LA MELODIE
Ne dédaignèrent point d'être mélodieux.
Nous eûmes de tout temps et nous avons encore
De ces chanteurs charmants que fait chanter l'aurore,
Gounod, mystique et cher quand on aime, Bizet
Qui, partout où son âme exquise se posait,
Faisait naître des fleurs françaises et divines.
Les éternelles lois du beau, tu les devines.
Mélodie, harmonie, il faut les adorer :
Elles naquirent sœurs : pourquoi les séparer ?
2l6 HOMMES ET CHOSES.
A Gaston Vuillier.
Assez des hommes, ce ramas !
Respirons, allons voir des bêtes, Des dromadaires, des lamas, Des brutes plus ou moins honnêtes;
Des girafes, des éléphants, Dont l'œil n'est qu'un point, mais sagace, Meilleurs que les petits enfants.
Etant d'ailleurs d'une autre race.
Près d'un aigle sous les verrous, Un paon stupide qui parade, Des singes qui mangent des poux Pour obliger un camarade ;
HOMMES ET Bi: TE s. 21 J
Des fauves même, dont le sang Est après tout la nourriture, Qui n'ont pas au ventre en naissant Notre appétit de pourriture.
Nous nous distinguons certes d'eux...
L'hyène immonde est dépassée Et nous sommes bien plus hideux, Ayant le verbe et la pensée !
2l8 HOMMES ET CHOSES.