‹ Vers les saules; comédieChapitre 5 sur 21 · Scène première · texte numérisé non relu

Scène première

N'y vas venir, monsieur, au lieu de rester coi Comme un épouvantail à pierrots?

Henri.

O Blondi ne!

La sagesse a touché ta lèvre grenadine.

Tu dictes le devoir, ô mon jeune mentor !

Ton ivresse a raison, et je suis un butor.

Blondine.

Eh bien, courons au bal tous les deux,

Henri.

Oui, j'accepte!

Nous tâcherons de joindre un exemple au précepte.

Et nous noierons l'aJnour dans un amour nouveau!

Oui, le soleil de juin frappe sur mon cerveau !

Je veux aimer encore, aimer sous les ramures,

Aimer comme l'on aime au temps des moissons mûres.

Au milieu des bluets et des coquelicots.

Au milieu des baisers dont sont pleins les échos!

Il l'cmbrass.'.

Blondine.

Eh ! que faites-vous donc?

Je t'embrasse, Blondine!

Tiens, vois ce cabaret et lis : Ici l'on dîne.

Blondine.

Je ne sais si je dois...

Henri.

Pas de scrupules vains!

Ne t'en souvient-il plus, chère^ c'est toi qui vins Tout d'abord me parler de joie et de folie Et ranimer en moi l'espérance pâlie!

J'avais jeté mon cœur et tu l'as ramassé. Viens dîner! le menu sera bientôt dressé. Et l'Amour surgira, victorieux athlète, Dans le rouge argenteuil, les pieds sur l'omelette!

Ils entrent dans le cabaret. Paraissent, d'un autre côté, Henriette et Marcel.

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