POUR LE POLICHINELLE D I KANET
J'ai bu pour que mon nez fût fait de pure llamme. J'ai crié comme un sourd avant qu'on me louchât. Je suis Polichinelle et j'ai battu ma femme, Rossé le commissaire et j'ai griffé le chat.
54 chansons d'été.
Si tu venais avec des airs d'enfant confus Me jurer que, « bien sûr, on ne le fera plus », Et que ton œil me dît avec une caresse : « Tu fus mon amoureux et j'étais ta maîtresse »; Si tu venais me mettre à la lèvre un baiser, A mon cou tes deux bras, il est bien malaise De dénouer deux bras et d'ôter de sa bouche La lèvre qui s'aimante à celle qui la touche.
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CHANSONS D 1 il
Je n'ai rien dit de sa beauté :
Que voulez-vous que je vous dise Elle est mon cœur en vérité ; Son odeur unique me grise.
M'avait-elle fait un serment?
Est-elle partie avant l'heure ?
Elle est très bonne assurément ; Est-ce sa tante si je pleure !
Je n'aurai plus de ciel pareil, 11 ne se peut pas qu'il renaisse, .Mais j'ai bu d'un vin de soleil En me grisant de sa jeunesse.
56 CHANSONS D'ÉTÉ
O rêve simple et facile :
Monter sur les éléphants, Faire le grand imbécile Avec les petits enfants.
Sainteté du ridicule, Quand on a deux yeux charmants Pour aube, pour crépuscule, Pour astres, pour firmaments!
Comme prises de folie,
Mes jambes flottaient dans l'air;
Mais elle était si jolie !
Son rire sonnait si clair!
CHANSONS l> l IK.
Sur une pile au ras de l'eau Du pont qu'on fit sauter naguère Nous regardions le grand tableau Qui rappelait encor la guerre,
La fuite verte des buissons Sur les berges presque éloignées; — Puis, pour voir aussi les poissons, Tu leur jetas des araignées.
Ne jouons plus ce jeu cruel, là laissons la bonne nature Régler ce besoin fraternel l)e mutuelle nourriture.
58 chansons d'été.
Si c'était toi, mon cher trésor, O douleur subtile et choisie, Qui voulusses m'aimer encor, J'avilirais ma jalousie.
Je souffrirais que ton souci Eût, mêlés à moi, d'autres rêves, Pourvu que tu vinsses ici Faire mes angoisses plus brèves.
Honte d'aimer ! J'accepterais Ce fiel et même davantage, Et mes yeux pleurent des regrets Pour n'avoir pas l'affreux partage
C il INSONS 1) 1- 1 E.
Ayant de tres grands trésors.
Nous fîmes une alliance:
Ma pensée et ton beau corps, Tes lèvres, ma confiance.
Ce fut bleu, ce rut charmant.
Ce fut comme une folie.
Et l'on disait : « C'est l'amant.
.Mais elle est bien plus jolie.
<v Voyez, elle a jusqu'au bout De ses ongles du sang rose. »
.Moi, je n'ai plus rien du tout :
Tel un sonnet mis en prose.
6o chansons d'été.
Humbles ou superbes, Elle aimait les Heurs Éclatant en gerbes De toutes couleurs.
C'étaient dans des vases Des coins de printemps, Avec des extases De quelques instants.
L'une ou l'autre éclose, Prompte à défleurir, Sa main douce et rose Les laissait mourir.
•Su
C HANSONS i> ! m:.
Elle avait près de sa beauté Toutes les fleurs, sitôt écloses, Des lilas eu avril, l'été Des œillets rouges et des roses.
Puis, heureuse de leurs couleurs, Tout en respirant leurs calices, Elle laissait mourir les Heurs Dont elle faisait ses déligjs.
Elle eut de même le souci De ma joie et de ma pensée...
Elle laissa mourir aussi La belle idylle commencée.