‹ VersaillesChapitre 37 sur 115 · VI- P. S V I Ll. ES · texte numérisé non relu

VI- P. S V I Ll. ES

« vos sujets. Suivez tou jours les bons conseils ; tâchez de soulager vos « peuples, ce que je suis assez malheureux de n’avoir pu faire. iVou- « hliez jamais la reconnaissance que vous devez à madame de Venta- ■< dour. » Et se tournant vers elle : « .le ne puis assez vous témoigner la < mienne. Mon enfant, je vous donne ma bénédiction de tout mon « cœur. Madame, que je l’embrasse. » On approcha de ses bras cet enfant qui fondait en larmes, et il lui donna sa bénédiction . 11 lui échappa de dire : Quand j’ 'étuis roi. 11 mourut à Versailles le 1" Septembre 1715, âgé de soixante-dix-sept ans; il en avait régné soixante-douze.

Au moment où il rendait le dernier soupir un homme s’avança vers la fenêtre qui donnait sur le grand balcon, la fit ouvrir: c’était le capitaine des gardes. 11 brisa un bâton qu’il tenait a la main, et en prit un autre en criant . Le roi esl mort; Vive le roi! Les assistants répétèrent Vive le roi!

ANCIEN I T MO Dit 11 Ni-:.

SU.LE DU CONSEIL ( N° 5 du plan ).

Louis XVÏ apprend de M de Brézé la résistance des Députés du Tiers, le 10 juillet 1789.

ette salle, qui suit immédiatement la chambre à coucher de Louis XIY, n’était, du temps de ce prince, que le tiers de ce qu’elle est aujourd’hui ; il la fit agrandir

vers la fin de sa vie, et Louis XY, en 1750, y réunit les cabinets des Perruques et des Thermes, dont il fit abattre les cloisons. C’est ici que le grand roi, assis seul près d’une table couverte de velours vert, écoutait les rapports qui lui étaient faits, non plus comme Mazarin en jouant avec sa fauvette ou sa guenon , mais avec le sérieux et la dignité dont il ne se départit jamais. Il ne prenait ses décisions qu’ après avoir reçu et écouté l’avis des ministres et des princes debout autour de lui ou légèrement appuyés à la cheminée, lorsque le grand âge leur en faisait un besoin. C’est dans cette pièce qu’il proclama roi le duc d’Anjou, ainsi que nous l’avons indiqué plus haut, et c’est à cette même place que son arrière-petit-fils se vit pour

la première fois disputer ses droits et sa puissance. Le malheureux Louis XVI y reçut 31. de Brezé lorsqu’il vint lui apprendre la résistance des députés a ses ordres et la réponse hardie de Mirabeau. Un violent mouvement de colère se manifesta sur son visage; mais, prenant bientôt un air plus calme, il s’assit et se fit représenter la liste des députés, et à chacun des noms il répétait : « Mais celui-là n’est pourtant pas un factieux. » 11 n’avait pas l’idée de la situation de la France et du mouvement des esprits.

Cette salle, décorée avec goût et magnificence, a de plus quelques meubles d’un travail précieux1; une porte ornée de glaces s’ouvre de cette pièce sur la grande galerie, et c’est par la que le roi se rendait à la chapelle.

1 lintre autres, la pendule d’Adam Nerrac, faite en t"0G. On y voit deux coqs chantant et battant des ailes à chaque Jieure, et deux esclaves frappent les heures sur des globes qui sonnent; puis une porte s’ouvre à deux battants, il en sort un nuage et la statue de Louis XI V couronnée par la victoire. Dans la révolution on avait substitué ;'i celte statue celle de Drutus.

l.oiii? XVI lit lu li.'lv <h membres rtc l’AssemljU'O nalionali: .

A N Clli N ET MO DE li NE.

amais, peut-être, souverain ne présenta autant que Louis XV de contraste dans le caractère et la vie privée ; paraissant avec noblesse et dignité devant les ambassadeurs, et livré aux goûts les plus communs dans son intérieur ; jaloux de son autorité vis-à-vis de sa femme, de ses enfants, et s’abandonnant aux caprices de ses maîtresses; appelant son peuple sa famille , et ne vivant que pour quelques favoris. Telle fut la longue carrière de ce souverain qui fut salué dans sa jeunesse du nom de Bien-Aimé, et qui eut à peine quelques serviteurs pour accompagner son cercueil.

Cette salle, dont il avait fait sa chambre, fut longtemps, et pendant

CHAMBRE A COUCHER DE I.OUIS XV. (N°G du plan,)

v h r s ai l l e s

les six ou sept premières années de son règne, la salle de billard; il couchait alors dans la chambre a coucher de Louis XIV; mais lorsque les scrupules de la reine, les séductions d’autres femmes l’en traînèrent dans des intrigues amoureuses, il changea sa manière de vivre et voulut

au moins diminuer le scandale en s’exposant moins aux regards. Qui ne connaît la longue liste de ses maîtresses qui commence par quatre sœurs et linit par une créature dont on ignore le nom, mais qui lui donna la maladie dont il mourut? Le 1er mai 1774 le roi revint malade de Trianon; on le plaça dans l’alcôve; mais pour avoir [•lus de facilité il le servir, on lui dressa un lit au milieu de la salle, et ses vertueuses filles vinrent lui prodiguer leurs soins au péril de leur \ ie ; car la maladie de leur père était la petite-vérole. Elle fit de ra¬

pides progrès, et ce prince, si brillant encore de santé quelques jours avant, était dans lin tel état de décomposition que personne ne pouvait [•lus rester auprès de lui. « Au moment où il n’y eut plus d’espoir, dit madame Campan, toute la cour s’était rendue au château; l’OEil-de- Bœuf était rempli de courtisans, le palais de curieux. Le dauphin avait décidé qu’il partirait avec la famille royale au moment où le roi rendrait le dernier soupir. Les chefs des écuries étaient donc convenus avec les gens qui se trouvaient dans la chambre du roi que ceux-ci placeraient une bougie allumée près d’une fenêtre, et qu’à l’instant où le mourant cesserait de vivre, l’un d’eux éteindrait la bougie. La bougie fut éteinte. A ce signal, les gardes-du -corps, les mousquetaires, les écuyers, les pages, montèrent à cheval. En un clin d’œil tout fut prêt pour le départ. » Le château resta désert; tout le monde s’empressa d’éviter la contagion que personne n’avait [•lus intérêt à braver. Quelques vieux serviteurs des

ANCIEN ET MODERNE

ouvriers restèrent seuls auprès du eorps, qu’on jeta bientôt après dans une caisse de voiture préparée à la hâte en forme de corbillard, et des chevaux de poste entraînèrent à Saint-Denis le dernier des rois qui devait y trouver son tombeau.

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