‹ VersChapitre 69 sur 74 · SCENE VII · texte numérisé non relu

SCENE VII

MVRTIL, CHLORIS CHLORIS

C'est donc que vous avez de Tamour à revendre Pour, le joug d'une amante irritée écarté, Vous tourner aussitôt vers ma faible beauté?

MYRTIL

Croyez-vous qu'elle soit à ce point offensée?

CHLORIS

Qui? ma beauté?

MYRTIL

Non. L'autre...

CHLORIS

Ah! — J'avais la pensée Bien autre part, je vous l'avoue, et m'attendais A quelque madrigal un peu compliqué, mais Sans doute, vous voulez parler de Rosalinde Et du courroux auquel son cœur crispé se guindé... N'en doutez pas, elle est vexée horriblement.

MYRTIL

En êtes-vous bien sûre?

CHLORIS

Ah çà, pour un amant Tout récemment élu, sur sa chaude supplique Encore! et dans un tel concours mélancolique Malgré qu'un tant soit peu plaisant d'événements, Ne pouvez- vous pas mieux employer les moments Premiers de nos premiers amours, ô cher Thésée, Qu'à vous préoccuper d'i\riane laissée?

— Mais taisons cela, quitte à plus tard en parler. — Eh oui, là, je vous jure, à ne vous rien celer. Que Rosalinde éprise encor d'un infidèle. Trépigne, peste, enrage, et sa rancœur est telle Qu'elle m'en a pris mon Sylvandre de dépit.

MYRTIL

Et vous regrettez fort Sylvandre?

CHLORIS

Mal lui prit.

Que je crois, de tomber sur votre ancienne amie?

MYRTIL

Et pourquoi?

CHLORIS

Faux naïf! je ne le dirai mie.

MYRTIL

Mais regrettez-vous fort Sylvandre?

CHLORIS

M'aimez-vous, Vous?

MYRTIL

Vos yeux sont si beaux, votre . . .

CHLORIS

Etes-vous jaloux De Sylvandre?

MYRTIL, très vivement

Oh oui!

(Se reprenant)

Mais, au passé, chère belle.

CHLORIS

Allons, un tel aveu, bien que tardif, s'appelle Une galanterie et je l'admets ainsi.

Donc vous m'aimez?

MYRTIL, distrait, aptes un silence

Oh oui!

CHLORIS

Quel amoureux transi Vous seriez si d'ailleurs vous l'étiez de moi!

MYRTIL, même jeu que précédemment

Douce Amie!

CHLORIS

Ah, que c'est froid! ((Douce amie!» II vous trousse Un compliment banal et prend un air vainqueur! J'aurai longtemps vos ((oui» de tantôt sur le cœur.

MYRTIL, indolemment

Permettez...

CHLORIS

Mais voici Rosalinde et Sylvandre.

MYRTIL, comme réveillé en sursaut

Rosalinde ...

CHLORIS

Et Sylvandre. Et quel besoin de fendre Ainsi l'air de vos bras en façon de moulin? Ils débusquent. Tournons vite le terre-plein Et vidons, s'il vous plaît, ailleurs cette querelle.

(Ils sortent)

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