‹ Versailles, ancien et moderneChapitre 55 sur 104 · PETITS APPARTEMENTS I)E I.A REINE · texte numérisé non relu

PETITS APPARTEMENTS I)E I.A REINE

Quelle puissance n'exerce pas sur les âmes le souvenir <l<‘ * > In beauté el du inallieur! Toute In magnificence de Vcr- Ssnillcs, In série des salles superbes qu'on a parcourues s'efface , s'oublie . lors(|u'on entre dans trois ou quatre chambres basses, obscures, mais qui servaient d'habitation a l'infortunée Marie Antoinette. C'est liVquc, dans l'intimité dequelques personnes aimables, elle cherchait a échapper à son rang el à satisfaire le désir qui la dominait, d’être aimée pour elle-même, d'être appréciée dans ce qu'elle tenait de In nature plutôt que de la naissance : reine, et au plus linul degré, dans les circonstances graves, mais femme aimable, gaie, frivole même, dans tout le reste du temps. « Il faut monter à cheval, disaitelle il Louis XVI l'avanl-vcille du 10 août, et vous me verrez, s'il le faut, mourir à vos côtés. ■ Puis, quelques moments après, oubliant

V liHK 1 1 1.1. I S A N CI K X KT M U l> K II N K. ilW

In gravité (Us circonstances, elle ujoiitnil : « Connaissez-vous rien do plus ennuyeux que PétionV » Cos aimables qualités, <|iii la romliiioiil l'idole de ceux qui lu connaissaient, excitaient l'envie de tous Us autres; car, lorsqu'elle faisait une sorte de sacrifice de su dignité , et disait dans ces moments d'uUundon : Enfin, je lie suis plus reine , il scinldnit alors que ce même sacrifice dût appartenir ou profiU'r à tout le monde, qu’elle n'eùl pas le droit de choisir.

Les petits appurU'inculs de la reine consistaient, sous Mûrie Loczinska, en un salon, un oratoire et un cabinet de travail ; la reine Marie-AntoinetU1 les lit arranger dans le goût moderne, et ils composaient un cabinet de toilette , un salon , une bibliothèque, le tout dans de très-petites dimensions, no recevant le jour que d'une cour étroite, mais décore avec goût.

CctU* petite pièce a une cheminée et une alcôve avec un canapé; la reine y passait tous les jours près de deux heures que durait la coiffure de ce temps. C'était alors qu'elle recevait l'abbé de Vermond

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i'l <|ii*flle convenait avec lui des réponses à faire à la multitude de demandes de tout genre qui lui étaient adressées. Celui qui la eoiffait est le célèbre Léonard , sous le nom duquel on a publié des mémoires.

Petit Salon de la reine.

C'est ici que Marie-Antoinette recevait les personnes qu'elle admettait dans son intimité, celles surtout qu’elle pouvait obliger, qu'elle pouvait secourir. C'est là qu'on vit longtemps un enfant qu elle avait recueilli dans une des promenades solitaires qu'elle faisait dans les environs de Trianon ;

«■'est là «pie madame de Bellegarde obtint d'elle la révision de son procès. Cette scène fut le sujet dans ^yÇ ce temps «le plusieurs tableaux que nous avons cher- jb>

< )riManti'iil« <lt'« a|'|»rlrnirnlt dr la rrinr.

XNl.ll-X UT MiHII.il NK

elle ù reproduire iri. I.;i société ImliitiK'IU* de lu raille était madame de Polignar, MM. île Lamhallc, île Vaildrciiil, de Marlioimc, de Loigny, et plus lard MAI. de lainirth , de Ségur el de Bescuvnl.

Pendant plusieurs années .Murie-Antoinette passa dans cette pièce une grande partie de ses matinées à écrire, à lire et à taira quelques ouvrages de tapisseries : c’est ainsi que l'a représentée madame l e Brun. Longtemps étrangère aux affaires politiques, elle ne consentit a s'en mêler que lorsque le roi lui-même l'exigea, et que la gravité des temps portait tout le monde à chercher le

Oriiumi'iit<i «lu» apparlcnuiit» île la reine.

remède à ces ein barras menaçants; e'est alors <|n'clle eommença à s’inquiéter de ce qu'on disait d'elle, qu'elle exigea du lieutenant de police qu’il lui fil connaître les sourdes intrigues, les libelles, les pamphlets dont elle était l’objet. Que de larmfs elle versa dans ees tristes lectures ! et combien de fois, restée seule à dévorer ses ehagrins ou à se soumettre à les cacher à travers l'étiquette et les représentations , elle dut se dire en se rappelant les temps heureux de son enfanei Voilà pourtant ce que c'eut i/ue d'clrc reine ' !

' Madame de Coigny. fatiguée un j*mr il»*' In mi image» i|ti un lui rendait. Ht graver le earltel rt-de»*oti*.

hi«u iliutKHi île» aigk».

géployeï-vous dans cette vaste enceinte, tableaux immenses retraçant des faits d'une proportion gigantesque; beaux-arts, jele/. de l’or, des lauriers, des couronnes autour de ces belles compositions, elles sont l'a polhéose d'un homme dont les hauts faits rempliront tout à l'heure une aile entière de ce palais. Ces trois tableaux ne pouvaient être contenus dans aucune autre salle, et celui qui les avait commandes

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* KIISAlU.Ks

avait tlil au |»ei litre : « Nous bâtirons |huii' eux un palais. - l.ouisriiilippc loin- a trouva un asile digne d'eux, L'histoire dira ipi'il a existé dans les temps modernes une république qui a menacé de conquérir le monde eonime la répuldiipK' romaine, et qui a liai comme elle par un trône. Ses guerriers, qui n’étaient distingués dis nulris citoyens que par plus de talents, plus de bravoure, l’ont été bientôt pur des décorations , par des litns, et leur chef heureux a placé la couronne sur sa tète. Voilà ce que contient et développe eel émiuelit salon dont le tableau principal est le couronnement de Nu|>oléon.

I.e Ü décembre 1801, jour lixé pour lesaerede l'empereur, le pa|ir partit à neuf heures du palais des Tuileries , pour aller à l'archevêché où il se rendit en grand cortège; l'empereur et l'impératrice partirent ii dix heures. Lorsqu’ils furent places vis-à-vis de l'autel , le pape descendit de son trône et se rendit il l'autel. Lnsuite l'empereur, ayant remis la main de justice il l'areliiehaneelier, et le sceptre il l'urchitrésorier, moula a l'hôtel . prit la ronronne el la plaça sur sa télé; puis

l.NCIKN Kl MIIIIKIIM

Il prit dans ms mai ns celle «le l'impératrice, cl, revenu auprès d'elle, il In couronna.

Le |>eintre n choisi le moment où l'empereur, déjà couronné «le ses innins , trnnsporle In couronne sur le front «le son épouse et où lis voûtes «le l'église retentissent «l'ueelumnlions.

Derrière l'empereur les primas Joseph cl Louis, et lis grands dignitaires Cambacérès et Lebrun.

Derrière les princes, les colonels généraux «le In garde : Soult, llessières, Dnvoustet Mortier, le grand maréchal «lu pnlnis Duroc , le colonel général lienuharnais portant l'anneau, le maréchal Rernndotte portant le collier de l’empereur, et le maréchal Berthier portant le globe impérial.

A limite des princes, en obliquant en avant, M. de lulleyrnml , grand chnmlH'lInn, et M. le général Caulaincourt, grand écuyer.

Derrière eux, deux chambellans; derrière l'impératrice, les princesses, Joseph, Louis, Llisn, Pauline et Caroline; derrière les princ«ss«,s, mesdames de Lucny, de llcmusat, de Talhouet, dcLnuriston , la maréchale Ne) , Dnrlierg, Duchàlcl, «le Séran de Colla i t et Savary, daines du palais

' Kll SA tl.l. lis

A gauche des princesses , et en obliquant en avant , la dame d'hnnneur, madame de La Itorhcfoucault, la dame d'atours, madame de l.axnleltc; derrière elles, le premier écuyer, M. le sénateur d'Ilarville, et le premier chambellan, M. le général Nnnsouly. A gauche de la dame d’atours, et en obliquant en avant , les trois grands officiers portant les honneurs de l'impératrice, MAI. les maréchaux Serrurier, Moncey et Murat. A la droite, près de l'autel , le grand maître des cérémonies. Al. de Ségur.

Madame mère était pincée dans la tribune impériale, a droite du tronc; le corps diplomatique occupait la tribune à gauche du trône.

Ne pouvant fuira connaîtra ni le nom ni les places de tous les personnages qui font partie de cette grande scène, nous nous bornerons à quelques-uns des principaux qui com|K>senl la partie il droite du tableau.

David n'a fait que revêtir d’habits modernes cette masse de personnages qu'il a distribués habilement sur la toile, en réservant la lumière sur le groupe princi|ial.

A N C I K N Kl VHHUÎIINK.

Le tableau <| >i i t-sl en fucc de eoliii-ci représente la distribution des Ailles. Il ne le cède point à l'autre , il a même plus de mouvement ; mais il a aussi quelque chose de théâtral, de forcé, qui d'ailleurs lie s'accorde pas avec la vérité de l'histoire, plusieurs des personnages qui y figurent voyant avec peu d’enthousiasme cette cérémonie.

Napoléon rn li:il»ii« du varrp,

Les anciens costumes comme les anciens usages de la royauté avaient été repris, mais avec des changements analogues au progrès îles arts et aux nouvelles idées. Napoléon voulait se placer dans

l'ordre des souverains et dans l' ha lu tuile des cours , sans cependant se

VH H S Ul.l.liS VXUlliiX K T MO II K km:.

montrer ridicule à ses sujets , et les arts, sous ce rapport, lui fumil utiles. Ils l'iijeiinirent toutes les iineiemies formes, et e'est lions cecost u me < | no fut composée sa statue sur la enlomie, et qui. en eflel, était plus monumentale que le chapeau a trois cornes et la capote qu'on voit aujou r<l' li u i . sorte île représentation Intime pour unestatue dans l' intérieur de quelque édifice, mais qui n'a rien de monumental, l es dessus dis; portes sont de Gérard. .Mais le tableau qui, avec raison, fixe Ions les regards, c'est la bataille d'Aboukir, de Gros, un de ses tableaux les plus chaleureux; on y trouve le mouvement , l'énergie des compositions de David, et de plus un effet et une roulcur admirai îles.

Getle salle, la plus grande du palais, s'appelait autrefois /<■ Maiju.-iu tirs unnle*. G' est la en effet qu'ils se rassemblaient pour passer des inspections; elle servait aussi à toutes les réunions considérables, tels que lits de juslicc, cours plénières, et , le jeudi siinl . à la cérémonie de la Gène. L<*s pauvres étaient rangés sur un fies rotes . et les princes leur apportaient leur denier, qu’ils allaient prendre flans la pièce voisine que nous allons dérrire.

Kalaillr flWlnmLrr

joui (le ijloire , lr jour de nrl,e*<e*, t !•> puissance. tout <|iii parle au arur, aux sens, à rimai;iuaiiou des hommes, a rit* mis dans une unie par le sort, cl eliarun y a lire4 une sentence de mort glorieuse ou le Ixrevt I v d une vie brillante. Quai re-vingt-l rois fiorlroils sont

ici représentés comme les heureux survivants de r^r-7 <Xîlle lerr^e tontine ; l'im, avec son habit «le soldat, \vJÇAj

^2^-» vous apprend ipie-Ie h;ilou de maréchal s'e>t trouvé

— dans sa irdu ine ; l'autre a un-

27li

V 1*1 II N A I l.l. fis

roi lire dan.» sou rlieiuin une eouronue ; tous y oui ac«|uis un iioin célébré à laisser à leur famille; mais avant d'enumérer eliaeun de res miracles, voyons quelle a élé leur origine el les événements gigantesques qui les ont enfantés.

Au milieu du repus de l'Kiiroiie a retenti un cri de liberté, d'indépendance , une 'oix qui appelait les peuples à conquérir ou à reprendre leurs droits ; force a élé aux souverains d'étouffer cette voix ou de s'y soumettre, et il‘ap|>eler la guerre connue seul arbitre dans celte question. Cent vingt mille étrangers avec un manifeste menaçant se sont présentés, non- seulement |R>ur conquérir, niais pour asservir la France, lui imposer le retour à un ordre de choses qu'elle avait violemment, consciencieusement détruit. J.a capitale a donné l'exemple d'une résistance générale. Le premier tableau qu oi) aperçoit est le départ île Paris «les volontaires, au nombre «le cinquante bataillons, formant un total de trente-six mille hommes; les «leux autre» tableaux sont les batailles de Yalmy et «le Jemmapes, «pii furent les «'onséquences de ce grand mouvement. <*l <|ui ouvrirent dignement l histoire «le nos guerres célèbres.

R.il.iillr ilr \ ahnv

Pour irsister à l'invasion de près de relit mille hommes, commandés par le «lue «le llruiiswick et L* roi «le Prusse en personne . el composés «le Prussiens , «T A lit ri «•biens, «le llr»soi.»el «rémigi'es la Franreavail une armée campée près «le Sedan. M«ns les or«lrc»ilr I Uiitioiirir/ . el celle du nord sons le» ordre» «le Kellermaim . «pii

VNCIKN RT MO II K K NK

avait remplacé Ltikner la première était forte il en\ iroii (rente-huit mille hommes, l'autre île vingt-sept mille: une réserve se formait sur les derrières, des liaiaiHon* de Paris et des départements. — Dumonriez occupait les défilés de l'Argonne , le eimp de Grand- Pré et «les Isletles. Le I I septembre, son aile gauche fut battue et le |H)ste de Grand-Pré pris, ce qui l'obligea de faire un quart de conversion et de se replier sur Saint e- Meueliotild ; il occupait le llî l'eue |w»iiiou qui le rendait mailre de la grande roule de Verdun à Gbàlons, et formait les Prussiens à établir leurs communications par des chemins et dans un pays que la mauvaise saison commençait à rendre impraticables.

- Ge fut dans celle position que Dumonriez pressa de nouveau son collègue Ledermann de æjoiudre à lui. et que celui-ci s'y décida enfin : l'armée de Reliermanu prit donc |»osiiion sur la gauche de celle de Diimouriez , le 19 septembre au soir, entre Valniy et Dainniartin-la-Plancbelle. Elle campa sur deux lignes, la première sons les ordres du lieutenant-général Valence, la seconde sous ceux du lieutenant-général duc de Chartres. L'avant-garde de Ledermann . commandée |»ar le général Desprez de Crassier, prit poste À Ifans. ayant derrière elle, à Valniy. le général Slengel avec un corps de troupes légères de l'armée de Dumouriez. Gi- /aucourl fut occupé par le colonel Tolozan. avec le premier régiment de dragons.

« Cependant , l'armée prussienne, défilant par le Grand-Pré et la Croix-aux- Huis, s'avançait dans les plaines de la Champagne , et |x;nétrait jusqu'à la roule de Gliâloiis, en sorte quelle s'interposait entre l'armée fraueaisc et Paris.

» Le *20 septembre , avant le jour, les hussards prussiens de Kœlher surprirent le premier régiment de dragons dans Gizaucnurt . qui, comme ou l'a déjà dit, était derrière le camp «le Ledermann. Le colonel Tolozan n'eut que le temps défaire monter son régiment achevai et de sortir du village, où il perdit lotis scs équipages. Heureusement les hussards prussiens n'avaient point d'infanterie avec eux : en sorte qu’ils n'osèrent pas rester àGizauconrt , et que ce poste imi>ortant , ayant été peu après repris par les troupes françaises , ne leur fut plus enlevé. Vers six heures et demie du malin, on entendit une forte canonnade du rôle de llans , où était l'avant -garde , et on battit la générale au camp. Desprez de Crassier lit avertir Ledermann qu êtant attaqué par des forces considérables, il allait se replier ; il ajoutait que le brouillard épais de cette matinée ne lui |>eriiietlait pas de bien reconnaître le corps qui l'attaquait . mais qu'il croyait que c'était toute l'armée prussienne qui s'avançait en masse. Desprez de Crassier suivit de près cet avis , et réuni au camp avec toute l'avant-garde. Ledermann le dirigea aussitôt sur Gizaucoiirt , afin d'assurer laconserv<«liondeceposle important. En même temps il plaça sa première ligue sous les ordres du général Valence , devant Orbeval , entre la rivière d'Auve et la colline de Valniy. perpendiculaininent à la chaussée de Chàlons. I.a seconde ligne, commandée ptr le «lue «le Cliarlres, fut placée parallèi<*m«'iii à la chaussée H perpendiculairement à la première , sur la crête «!«■ la colline de

> K li S AILLES

Valmv, «le sorte que les «leux lignes formèrent une ëquarre ; une forte bail crie d’artillerie «le position Tut établie au moulin «le Yatniy, qui était le point le pluélevé «le ces coteaux. Le général Slengel occupa la côte «le Tllyron , qu'il défendit vaillamtnenl toute la journée. Le général Dumouriez, voyant. «pie l'attaque se dirigeait sur l'armée de Kellerinann , qui était plus avancée <|iirla sienne, instruisit sou collègue «les dispositions qu’il avait prises II avait |»arlagéson année en lroi> corps qu'il avait mis en mouvement sur-le-champ. s.ius complet- la réserve <|u'i! avait laissée dans le camp «le Sainte- Meix'lundil . et le ooq^tlu général Arthur Dillon , «pii «M'eu pa il les 1 dettes. Le corps «le gauche , fort «le netiT bataillons cl «le huit escadrons, sous les ordres «lu général Chazot . se porta, par la chaussée «le Cliàlons , sortes bailleurs «le Dainpierre-sur-Auve et «le Gizaueouft . pour soutenir le général Desprez «le Crassier et la gauche du général Valence; celui du centre, «le seize bataillons, sous les ordres du général BeuriMinvilIc , fut dirigé sur la rôle «le rilyron, pour soutenir le général Slengel ; et celui «le droite, «le douze bataillons cl «le huit escadrons . sous les ordres du général U'veneur. Tut chargé de aëlentlre sur la droite «le lleurnomille , alin «le tâcher d'entamer l'arrière- garde «les Prussiens , et de tomlier sur leurs équipages.

n La canoniuule , «pii avait déjà commence au moulin «le Valmv, avant ipie le «lue «le Chartres y eôl relevé le général Slengel, devint très-vive vers dix heures. Les Prussiens établirent contre le moulin «leux batteries principales , qu'ils renforcèrent ensuite successif einent. L’une d'elles était sur le prolong«,m«*iit de la colline du moulin, et l'autre Sltr la «‘olline qui«*st en face , «lu côté de la chaussée , devant la cense «lite «le la Lw»r, «pie cet le jour née a rendue eéli lue, et où b* roi «b* Prusse liva b* lemlemain son quartier général, ('.es batteries tirent pmlic beaucoup de monde à l'armée française; mais celle p«rle n'ébranla point la fcrmele «l«*s troupes, cl il n'y eut «pi'uu instant de désordre dans deux bataillons de la division commandée par le «lue «le Chartres.

<• Vers onze heures, le brouillard s'étant cnüèrimcui dissipé, «m découvrit l'armée ennemie «|ui s’avançait dans le plus grand ordre sur plusieurs colonnes . cl «pii se dt;ploya avec précision dans la gramle plaine qui s'étend «le Somme- Prionii vers la Chapelle-sur- A uve. Ce dépbiycnient fut lent, et ce ne fut «pie vers «leux heures qu’il fut achevé et qu'on la vit se rompre en colonnes d'attaque. Il semblait alors qu'elle allait engager le combat , et «les cris de vire la iintit.n! lire lu h'rawe! se firent entendre aussitôt «laus tous les rangs de l’armée française; mais soit que la Mie contenance des troupe* ait fait pressentir au duc de llrunsuick qu'il trouverait plus «le résistance qu'il ne l avait calculé «l'abord ; soit, ce «pii est assez probable, qu’il ait voulu attendre le corps autrichien «lu général ClerfaW. «pii n'arriva que dans la nuit , h*s colonnes prussiennes se formèrent et se déployèmil trois fois successivement, sans jamais se décider à I attaque : le «'ouihat se mluisit à une simple canonnade . «pii dura toute la journée . et «pii lie cessa «pie

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lorsque I obscurité «le la nuit cul rendu iiii|H»ssil»l«» de la roui in lier davantage.

• l.es officier* d'arlillerie évaluèrent le nombre de coups de ration lires par les deux années à plus de «piarante mille.

Plan de Ij Imiailb* île Nalim.

■ Tel fut le premier succès des armées françaises dans rette longue guerre , ou elles recueillirent ensuite tant de lauriers. Considéré en lui-méine, on peut n‘y voir qu'une canonnade où chacune des armées se inainlinl dans sa position ; mais l'armée prussienne manqua sou Iml . tandis que l'armée française atteignit le sien; et, lorsqu'on raisonne sons le point de vue stratégique, lorsqu'on considère l'époque , les circonstances , l'effet moral et politique de celle canonnade, les conséquences quelle a entraînées, on doit reconnaître quelle a bien mérité d'être considérée comme une bataille et comme une victoire. En effet, ce fut dans cette glorieuse journée que les armées étrangères commencèrent à éprouver combien la résistance d'une grande nation qui défend son indépendance peut être forte. Elle décida le roi «le Prusse et le duc de Brunswick à demander un armistice aux généraux français; eet armistice fut bientôt suivi d'une retraite totale. » l.e moment représenté sur le tableau est celui où le général kellermann eut un cheval tué sous lui, cl sur le devant est un groupe d'officier* , parmi lesquels on distingue

V K II S Al U. K S

If général Y nie lire, le duc de Clin rires, le duc de Moiilpcnsier sou frère, qui était alors son aide de camp. cl dont le lmlleiiii fait l'éloge.

Bataille il«*

Le tlrparl de l'armée prussienne laissai! à découvert la lielgique , el on ne conçoit pas la politique des raliinets à relie é|toque. Du mouriez , â sou relour à Paris . songea à réaliser re projet qu'il avait conçu depuis longtemps : rorrupation de res belles provinces qui semblent appartenir â la France par leur position, leurs intérêts, leur langue, leur religion; mais son armée était sans vêlements , sans chaussures , el lui , sans moyen de lui en procurer. Il ne prit pas moins ses dispositions pour celte ex|>édition , et le 5 novembre il attaqua les Autrichiens à Roussit, s en empira et les poursuivit jusqu'à Sainl-Gtiislain. Le « novembre, il (lartagea son armée en deux ailes , donna le commandement de la première au jeune duc de Chartres, et la seconde au général Ferrand, en l'absence «le Miranda.

Son armée était en tout de vingt-sept mille hommes, sans compter six mille que le général d Harville devait lui amener le lendemain de Maul>euge. et qu'il attendait pour commencer l'attaque ; mais ne les voyant pas arriver, il se détermina à marcher à l'ennemi , qui lui opposa une vive résistance.

Aussitôt le duc de Chartres . qui commandait le centre, rompit sa division eu colonnes de lialaillnns. el marcha sur le Iwiis de Plénu . qui couvrait le centre des

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Autrichiens. Il mil six de ses bataillons «ni réserve, et avec les dix-huit autres il culbuta l'infanterie lettre autrichienne <|iii défendait les a ha lis , traversa les bois et arriva sur le plateau. Mais cette infanterie, soutenue par l'artillerie des redoutes qui lirait à mitraille, lit un tel ravage dans la télé des colonnes, qu'il devint impossible de les faire déboucher : elles rentrèrent dans le Itois et le traversèrent rapidement dans le plus grand désordre. C'est là que furent frappés le colonel Dubouzet , du 10 T régiment de ligne, qui fut tué sur la place ; le général Drouet, qui eut les deux jambes emportées et mourut deux heures après ; les colonels Dupont de Chaumont et Gustave de Moujoye, adjudants generaux , qui reçurent des coups de feu. Tout était perdu si les Autrichiens avaient su profiter «le cet avantage momentané ; mais leur infanterie resta immobile , et ils se «'outentèrent de lancer «pielipies hussards et «piehpies chasseurs à pied, «pii ne parvinrent point à traverser le bois ; en sorte «pie , tandis qu'ils étaient «contenus par la résistance des deux bataillons du K.V (Foix), commandés par le colonel Champollon et le lieutenantcolonel Villars, le duc de Chartres, formant derrière le liois une chaîne de chasseurs .1 cheval du 5* régiment , parvint à rallier les fuyards.

De ces bataillons désunis, il en fait mie colonne à laquelle il donne le nom de bataillon de Mous, leur distribue ciu«| drapeaux «pi'il tenait dans ses bras, et leur donne pour reufort le (»r bataillon «pi'il avait mis eu réserve à l’entrée du bois; alors il fait «le nouveau battre la charge , et les mêmes soldats attaquèrent

vkhsa il, i.r:s v n ci i. \ ht houkiim:.

avec intrépidité l'infanterie autrichienne qui remplit l'intervalle des redoutes , la culbute et s’empare des pares de l'artillerie ennemie : de re moment la victoire ne fut plus douteuse, et l'ennemi, chassé de ses positions, abandonne le bois de Jetnmapes, en le laissant couvert de ses morts et de ses canons.

Le tableau d'Horace Vemet est une représentation fidèle de celte mémorable victoire ; le paysage , peint d'après nature , est d'une parfaite exactitude. La houillère ou fosse de charbon de terre qui est incendiée , dans le coin du tableau , est celle du village de Frameries , devant lequel le spectateur est plane On voit dans le fond la ville de liions, le village de Cuesme et le village de Quarégnon sur la gauche. Le village de Jemmapes , qui a donné son nom à la bataille, est situé entre Cuesmes et Quarégnon; mais on ne l'aperçoit pas, parce qu'il est masqué par la colline sur laquelle Farinée autrichienne était retranchée. Le général Dumotiriez , suivi de quelques officiers de l'état-major et d'un groupe d'ordonnances , est sur le premier plan. Il est arrêté dans son mouvement par la rencontre de quelques prisonniers autrichiens qu'on lui présente, et surtout par l’aspect du général Drouet, blessé , que les soldats portent à l’ambulance.

On voit sur un plan plus élargi l’aile gauche de l'armée autrichienne , et dans le lointain le duc de Chartres attaquant le bois île Fleur.

Porte d'entrée de la salle de 1702.

J il vieil invalide qui , pour la quatrième foi», avait prb sur m*s épargnés (la dépense pour se rendre à Versailles, expliquait à deux de ses pelits- I enfants les portraits contenus dans cette salle.- Autant 4 peu près que vous en voyez ici , leur disait-il, ont commencé comme moi , et, si je n'avais été arrêté dans ma carrière , peut-être aurais- je fini comme eux , peut-être me verriezvous aussi dans un cadre doré. Commençons par le plus remarquable de tous , notre grand empereur ; eh bien , mes enfants , je l'ai vu dans cet uniforme , lorsqu'il revenait du siège de Toulon. Il venait voir à Marseille sa mère, qu’il trouva entourée de ses frères et sœurs exilés comme elle, et ayant 4 peine de quoi vivre il resta, dit-on, un moment stupéfait, et prenant le bras de sa mère : * Courage , ma mère , cela ne sera pas toujours ainsi.» Autour de lui sont les portraits

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do •'énernux les plus distingués de sou temps. Voilà Herthier qui , nommé son chef d'état-major à l'armée d'Italie, se plaignit au Directoire qu'on lui ertt envoyé un riifani (tour le commander, et qui. huit jours après, écrivait pour retirer sa lettre.

eu disant « O n'est |»as un enfant, mais un tri and homme près duquel je suis, et que j’espère ne plus quitter. - Près de lui est Mural, simple chasseur, et dix ans

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