‹ VersChapitre 52 sur 74 · PARABOLES · texte numérisé non relu

PARABOLES

Soyez béni, Seigneur, qui m'avez fait chrétien Dans ces temps de féroce ignorance et de haine; Mais donnez- moi la force et l'audace sereine De vous être à toujours fidèle comme un chien,

De vous être l'agneau destiné qui suit bien Sa mère et ne sait faire au pâtre aucune peine, Sentant qu'il doit sa vie encore, après sa laine. Au maître, quand il veut utiliser ce bien,

Le poisson, pour servir au Fils de monogramme, L'ânon obscur qu'un jour en triomphe il monta, Et, dans ma chair, les porcs qu'à l'abîme il jeta.

Car l'animal, meilleur que l'homme et que la femme, En ces temps de révolte et de duplicité, Fait son humble devoir avec simplicité.

Mon fils est mort. J'adore, ô mon Dieu, votre loi. Je vous offre les pleurs d'un cœur presque parjure; Vous châtiez bien fort et parferez la foi Qu'alanguissait Famour pour une créature.

Vous châtiez bien fort. Mon fils est mort, hélas! Vous me laviez donné, voici que votre droite Me le reprend à l'heure où mes pauvres pieds las Réclamaient ce cher guide en cette route étroite.

Vous me l'aviez donné, vous me le reprenez: Gloire à vous! J'oubliais beaucoup trop votre gloire Dans la langueur d'aimer mieux les trésors donnés Que le Munificent de toute cette histoire.

Vous me l'aviez donné, je vous le rends très pur. Tout pétri de vertu, d'amour et de simplesse. C'est pourquoi, pardonnez. Terrible, à celui sur Le cœur de qui, Dieu fort, sévit cette faiblesse.

Et laissez-moi pleurer et faites-moi bénir L'élu dont vous voudrez certes que la prière Rapproche un peu l'instant si bon de revenir A lui dans Vous, Jésus, après ma mort dernière.

Le petit coin, le petit nid

Que j'ai trouvés, Les grands espoirs que j ai couvés,

Dieu les bénit.

Les heures des fautes passées

Sont effacées Au pur cadran de mes pensées.

L'innocence m'entoure et toi,

Simplicité.

Mon cœur par Jésus visité

Manque de quoi?

Ma pauvreté, ma solitude,

Pain dur, lit rude.

Quel soin jaloux! l'exquise étude!

L'âme aimante au cœur fait exprès

Ce dévouement.

Viennent donner un dénouement

Calme et si frais A la détresse de ma vie

Inassouvie D'avoir satisfait toute envie!

Seigneur, ô merci. N'est-ce pas

La bonne mort?

Aimez mon patient effort

Et nos combats.

Les miens et moi, le ciel nous voie

Par l'humble voie Entrer, Seigneur, dans Votre joie.

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