‹ Vers oubliésChapitre 5 sur 34 · LE DOUTE · texte numérisé non relu

LE DOUTE

Comme ces voix de nuit qui sortent des tempêtes, L'inconnu nous appelle avec des cris moqueurs. Le ciel, phare incertain perdu sur les hauteurs, Brille sans allumer l'aurore sur nos tètes.

Ces attentes, c'est vous qui nous les avez faites. Foi première, désirs, mensonges séducteurs! Le doute est le plus fort! Nous sommes des lutteurs, Nos armes contre lui ne seront jamais prêtes.

La route se dérobe et fuit à chaque pas, L'esprit la règle à peine et l'œil ne la voit pas, Mais nous sentons au cœur la rafale nous mordre.

Le néant fait monter l'angoisse à notre cou, Nous laissons se fermer nos yeux, nos bras se tordre. — Celui qui n'en meurt pas en peut demeurer fou.

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