‹ Versailles, ancien et moderneChapitre 41 sur 104 · KH SAILLI' S · texte numérisé non relu

KH SAILLI' S

mamie pas si elles furent contraires ou avantageuses à la civilisai ion. au commerce, au bien-être des hommes ; ou ne considère ces événements que dans ce qu'ils prêtent de charme à l'imagination: dans la grandeur des sacrifices et des privations qu'ils imposèrent ; on admire cet enthousiasme religieux excité par la conquête ou la défense d'un tombeau. Que d'actions glorieuses, que de miracles de courage, d ahné galion , se manifestèrent et s'engloutirent dans ce long espace de temps et dans ces régions éloignées et barbares! Le voilà cet homme extraordinaire qui sut. par son éloquence, par son indomptable volonté, décider une passion dont il avait le germe dans son oipur. Pierre l'Hermite, né à Amiens, parcourut le monde pieds nus, un crucifix à la main, peignant avec des traits de flamme la souffrance des chrétiens, la profanation des lieux saints; et bientôt un cri s'élève de toutes parts : •• liieu le veut! •< 1-es princes et les peuples, principes totumtfue ruhjus , arborent la croix et vont se précipiter sur la terre d'Abraham et de Jésus-Christ, dans ce mouvement général de l'esprit humain , la France joua un trop grand rôle pour n'avoir |»as mérité une grande place dans un Musée historique, et «leux salles ont été consacrées à Versailles à cette glorieuse époque. Mous allons indiquer sommairement les tableaux «pic contiennent celles-ci, trop petites malheureusement pour un si grand sujet .

ih;k de sm:nxF. — En l'an 1000 , ta ville j T yfflili- Salrrtu1 fut assiégée par le* Sarrasin*. Le* habitant* , menacés «le l'esclavage ou «le ta ntort , «lurent leur salut au courage «le «pi.ir.ndc , pèlerins, gui. après avoir obtenu du prince de Satan* des arme* «*l «le* chevaux, chargèrent l'ennemi et le mirrut en fuite malgré ta supériorité de v** fum. la* prince récompensa RénéreuaMiiirnt ] te dévoumieut «le ces guerriers.

nE ^i,|TKLU ' ,6SÏ • ~ Attiré* /L^Qyiwir ta ^««‘roïfciti* «lu prince de Salenie , . d'antres pèlerins normand*, sous le |irétnte «l'un |rbrinag«* au mont Cargano, pénétrèrent eu Italie, s'enrôlèrent sous les «Irapeaux des |M>lits i I rince» «le ce pay*. et parvinrent h fonder le 1 ronde d'Aversa «pii biir fut aliandonné pour prix j «le leur courage. On vit le* fil* «le TanCfède mar* cher X ta conquête «le la Potiilh*. l'ne armée de riu«pianlr mille homme* levée |Mr le ]ia|ie Léon X. et mmmainlée par lui. fut mise en déroule. la? |Hintife toml>e au pouvoir «le l’ennemi, qui. tout «•n *r prosternant 3k ses pied* , lui inqinse d'onéreti*«'s eoiidilion* en échange «le sa lilierté.

ni CKBA30 1061;. — la>r*que le | mite Roger voulut n emparer de ta Sieile, j t'e ne fut «fu'avec ('implante chevaliers «pt’ll se présenta «levant l'année «le* Sarrasin*, tai «Upé- | riorilé «!«'* forces ennemie* l'obligea plu*i«'ur* f««i* i à quitter «rite tic , qui ne toiulta en *on |toiivnir ! qu'à la suite «l'une longue guerre ; la bataille «le ■ Cérano fut décisive: mil lrènte-*lx chevalier* mirent en fuilr treide-eiu«t mille Sarrasin*.

ooptiov nx (toninuiY ns Itoiiixox pie VvTTr^L'wpfciiH a Amis Cowvêxf 1097 ». - Sous les mur* «le Constantinople , av«v une armée «b‘ «piatre-vingt mille homme*. Codefmv «le ikaiillou u'obliut l'entrée de ta ville que par le* menaces «pie lbi|i«iUH»ii«l adressa h lemiiervnr ; it nivnya son fil* en otage auprès «le Godefroy, dont l'entrée au |iatais Impérial frap|m. |»ar si splcn- «leur . l'empereur Cofiménc. Rassuré par ta bonne fui de Godefroy, il l'adopta [tour sou lils; le due *e déclara son vassal . ainsi que tous le* *«q. Rieur* «le sa suite.

VT m,i>: de Nickk — lléuni* «ou* les mur*

«b* Con*tanUnopl«* . les Croisé* passèrent l«* Bosphore et asKh'gémd Mm*. Kiirouragé* par les succès de Msanue*«'ontn* l«*s troiqM** imli*ciplinée* «le Pierre l'Hennite. le sultan des Turc* . iils de Soliman, erut «pu* rette fol* 1a fortune lui serait encore favorable; m.ii»grâ<*<* à la valeur de* «l«iu Boliert. Baudoin et Tancrrde, ta victoire resta aux Croisés, qui envoyèrent a Constantinople mille tètes coupée*, comme b* trophée «le Unir Rloire.

GiIMwiskiu: Jfcmsu.KU.-~ Malgré l'enl Imusiasim* £|S?«h** Croisés, «leux assaut* avaient été donm'-s inutilement aux mur* «le ta ville sainte, le troisième le* meiiarait «rtmcih'-faitenmipléle. lorv «pie ap|iara(t sur ta inontaRUe «le* Oliviers un «*avall«T revtHn d'une armure* brillante. # C'est saint C«*orRrs qui mm* vient en aide! * s'écrie Godefroy ; à ce rri h* soldat .s'anime. tou* s'élaur«*nl sur les mur* de la ville, *«• pmipiirnl «tan« ta cil»1 sainte. arlMMvid la croix *ur*rs tour*, et. a|«re* avilir

ANCIEN et MOI) EK NE.

ai:»

iui|iiio>«hk*uNiil i*porgr h vaiiHiix . \ m* [wwliTntt piv* <lu toinlMMii île JéNB-GhrtaL

Nium'kov kui koi DK Jniitun. — Dix

s après la prise «|«* Jmivilnn, b Miffra-

grs uiwiiùiiMHiU'Htlk seigneur* choisi* pour «Iiuiiht la omnium- au phi* «ligni1 la «h;posér«*nt sur b Irle «le «hNlefroy . «|iii B’icCfpU «pu* U* U Ire «U* r«*i, el rt’fiw «le porter l«r <ii;ulcin<- |iar resjiect pour U1 *4i|»|ilir«' «lu ClirM, «lotit ce Ueu avait i‘l«; le llifâtre. )

ÿ ATAIIXC D'ASC.ALOV. — «iOilefmy «II* liollillon /•iifriid h-* tropMn aux voflb «lu s«;piilcn^A |H‘ii«i‘ «^i-il sur *m Irtw* , «|u«* l«* rallie «l'Égypte. i la tcli* «l'une aniM'i* furimilahle, vient ■li»pufrr il Godefroy ses brillante* ranqurtrH. Le* Oroise*. au nomhri* «le vingt mille. marriient audevant «lu Millau, «‘I !«• rencoulrent «I«hih les plairn** «l'Asralon. I.a vaillance «!«•* clin;lieus, rhahitmlr «Ira combats, résistent ai-a-mrnl il la eavah’rie ludisripliiiiv «lu «l«SnTt ; le eaui|i ennemi «*sl ruvahi. Unir* Iri^tin el hurs ]»agag«'H IuuiIm-uI au |Mim<>ir «l«*s Croisé*. Godefroy fait hommage au Sé|*ilon* «le |Yli'it«lard et «le |V|«ée «lu vlslr.

■^K?>STITl TI«n DK l/OMDRK UK

(1015). —Sous le litre «le n*llgb*u\ hospitalier* un certain nombre «!«■ |K-lerin* *‘y étaient voué* au soin «les malade*; plus Uni, ils n'|«rir«iil lis armes et formèrent un onlrr mililaire. Ils eurent |ioiir premier graml-maitre Raymond Dupuis. Après leur expulsion «le la Terre- Sainte, 11* devinrent chevaliers «le Rhodes, et aprè* la prbe «le cette ville , il* prirent le titre «le chevaliers «le Malte. Leur «lemier grand-malin* fui le luron «h* koui|MT*eh, dépOwAh* jiar lton.ip.irle.

(ffljUuNCiTIO* DK U l»K» \ikmk Chimkiih V ' ». y* y? mil K* Bol KOOGVK 1 146 . — Celle ci|«é- «liliiui fut préchée par l'éloquent ablié «leClleaux. Il eulraliui tamis Vil «pii leva «leux eent mille honu me*: l'ruqierMir Conrad se mil à la télé «le mil mille guerrier*. L'armée marehc sur C«>iislantim>ple. I.a vielnire mnportér par lis* Turc- sur Conrad dan* la Lycaonie enleva tout espoir «le ancrés aux Crol*1* ; Conrad retourna k Constantinople . el Louis VH rentra «lans ses Étals.

SSocw > II. Passage pi: Mêamibk ( 1 1 Ht ). — j$ Louis ne put opérer sa retraite sans nitrate*. Les Turcs . sur h** bonis «lu Méandre . lui en •lis|Mitèrent le passage. L<* combat. «lans Irqucl Louis lit preuve «l'une grande valeur, fut un «les plu* sanglant* «le rette expédition; les Turcs cherehécenl b envehqqwT l’année «les Cndsés.el furent mis en déroute complète.

(y llja un im • At <;t st k ru km» i. obin.amsk » s^UbTsaixt-Df-ms (4IU0 . — L*Euro|ie «'ébranla à la nouvelle de la n‘|»rlsr «le Jérusalem par Sala- «lin : à ectte uceaslun . on leva U dime sntadine. Richard Orur-d«‘-lJon «• croisa avec PliiUp|ic* Aupiiste. Philippe *«’ r«*u«iit à l'abbaye «le Saint- IieuLs, où U n^ut rorillanime «h** mains de son oncle . l'abbé Guillaume , légat «lu pape et archevéi|UC de Rehn*.

!i h. » DK PTOUPUI8 1191 ). — Ce siépe dura deux ans. las* Sarrasin* et l'armée chrétienne déployèrent une héroïque intn;phlité ; ceis'islaut la (irise «le Ptolémaïs ne fut «léchhV «jue l«ar l’arrivée «les monarques «le France et d’Anpletmr.

Les tableaux renfermés dans celle étroile enceinte donnent une idée des événements et des prouesses de ce temps-, mais ils sont loin de retracer les mu'iirs chevaleresques , de peindre la singularité , l'élégance qui parut dans les édifices, les costumes, les usages de la vie. Pourquoi n'a-l-on pas cherché à* retracer quelquesuns des vieux manoirs, où les élégantes châtelaines attendaient, en lilanl le lin, des nouvelles de ces pays lointains ; l'émotion quelles éprouvaient lorsque le nain sonnait du cor. lorsque des ménestrels, des pèlerins , venaient raconter près de leur foyer les aventures , les exploits , les malheurs de cette moitié «le la France séparée de l'autre ? Qu’est devenu ce temps de la chevalerie; où sont ces joutes, ces tournois, ou la Iteanté donnait le prix au courage, ces cours d'amour si sévères et si gracieuses? Je les ai retrouvées dans ma jeunesse au milieu d'un cercle de personne* illustres, qui réunissaient au rang, à la richesse, à la beauté, les senlimenU exquis de l'honneur el de la délicatesse. Il était difficile d'élre admis dans leur société , et la moindre action équivoque vous en faisait exclure. On y sentait naître dans le couir la |»assion de bien faire, le désir ardent de mériter l'approlialiuii , le sourire de ces auges, dont les regard* vous |K>ursiiiveiit dans l'absence, dans le soin-

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nieil . ühiis les «‘omhats surloul,el vieimenl vous consoler à vos derniers inoincnLs. Elle existe encore aujourd'hui, cette tradition «le la chevalerie, dans un autre pays, parmi un certain nombre de jeunes personnes', dont l’esprit, la "race, la bonté semblent apfiarUTiir à cette époque, la bonté, dit Sénèque, sans laquelle il ifesl |ws«le vraie grandeur : lion i ht x sine quâ nulla est majrxtns. Ses., Quo-xl.

• Lnr*|iir le prince Charles de Ligne fut tué en I7W, en <:hani|iagne , le général français remoya son corps au puerai autrichien ; sur le ceinturon de son épée était une pla«|iie en or où le» lettres initiales des dame* de notre société étaient gravi'rs, ave»- cette inscription allemande : Dctn RuhtnUI tinter Slolz deinr Hrhe un ter Gluck : Ta renommée tait notre orgueil, ton amitié notre bonheur.

pruplr* wamii à U liber le rt i ■ «liment l«»U ■■!(> («raw d( pnlirr nimlnicn» ri mal

elle salle, en présentant la suite de nos assemblées délibérantes , contient riilstoire île nos libertés, de nos institutions, et de cet équilibre social , qui , après tant de vicissitudes, a fixé enfin nos droits, nos devoirs et notre repos. Klle est une des plus importantes, et on voit qu'un n a rien épargné pour quelle bit la plus instructive. Retraçons en peu île mots les sujets qu’elle

rObai

contient :

Par état* generaux on entend l'assemblée de la nation entière. i l soit par elle-même, soit par ses représentants. C'est une romniunieation du souverain ou chef de l’État avec le peuple pour prendre ses avis sur ce qui louche à l'intérêt général, pour ! (‘coûter ses réclamât ions , ses plaintes , et y faire droit : car.

V K H SA ll.l, K S

r'rxl ni réalité ri non ni paroles, «lil (iimon. i/o’ il faut donner ou peuple lu liheilr: Me non rerho.

Ces assemblées , telles «|iie lions xenons de les désigner, remontent aux premiers temps de la monarrlde elles étaient rommes sous les dénommai ions de plaids ou de parlements, qu'elles ont conservées en Ivcosse et en Angleterre.

Sous la première race , ces assemblées ne fui eut que des espèces de conseils de guerre qui se tenaient en plein champ, au mois de mai , ce qui les lit nommer Champ-dc-Mai. Plus tard, les réunions des évêques leur donnèrent l'apparence d'un concile ; enlin. sous Louis XI, l'adjonction îles maires, eclievins et pré vêts en lit véritablement une assemblée îles trois ordres. C'est ainsi que parurent les états de I5M , les premiers qui offrirent le caractère île toits ceux qui les suivirent.

Ktortion il'un ilrjmlr.

Les premières operations concernant les états étaient la coiii|>osition des cahiers de remontrance auxquels chaque citoyen |»ouvait prendre part *, mais qui étaient ordinairement rédiges par les assemblées provinciales; la seconde, l'élection des députés, pour laquelle, ainsi que pour le droit d'élire, on ne demanda long-

* am^tns b Germain». «lil Tacilr, «a-vM’iiililairtil ru plriu rliaiii|» autour tir leur rlief, pour ilrtilN-nT sur 1rs rtiusrs ini|M»rtautrs.

* Il a|i|tartruaii égaleuiriil a lui tle les coiivtN|tirr. ou a nu tir réclamer» nrrsrurr . t:( cr ilmii «'rsl iiMiiifrslr «laits !«• testa il’uii ûlit «le Louis .NV, «tr 1717. où il rsl établi que la nation |mii( »*asMiu> lilrrtaus rom oral ion ni rrrlaine* riniHiùaiNis.

A N Cl K N KT M U II të K N K.

temps d'antres comblions «pie le domicile et nue profession honorable quelconque . on appelait chaque individu par ordre, la* caractère de ces élection» dans la capitale nous a été conservé par le mode d élection des prévôts et échevins, absolument le même que pour les députés.

Cette scène de la vie de Cliarleinagnc se passe à Aix-la-Chapelle ou ce monarque , déjà vieux , s’associa solennellement Louis le Débonnaire, le dernier de ses trois lils que In mort lui eût laissé.

Cette cérémonie, qui se renouvelle souvent à celle époque de notre histoire, avait lieu en présence des grands et des prélats du royaume qui , pat cette adliésion antici|tée, consacraient une légitimité royale encore mal établie.

Six mois après, Charlemagne cessait «le vivre, dans cette même ville d'Aix-la-Cha» pelle , encore toute pleine de sa gloire et de son nom.

Après la mort de Louis V', le trône lies Carinvingiens se trouva à la merci du plus audacieux et du plus brave. Ce lui Hugues Capet qui l'emporta parmi tous les concurrents (pii se disputaient les débris de la couronne. Il était déjà comte de Paris et d’Orléans, et depuis longtemps sa race brillait par l’éclat de sa puissance et de sa bravoure. Il se lit proclamer roi par une assemblée de seigneurs et d’évêques, avec l’aide de son frère Henri le Grand, duc de Bourgogne, et de son beau-frère Richard -sans- Peur, duc de Normandie.

Pendant las désastres de nos armes, le parlement avait suivi la fortune «lu roi Charles VH, et siégeait à Poitiers, tandis que Pari* obéissail

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