PLAN
Des Abords ei des Cours
CONDE , par David.
DUQUESNE f par Boquier.
DUGAY-TROl'IX, |«i Du POMÇuitr
SUKFREN , par Lenteur.
MORTIER , par Calamaia. M ASSENA, par Espercieux.
LAN. N ES, par De Seine.
JOURDAN, par Espercint-r.
SUCER , par Stouf.
RICIIELIF.U , par liunicy pt're.
SULLY’ , par Espercieux.
COLBEIW , par ililhomme.
Dl'Cl'F-SCI JN , par B rida n DA YARD, |>ar H on tout.
Cette belle grille est ( ouvrage d’un artiste nommé Dufour. Elle est surmontée des armes de France, et des deux côtés ornée de quatre groupes. Celui de la Paix , par Coustou, de l’Abondance, par Coysevox, les deux autres de la France Victorieuse, par Marsy et Girardon.
u sortir de la magnifique avenue île Paris, en laissant à droite et à gauche les deux écuries, on se trouve sur un emplacement étendu qui permet d’apercevoir l’ensemble dis bâtiments de Versailles. Une double allée d'arbres plantes aux deux côtés de cette esplanade cachera bientôt les bâtiments irréguliers qui la bordent, et rien ne distraira plus Us regards de l'aspect imposant du palais. La vaste cour des Ministres, précédée de la grille dorée, est comme défendue
par une suite de statues eolossales d'hommes célèbres, au milieu desquels Louis XIV, à cheval, semble régner encore.
Il faut se représenter cette vaste cour lorsque cinquante voilures à six chevaux caparaçonnés et deux ou trois cents valets en livrées attendaient la sortie de leurs maîtres; lorsqu’un corps-de-garde, construit en forme de tente, avec l'aerotère doré, semblait un pendant à la chapelle; lorsque les gardes-du-oorps , mousquetaires, ehevau-légers, avec leurs riches uniformes, peuplaient ces abords, et qu’on arrivait ainsi à la cour de Marbre, sorte d'appartement en plein air où les souvenirs de tous les règnes venaient se retracer.
Richelieu, étourdi du torrent de reproches, d’injures dont la reinemère l’avait accablé, lui et sa nièce, madame de Comballet, avait dirigé tout son bagage vers le Havre, place dont il était gouverneur. Tout retentissait d’acclamations au Luxembourg; Anne d'Autriche
et Gaston d'Orléans félicitaient déjà Marie de son triomphe ; un courrier était parti pour annoncer en Italie, au maréchal de Marillac, la disgrâce de Richelieu. Mais des amis fidèles du cardinal, le président Lejay, Chàteauneuf et le cardinal de lu Valette, conduisirent Richelieu à Versailles. Louis XIII, en le voyant, ressentit vivement l’ascendant de son génie supérieur ; il l'embrassa, lui donna dans son château un appartement voisin du sien, et dès lors le crédit du ministre fut plus affermi que jamais*.
Cette planche permet de bien juger de la forme de la cour, de ses ornements et des changements que Louis XIV avait faits aux parois des murs et à la toiture. Il est vraisemblable que les petites tourelles en
• A celte époque, la cour n’éiail point encore privé*- en marbre; mais die avait toujours b même hauteur. Au milieu était une fontaine d’eau jaillissante entretenue par un réservoir qui, depuis, servit A la grotte. Louis XIV conserva encore assez longtemps celle tiisposilion. Dans 1rs fêles qu’il donna en UMit, la cour de Marbre servit de salle , de buffet et de théâtre; le premier jour, b fontaine fut ornée de tables couvertes île toute sorte île mets; le second, U fontaine fut couverte par des plan* i-heset formait un théâtre.
VERSAIU.es
encorbellements que l'on a|>erçoit dans les angles furent imaginées, ou du moins ornées il cette époque. Cette plunehe est copiée d'après l'ouvrage des fêtes données, en IG74, pur Louis XIV, et qui furent divisées en cinq journées'.
Le roi est assis sur le devant avec les deux reines; à sa droite est l'orchestre, composé alors de vingt violons. La pièce qu’on représente est l'opéra A'Alrcstt, de Quinault et de Lully, sorte de tragédie en musique, ornée de ballets, et dans laquelle Quinuult glissa des vers assez hardis sur la disgrâce de la belle l.n Valière *.
Cette cour, jusque-là destinée aux fêtes, fut plus tard le théâtre d'un triste événement; c'est là que le peuple se porta, dans la nuit du 5 au G octobre, et menaça l'existence de la famille royale. Son
COI'R IIP. \| A H HR K l.om» XVI. lo rn-li.. .lu 0 ar|u|.f».
1 La rôtir de Mari ire omit ornée d'oranger* e| d'autre* arliusics, cl le « liât eau couvei l de lampion» depuis la lollure jusqu'au bas «le» colonne du péristyle, et les volières des encoignures resplendissaient de leu. Le l>a<sin ei le jel d'eau étaient fermes ; mais, le jour «tiivanl, la même cour servit «le salle de réfias et remplacement de la fontaine fut un grand liuffei.
Alrc*le, ai jeune et si belle.
Court se précipiter dans la nui! étemelle.
effervescence durait encore le inulin lorsqu'il garnissait tous lus abords du palais, et, pressé dans la eour de Marbre, demandait à grands cris le roi et In reine. Ils parurent ensemble sur le balcon; le roi annonça au peuple qu'il allait habiter Paris, quitter pour toujours le palais de ses pères; la reine s'avança, tenant le dauphin dans scs bras, lorsqu'une voix terrible cria : La reine eeule ! C’est alors que la fille de Marie-Thérèse , plus courageuse encore que sa mère ( car c'était à des fuctieux qu'elle avait affaire), s'avança seule sur le balcon , elle parut si grande, si noble, si confiante à cette foule égarée, qu'elle fut accueillie avec des applaudissements.
Depuis ce triste événement, le château de Versailles, abandonné, ne devait plus renaître pour la famille royale, mais pour la France entière, à laquelle le roi Louis-Philippe le consacra. La cour de Marbre fut abaissée de manière à dégager le rez-de-chaussée du palais ; elle domine cependant les autres cours ainsi que l’esplanade, qu'on a également diminué*; de hauteur, afin que de ce point la vue s'étendit sur les avenues et tous les abords du palais. La statue de Louis XIV s'élève seule au milieu de ce magnifique tableau, elle l'embellit et le domine1.
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