LE ROI ARME SUR MER ET SUR TERRE M DC LXXII
Dans ce tableau, Louis XIV est représenté debout, donnant ses ordres. La Prévoyance est auprès de lui, sur un nuage; elle tient un livre et un compas. Neptune s’approche du rivage pour offrir son trident au roi; Mars lui amène des soldats, Mercure lui donne un bouclier, Vulcain une cuirasse et des armes qui sont apportées par un Cyclope. Minerve, volant dans les airs, se dispose à mettre au roi un casque d’or sur la tête. Apollon fait construire des forteresses, des vaisseaux, des places fortes. Plutus répand aux pieds du souverain tous ses trésors. Cérès et l'Abondance lui offrent pour ses armées les ressources des produits de la terre ; en haut du tableau on voit la Vigilance représentée avec ses attributs : des ailes, un sablier, un coq et un éperon.
LE ROI DONNE SES ORDRES POUR ATTAQUER EN MÊME TEMPS QUATRE DES PLUS FORTES PLACES DE LA HOLLANDE M DC LXXII
Le roi tient un conseil de guerre avec le duc d'Orléans, le prince de Condé (M. le Prince) et le vicomte de Turenne. Minerve présente à Louis XIV un plan sur lequel on lit les noms des quatre villes par la prise desquelles on doit commencer la campagne, et qui sont : Vesel, Burich, Orsoi et Rhimberg. Le génie de la Gloire, sous la forme d’un enfant ailé et couronné de lauriers, soutient un coin de ce plan. La Prévoyance, un compas à la main, est placée derrière le roi, pendant que la Gloire, la Vigilance et la \ ictoire volent dans les airs. Mars, par les fleurs de lis qu’il porte sur son casque et sur son boucliei, indique qu’il a pris parti pour la France; le Secret, représenté par un jeune homme grave
qui tient un casque, pose un doigt sur sa bouche, pendant que des soldats s’avancent de tous côtés dans le lointain.
LA PRÉÉMINENCE DE LA FRANCE RECONNUE PAR l’éSPAGNE M DC LXII
Le sujet contenu dans ce médaillon est tiré d'un événement de peu d’impor-
Un trophée de la Grande Galerie.
tance par le fait, mais qui faillit compromettre les relations de la France avec l’Espagne. L’ambassadeur de Suède faisant son entrée à Londres, le comte d’Estrade, ambassadeur de France, y envoya ses carrosses. Le baron de Batteville, ambassadeur d’Espagne, y ayant aussi envoyé les siens, voulut prendre le pas sur l’ambassadeur de France. Une véritable lutte commença entre les laquais; quelques gens du comte d’Estrade furent tués, et aussi les chevaux de son carrosse. Le roi, instruit de cette insulte, ordonna à l’ambassadeur d’Espagne qui était auprès de lui, de quitter immédiatement la cour.
Le roi d’Espagne accorda au roi de France toutes les satisfactions désirables. Il désavoua le baron de Batteville et envoya en France le marquis de Fuentes, qui déclara à Louis XIV, en présence de tous les autres ambassadeurs, que le roi
d Espagne protestait ne vouloir pas que ses ambassadeurs entrassent jamais en concurrence avec ceux du roi de France.
Cette soumission a été symbolisée par la rencontre de deux femmes, dont 1 une est la b rance, qui garde encore sur son visage les marques d’un reste de courroux, et 1 autre est 1 Espagne; son lion est couché aux pieds de la France, et la Justice, portant ses balances, assiste à la scène de réconciliation.