mal au rire des enfants Sous la gaîté de ces grands arbres.

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