EXPLICATION DU TABLEAU
De tournai, le roi se rendit à Douai, qu'il avait fait investir deux jours avant par les troupes du camp. Il alla ensuite reconnaître la place et marquer les endroits les plus propres ii l’attaquer. Il fit ou-
A N Cl K N ET MODEIUNE.
vrir la tranchée le 5 juillet ; le lendemain , après avoir visité tous les postes, on dit qu’il descendit dans la tranchée, donna son cheval à tenir à un valet bleu, et monta avec son frère, sur le parapet. Tel est le siège que représente le premier tableau de cette salle. L’histoire ajoute que cet exemple de courage, qui se renouvela plusieurs fois, enflamma tellement l’armée, que le quatrième jour du siège elle passa le fossé par la contrescarpe, et se logea sur la demi-lune; la ville, qui se crut au moment d’être forcée, capitula. Ce tableau représente le moment où le roi monte sur le parapet, quelques instants avant un boulet de canon était venu frapper le cheval d’un officier, à côté du roi et de Turenne.
Le troisième , et qui occupe le milieu de la salle, est l’entrée du roi et de la reine dans cette même ville de Douai , où les habitants les reçurent avec des marques de joie. Le même cérémonial qui avait été suivi pour l’entrée du roi à Tournav eut lieu également : la reine était dans son carrosse avec les dames de sa cour, et le roi , avec Monsieur et plusieurs maréchaux , suivaient à cheval la voiture.
Entrée du roi à Douai.
Salon do la Guerre. — N. 8 du plan.
Le czar Pierre s’arrête devant la statue de Louis XIV.
salon de la guerre, la galerie et lesalon de la Paix qui la lit, occupent toute la façade ajoutée au petit château de ouis XI II du côté des jardins. Le salon de la Guerre était, dans le commencement du règne de Louis XIV, les appartements du roi. La galerie, la terrasse, lesalon de la Paix, partie des appartements de la reine, ces trois pièces ont été confiées exclusivement pour toutes leurs décorations d'architecture, de peinture et de sculpture, au génie de Lebrun, et véritablement il s'en est montré digne. Nous laisserons parler pour la description de cette première pièce un contemporain, qui en donna la description en 1087, sous les yeux de Louis XIV ; c’est le sieur Rainssan, conservateur du cabinet des médailles.
« Dans ce salon de la Guerre, dit-il , les ornements de la frise sont des trophées , des foudres et des boucliers; il y a quatre grands trophées de métal doré sur les portes, au-dessous desquels des masques et des festons différents représentant les quatre saisons de l’année,
pour montrer que le roi a t'ait la guerre en tout temps. Cinq tableaux occupent toute la voûte ; celui du plafond présente la France au milieu des nuages , et tenant d’une main la foudre, de l’autre un bouclier sur lequel est l’image du roi; elle est environnée d’un cercle de victoires qui indique tous les succès des armées françaises, principalement en Allemagne. Sur le cintre opposé aux appartements du roi, est Bellone en fureur, qui foule aux pieds des armures et des hommes; dans les trois autres cintres sont les trois puissances qui se sont liguées contre la France : l’Allemagne, la Hollande et l’Espagne. Au-dessus de la cheminée parait Louis XIV à cheval, en fort relief, couronné par la Victoire. »
En visitant Versailles, le czar Pierre s’arrêta devant cette statue , et on put voir à l’expression de sa figure son admiration pour le grand roi, et les efforts qu’il faisait pour l’imiter.
Gowlawi, sc.
pgg e roi gouverne par lui-même : c’est à lui seul qu’appartiennent les victoires, les hauts faits", la prospérité de son règne ; tel est le principal sujet représenté sur le plafond de cette galerie, telle est la pensée que Louis XIV a voulu faire prévaloir, et que Lebrun a parfaitement rendue dans l’immense conception architecturale et artistique dont il s’est chargé. Sa galerie est un des plus beaux ouvrages d’art qui existent au monde.
Elle est d’ordre composite, et l'ordonnance de l’architecture est réglée par dix-sept grandes fenêtres cintrées,
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qui répondent a autant d’arcades remplies de glaces. Les unes et les autres, séparées par vingt-quatre pilastres, étaient jadis ornées de
idenx statues antiques placées dans des niches. Dans le fond on aperçoit une grande arcade 'accompagnée de deux colonnes, de six pilastres et deux statues antiques posées sur des piédestaux en saillie. Cette ornementation se trouve répétée dans le fond par lequel on pénètre dans la galerie.
Toute cette architecture est de marbres
de différentes couleurs; les bases et les chapiteaux sont de bronze, ainsi que les trophées, les peaux de lion, les festons, les soleils et les roses qui ornent les arcades et les entredeux des pilastres.
Au-dessus de l’entablement sont des cartouches et des trophées de différentes figures, qui servent de couronnement aux arcades. Dans les cartouches qui sont au-dessous des grands tableaux de la voûte, et accompagnées île griffons et de sphynx, on lit les inscriptions faites d’abord d’un style emphatique par l'académicien Charpentier, simplifiées par Racine et Boileau. Quelques-unes ont été changées depuis • nous les mentionnerons. Les trophées sont soutenus par des enfants qui tien lient des guirlandes, et ces ornements, comme l’entablement, sont de stuc doré. Toute la galerieest voûtée d’un berceau en plein cintre. Le plafond de cette galerie , composé et peint en entier par Lebrun, retrace les événements du règne de Louis XIV, depuis tG6l jusqu’à 1668. 11 se compose de sept grands compartiments et dix-huit petits; nous les énumérerons brièvement ,