‹ Versailles et les trianonsChapitre 24 sur 136 · PARTIE CENTRALE · texte numérisé non relu

PARTIE CENTRALE

PREMIER ÉTAGE.-

Salon de l'Abondance.

Plafond par Ilouasse, élève de Lebrun, représentant l'Abondance : cette peinture a été plusieurs fois restaurée. — Tableaux de Van der Meulen et de son école.

De là; passant à gauche dans un salon (49, plan III);— 137, notice du Musée), on y voit, ainsi que dans la pièce qui fait suite (50, plan III) des gouaches, par Van Blarenberghe, et des dessins d'anciens costumes militaires français.

Salle des États généraux.

(51, plan III.) — (139. Notice du Musée.)

Cette salle, où l'on arrive ensuite, est richement décorée : les camaïeux des voussures sont peints par BlondeL Ce travail est surchargé et d'une exécution médiocre. Au-dessous est une frise peinte par Louis Boulanger, représentant la procession des États généraux (4 mai 1789). Les panneaux et les dessus de portes sont de M. Alaux, ainsi que trois des grands tableaux qui ornent les murs de la salle. M. Couder est l'auteur de (n° 2275) l'Ouverture des États généraux à Versailles, le 5 mai 1789, tableau exposé au salon de 1840.

On revient dans le salon de l'Abondance, pour entrer à gauche dans le :

Salon de Vénus.

(Plan III.) — (107. Notice du Musée)

Dans cette salle, qui était primitivement la première des grands appartements du roi, étaient placées les tables destinées à la collation, les jours d'appartement. {V. ci-dessous : salon de Mercure). Le plafond, peint par Houasse, représente le triomphe de Vénus. Dans les voussures, sont quatre tableaux dont les sujets empruntés à l'histoire ancienne, forment des allusions à des événements du règne de Louis XIV. Dans une niche est le groupe des trois Grâces, par Pradier, exposé en 1831.

Salon de Diane.

(Plan III.) — (108. Notice du Musée.)

C'était la salle de billard sous Louis XIV. — Le plafond, par Blanchard, a Diane pour sujet. La principale curiosité de cette salle est le. buste en marbre de Louis XIV, fait par le Bernin. L'artiste attaqua tout de suite le marbre, sans faire de modèle en terre. Le jet hardi des cheveux et l'aspect flamboyant des draperies attestent la fougue du maître italien, qui avait soixante-huit ans quand il fut appelé en France.

Salon de Mars.

(Plan III.) — (109. Notice du Musée.)

Cette pièce servit, sous Louis XIV, de salle de jeu, de bal et de concert; elle était alors décorée de six portraits de Titien, de deux tableaux de Paul Véronèse et du tableau de Lebrun : la Famille de Darius, aujourd'hui au musée du Louvre.

Plafond. — Au milieu : Mars, sur un char tiré par des loups, par Audran. Le compartiment du côté du salon précédent est de Jouvenet, celui du côté du salon de Mercure est l'œuvre de Rouasse.

Dessus de porte: La Justice, la Modération, la Force et la Prudence, par Simon Vouet, dans cette manière claire et facile que retint de lui quelque temps Eustache Le Sueur, son élève. — Portraits du temps. — Sacre de Louis XIV, d'après Lebrun.

Salon de Mercure.

(Plan III.) — (110. Notice du Musée.)

C'était une chambre de parade appelée chambre du lit^ et pour laquelle Delobel avait composé un ameublement merveilleux. Selon la Notice du Musée, quand le duc d'Anjou eut été nommé roi d'Espagne, le 16 novembre 1700, Louis XIV fit préparer le grand appartement pour qu'il y tînt sa cour, et Philippe V coucha dans la chambre du lit jusqu'à son départ. Louis XIV habita lui-même cette chambre pendant quelque temps, en juillet 1701. Après sa mort, son cercueil y fut exposé pendant huit jours. D'ordinaire cette chambre servait aux jeux du roi les jours d'appartement.

« Ce qu'on appelait appartement, dit Saint-Simon, était le concours de toute la cour, depuis 7 heures du soir jusqu'à 10, que le roi se mettait à table, dans le grand appartement, depuis un des salons du bout de la grande galerie jusque vers la tribune de la chapelle. » Voici à ce sujet quelques détails fournis par le Mercure de 1682 : « Le roi permet rentrée de son grand appartement de Versailles le lundi, le mercredi et le jeudi de chaque semaine, pour y jouer à toutes sortes de jeux depuis 6 heures du soir jusqu'à 10. La liberté de parler y est entière; cependant le respect fait que personne ne hausse trop la voix. Le roi, la reine et toute la maison royale descendent de leur grandeur pour jouer avec plusieurs de l'assemblée. Le roi ne veut ici ni qu'on se lève, ni qu'on interrompe le jeu quand il approche. On entend ensuite la symphonie, ou l'on voit danser. On passe à la chambre

des liqueurs ou à celle de la collation. Trois grands buffets sont aux côtés d'un salon; celui du milieu est pour les boissons chaudes, comme café, chocolat...; les deux autres sont pour les liqueurs, sorbets.... On donne de très-excellent vin à ceux qui en demandent. »

Le plafond, représentant Mercure sur un char qui est tiré par deux coqs, et les quatre voussures sont peints par /. B. Champagne. — Tableaux d'après Lebrun et Van der Meulen. — Portraits de Louis XIII, d'Anne d'Autriche, de Gaston d'Orléans, de Marguerite-Louise d'Orléans , grandeduchesse de Toscane, qui se sépara de Corne III et revint mener en France une vie plus que dissipée, etc....

Salon d'Apollon.

(Plan III.) — (m. Notice du Musée.)

C'était autrefois la salle du Trône. Les trois pitons qui retenaient le dais sont encore en place. C'est là que Louis XIV reçut la soumission du doge de Gênes, ce doge qui répondit aux courtisans qui lui demandaient ce qu'il trouvait le plus extraordinaire à Versailles : « C'est de m'y voir. » C'est là aussi que Louis XIV reçut les ambassadeurs de Siam, les envoyés du dey d'Alger; que Louis XV reçut les envoyés de Mahomet V; et Louis XVI, ceux de Tippoo-Saëb, le dernier nabab du Mysore.

Le plafond^ peint par de La fosse, ainsi que les voussures , représente Apollon accompagné des

Saisons. — Parmi les portraits, il faut remarquer, n*' 2084, celui de la princesse Palatine, célèbre par les fragments qui ont été publiés de sa correspondance si curieuse et si libre. Ce portrait est peint par Hyacinthe Rigaud. On remarque aussi, à cause de sa singulière coiffure (n^* 2089), celui de la princesse Marie-Louise d'Orléans, fille aînée de Monsieur, mariée à Charles II, roi d'Espagne, « qui révéla à Louis XIV le secret de la couche royale, et mourut par le poison pour n'avoir pas voulu la souiller. »

Salon de la Guerre.

Ce salon, la grande galerie et le salon de la Paix qui la suit, occupent toute la façade ajoutée du côté des jardins au palais de Louis XIII.

Le plafond, représentant la France armée de la foudre et tenant un bouclier sur lequel est l'image de Louis XIV, a été peint, ainsi que les voussures, par Lebrun. Une des voussures, en face de la cheminée, représente Bellone. Dans les trois autres cintres sont représentées : l'Allemagne, la Hollande, l'Espagne , épouvantées des victoires de Louis XIV. Ces tableaux et ceux qui se trouvent dans la galerie des Glaces, n'ont pas eu peu de part, dit Saint-Simon, à irriter et à liguer toute l'Europe contre le roi. En effet, dans toutes ces peintures où l'emphase naturelle à Lebrun s'accordait si

bien avec le goût de Louis XIV, chaque nation vaincue pouvait trouver une insulte; chacune devait chercher l'occasion de s'en venger. — Audessus de la cheminée, on voit Louis XIV à cheval, bas-relief en stuc par Coysevox, — Six bustes d'empereurs romains, dont les têtes sont en porphyre et les draperies en marbres de différentes couleurs, complètent la décoration de ce salon.

Grande galerie des Glaces.

(Plan III.) — (113. Notice du Musée.)

Louis XIV la fit élever à la place d'une terrasse pavée de marbre, qui formait un renfoncement entre deux pavillons. Elle a 73 mètres environ de longueur, sur 10 mètres 40 centimètres de largeur, et 13 mètres de hauteur; elle est éclairée par 17 fenêtres en arcades cintrées sur les jardins, auxquelles répondent en face 17 arcades feintes remplies de glaces dans toute leur hauteur. Les fenêtres et les arcades sont séparées de chaque côté par 24 pilastres à bases et à chapiteaux dorés. Dans les trumeaux, pendent des trophées de bronze doré. La voûte, en plein cintre, est symétriquement divisée en 7 grands compartiments et 18 petits, entourés de figures allégoriques, soutenant des trophées ou des guirlandes, avec cette surabondance excessive autorisée par l'emploi que les grands maîtres italiens en ont fait dans ce genre d'ouvrages; témoin le fameux plafond de

la chapelle Sixtine, par Michel-Ange. Cette galerie fut composée par Lebrun, qui peignit, vers 1679, les grands tableaux sur toile marouflée. Les 23 figures d'enfants posées sur la corniche, ainsi qu'une partie des trophées, sont dues à Coysevox. Outre les 7 grands compartiments du plafond, il y en a deux autres aux extrémités de la galerie. Tout ce fastueux travail est exclusivement consacré à la gloire de Louis XIV. Dans les cartouches au-dessous des tableaux sont des inscriptions , généralement attribuées à Boileau et à Racine. — Dans certaines circonstances, comme pour la réception de l'ambassadeur du roi de Perse, Louis XIV faisait transporter le trône dans la grande galerie. Cette galerie fut témoin de bien des fêtes. Une des plus brillantes , sous Louis XIV, eut lieu à l'occasion du mariage du duc de Bourgogne.

« La galerie fut éclairée de quatre mille bougies, pour un bal où les dames parurent toutes en velours noir, étincelanies de pierreries. Les hommes étaient également chargés de diamants. Des filous trouvèrent le moyen de se glisser parmi cette riche assemblée; ils y volèrent beaucoup de pierreries, et coupèrent un morceau de la robe de la duchesse de Bourgogne, pour enlever une agrafe de diamants. » Louis XIV ayant voulu que la cour fût magnifique, la profusion du luxe fut extraordinaire. Saint-Simon dit que , entre sa femme et lui, il leur en coûta 20 000 livres.

l*^"" tableau, au-dessus de l'entrée du salon de la

Guerre : Alliance de TAllemagne et de l'Espagne avec la Hollande (1672).

2* tableau, au-dessus de l'entrée du salon de la Paix : la Hollande accepte la paix et se détache de l'Allemagne et de l'Espagne (1678).

Plafond. — Voici l'indication des grands tableaux, en commençant du côté du salon de la Guerre :

1" tableau (occupant toute la voûte) : Passage du Rhin (1672). — Cette composition allégorique laisserait à peine deviner quel est le sujet, si Ton n'y découvrait le Rhin , qui , comme dans l'épître de Roileau, appuyé sur son urne penchante., se relève épouvanté de tant d'audace et laisse d'effroi tomber son gouvernail. L'abaissement de l'orgueil de la Hollande est marqué par une figure renversée, ayant les ailes à moitié coupées et laissant échapper une couronne. — A l'autre extrémité est figurée la prise de Maëstricht en 1673.

2^ tableau (côté des jardins). Le roi arme sur terre et sur mer (1672). Toutes les divinités s'empressent autour de Louis XIV. Neptune lui amène des vaisseaux; Mars, des soldats; Vulcain lui apporte des armes ; Mercure lui présente un bouclier; Minerve va poser sur sa tête un casque d'or; Apollon surveille la construction d'une forteresse. Au haut du tableau est la Vigilance, tenant un sablier, et à côté du roi la Prévoyance, avec un livre et un compas, « pour montrer qu'il prend toujours ses mesures justes. »

3* tableau (opposé au précédent) : Le roi donne ses ordres pour attaquer en même temps quatre des plus fortes places de la Hollande. — Ce tableau, moins allégorique que les autres, représente le roi tenant un conseil de guerre avec le duc d'Orléans, Gondé et Turenne. Cependant Mars, aux armes fleurdelisées, Minerve, la Victoire, la Prévoyance, la Vigilance, le Secret, etc., n'en continuent pas moins leur stérile cortège, si cher aux artistes du temps.

4^ tableau (au milieu de la voûte, dont il occupe toute la largeur) : Le roi gouverne par luimême (1661). Tout rOlympe semble s'intéresser à la gloire du jeune monarque, près duquel sont les Grâces, la Prudence, la Valeur et l'Hyménée tenant son flambeau, tandis que la France est paisiblement assise et que divers génies symbolisent les plaisirs de la cour. — A l'autre extrémité du tableau sont figurées l'Allemagne, l'Espagne et la Hollande, avec cette inscription : « L'ancien orgueil des puissances voisines de la France. »

y tableau (côté des jardins) : Résolution prise de châtier les Hollandais (1671). Le roi trône au milieu de son entourage mythologique.

6*^ tableau (opposé au précédent) : La Franche- Comté conquise pour la seconde fois (1674). — Toujours des allégories, insaisissables pour qui n'en a pas l'explication. Sans la description faite pour Louis XIV, par Rainssan, conservateur des médailles, on serait souvent embarrassé au mi-

lieu de ces énigmes. Les villes de la Franche- Comté sont figurées par des femmes en pleurs, que Mars présente au roi. « Un Hercule, symbole de la force et de la vertu héroïque, monte sur un rocher effroyable, où Minerve semble le conduire et sur lequel on voit un lion furieux. Le lion représente l'Espagne, et le rocher la citadelle de Besançon. Les vains efforts que fit l'Allemagne pour empêcher cette conquête sont marqués par un grand aigle effrayé qui crie et qui bat des ailes sur un arbre sec, à l'un des coins du tableau. » N'est-ce pas le cas de dire avec Molière :

Ce style figuré, dont on fait vanité, Sort du bon caractère et de la vérité.

7^ tableau (occupant toute la voûte) : Prise de la ville et' de la citadelle de Gand en six jours (1678). Louis XIV est représenté tenant en main la foudre, porté sur un nuage et suivi de la Terreur. — A l'autre extrémité de cette composition, l'artiste a cherché à figurer les mesures des Espagnols rompues par la prise de Gand.

Les 18 médaillons que contient le plafond, outre ces grandes compositions, consacrent le souvenir de quelques autres événements du règne.

Quatre statues en marbre ont remplacé dans les niches les statues antiques; côté des jardins : Mercure et Paris, par Jacquot (1827) : en face : Vénus devant Paris, par Dupaty; et Minerve, par Cartellier (1822).

De la grande galerie des Glaces, avant de continuer à s'avancer à travers les galeries du Musée, il faut entrer par la première porte à gauche pour visiter les appartements particuliers.

Salle du Conseil.

(52, plan III.) — (125. Notice du Musée.)

Cette salle, sous Louis XIV, était divisée en deux pièces, qui furent réunies sous Louis XV. La plus éloignée de la chambre du roi était le cabinet des perruques (Louis XIV changeait de perruque plusieurs fois par jour ; avant la messe, après le dîner, au retour de la chasse ou de la promenade, avant le souper, etc.). Dans ce singulier voisinage, l'autre pièce était le cabinet du roi ou cabinet du conseil^ ainsi nommé parce que Louis XIV y travaillait avec ses ministres.

C'est dans cette salle où s'étaient décidées tant et de si grandes affaires, que plus tard, en plein conseil, une courtisane, Mme Dubarry, venait s'asseoir familièrement sur le bras du fauteuil de Louis XV, et qu'elle jetait un jour au feu un paquet'de lettres encore cachetées qu'elle avait prises entre les mains du roi. Ce fut là, le 23 juin 1789, dans l'embrasure de la première croisée, que M. de Brézé vint tout éperdu annoncer à Louis XVI la résistance des députés sommés de se séparer, et la foudroyante réponse de Mirabeau : « Nous sommes ici par la volonté du peuple, et nous n'en sortirons que par la force des baïonnettes! »

On y voit une pendule curieuse, faite en 1706 par Morand. — Les dessus de portes, peints par Houasse^ représentent : Minerve naissant armée du cerveau de Jupiter; Minerve dans l'Olympe; Minerve sur le Parnasse avec les Muses; la dispute de Minerve et de Neptune. Ces quatre peintures décoraient autrefois la salle de billard du grand Trianon.

Salle du Conseil.

De la salle du Conseil, on passe dans la chambre à coucher de Louis XIV, à moins que Ton ne soit admis à visiter les petits appartements.

Les petits appartements.

Pour ne pas interrompre la description des salles publiques du musée de Versailles, nous renvoyons à la fin de cette description Texamen des petits appartements.

Chambre à coucher de Louis XIV.

(53, plan III.) — (124. Notice du Musée.)

Cette pièce devint la chambre à coucher du roi en 1701. C'est là que se renouvelait la cérémonie du petit lever et du petit coucher, fastidieuse pour tout autre que lui. Frédéric le Grand, roi de Prusse, se faisant énumérer un jour par un Français tous les détails de cette singulière étiquette , s'écriait en éclatant de rire : « Si j'étais roi de France, je nommerais un autre roi pour faire toutes ces choses-là à ma place. »

« A 8 heures, le premier valet de chambre en quartier, qui avait couché seul dans la chambre du roi et qui s'était habillé , l'éveillait. » (Saint-Simon.) Quand le roi quittait Versailles seulement pour quelques jours, un valet de chambre y restait et couchait au pied du lit pour le garder.

Louis XIV dînait souvent dans sa chambre.

« Le dîner était presque toujours au petit couvert, c'està-dire, seul dans sa chambre, sur une table carrée vis-àvis de la fenêtre du milieu. Il était plus ou moins abondant, car il ordonnait le matin : petit couvert ou très-petit

couvert. Mais ce dernier était toujours de beaucoup de plats et de trois services sans le fruit (Louis XIV était gros mangeur). La table entrée, les principaux courtisans entraient, puis tout ce qui était connu, et le premier gentilhomme de la chambre allait avertir le roi. Il le servait si le grand chambellan n'y était pas. J'ai vu, mais fort rarement. Monseigneur et messeigneurs ses fils au petit couvert, debout, sans que jamais le roi leur ait proposé un siège. J'y ai vu assez souvent Monsieur, venant de Saint-Gloud voir le roi. Il donnait la serviette et demeurait debout. Un peu après, le roi lui demandait s'il ne voulait pas s'asseoir; il faisait la révérence, et le roi ordonnait qu'on lui apportât un siège. On mettait un tabouret derrière lui. Quelques moments après, le roi lui disait : « Mon frère, asseyez-vous donc. » Il faisait la révérence et s'asseyait. D'autres fois le roi demandait un couvert pour Monsieur. Le grand chambellan donnait à boire ou des assiettes à Monsieur, mais Monsieur recevait tout ce service avec une politesse fort marquée. Le roi d'ordinaire parlait peu à son dîner. » (Saint-Simon.) A côté de cette insipide étiquette, qui pesait sur tous les moments de la vie de Louis XIV, rappelons qu'un matin à son petit lever, ayant fait servir son en cas de nuit, petite collation qu'on plaçait le soir dans sa chambre, il fit asseoir Molière à sa table, et, ayant ordonné d'introduire les seigneurs de sa cour : « Vous me voyez, dit-il, occupé de faire manger Molière que mes officiers ne trouvent pas assez bonne compagnie pour eux. » On sait que Molière était un de ses valets de chambre. Le poète Belloc, entendant un jour un des autres valets de service refuser de faire le lit du roi avec lui, dit à MoHère : « Monsieur de Molière, voulez-vous bien que j'aie Vhonneur de faire le lit du roi avec vous.? »

Le lit et l'ameublement de cette chambre étaient l'œuvre de Simon Delobel, tapissier, va-

let de chambre du roi. Delobel employa douze ans pour confectionner ce travail, qui prit rang, dit M. Vatout, parmi les merveilles du temps, et qui était consacré au triomphe de Vénus. On voit encore sur le dossier : l'Amour endormi sur des fleurs, au milieu des nymphes. Plus tard, quand s'éveillèrent les scrupules religieux, « la courtepointe Delobel fut échangée contre un couvrepieds brodé par les demoiselles de Saint-Gyr. On y voyait le sacrifice d'Abraham (il forme aujourd'hui le ciel du lit) et le sacrifice d'Iphigénie; singulier rapprochement qui révèle la double inspiration de Mme de Maintenon et de Racine ! »

Le lit a été retrouvé dans les dépôts de la couronne; le couvre-pieds, vendu pendant la Révolution, après avoir traîné quelque temps, en deux morceaux, en Allemagne et en Italie, et avoir été vainement offert à Louis XVIII et à Charles X, fut racheté par Louis-Philippe. La balustrade a été également retrouvée au Garde-Meuble ; on n'a eu qu'à la faire redorer. L'étiquette défendait de la franchir sans la permission du roi; on raconte que, en 1714, le premier président de Novion s'étant permis de s'avancer près du lit de Louis XIV, qui était souffrant, le duc d'Aumont, premier gentilhomme de la chambre, le tira par sa robe et lui dit : a Où allez-vous? Sortez. Des gens comme vous n'entrent pas dans la balustrade, si le roi ne les appelle pour leur parler. »

De chaque côté du lit on voit aujourd'hui deux

tableaux'de la Sainte Famille, des écoles italienne et flamande, que des guides distraits ont le tort d'indiquer quelquefois aux visiteurs comme les tableaux de saint Jean par Raphaël, et de David par le Dominiquin, qui y étaient placés du j temps

Chambre à coucher du roi.

de Louis XIV. Le tableau du Dominiquin le suivait dans ses voyages à Marly, à Saint-Germain et à Fontainebleau. Il fait aujourd'hui partie du musée du Louvre.

Le portrait de la reine Anne d'Autriche, par Mignard, était déjà dans cette pièce sous Louis XIV.

Les autres portraits, placés à l'époque de la restauration du château, représentent des membres de la famille royale. — Sur la fausse cheminée est un buste en marbre, par Coysevox, de la duchesse de Bourgogne, prise d'après nature.

Plafond. — Le milieu du plafond n'avait été décoré d'aucune peinture. On y plaça, sous Napoléon I", Jupiter foudroyant les crimes, par Paul Véronèse. Cette peinture, provenant du palais ducal de Venise, a été transportée au Louvre en 1859, et n'a pas été remplacée ; le plafond a été rétabli dans son état primitif. Au-dessus de la corniche sont les quatre Évangélistes, par Valentin.

C'est dans cette chambre, dans ce lit, que mourut Louis XIV, après un règne de 72 ans. Lorsque Louis XV revint à Versailles , en 1 722, il occupa aussi cette' chambre, et la conserva jusqu'en 1738.

Le cérémonial suivi à la mort du roi était le suivant : Le premier gentilhomme se présentait à la croisée qui donne sur la cour de marbre, en criant trois fois : Le roi est mort! Puis, brisant sa canne et en prenant une autre, il reprenait : Vive le roi!

En même temps on plaçait l'aiguille de l'horloge du palais sur l'heure à laquelle le monarque avait rendu le dernier soupir. Elle y restait immobile jusqu'à la mort de son successeur. Cet usage fut observé pour Louis XV; mais après lui, des six monarques appelés à ré-

gner sur la France, Louis XVI, Louis XVIT, Napoléon, Louis XVIIL Charles X, Louis-Philippe, un seul, Louis XVIII, est mort sur le trône : c'est à sa mort que cette cérémonie fut accomplie pour la dernière fois, le 16 septembre 1824.

Salle de l'Œil-de-Bœuf,

Salle de TGEil-de-Bœuf-

(54, plan III.) — (123. Notice du Musée.)

Cette salle est ainsi appelée de la fenêtre ovale, ou œil-de-bœuf, pratiquée au-dessus de la fenêtre

du fond. C'était Tantichambre du roi; c'était là que les courtisans venaient attendre le lever du niaître.

Un tableau (peint par Nocret)^ que l'on y voit encore, reste comme l'une des plus curieuses preuves de cette espèce d'idolâtrie dont on entourait Louis XIV, et à laquelle il se prétait complaisamment. Il y est représenté, ainsi que sa famille, avec les emblèmes des divinités de l'Olympe. Voici les personnages de ce travestissement mythologique : Louis XIV, en Apollon; un peu au-dessous : Marie-Thérèse, en mère des Amours; debout, derrière le roi : Mlle de Montpensier, en Diane; Monsieur, en étoile du matin qui va saluer le soleil ; à sa gauche : Henriette d'Angleterre, en Flore; près de celle-ci : Anne d'Autriche, en Cybèle; dans le fond du tableau : les filles du duc d'Orléans, Mme de Guise, Mme de Toscane et Mme de Savoie, sous les figures des trois Grâces; Mademoiselle, reine d'Espagne, enZêphire; là reine d'Angleterre, mère de Madame, assise près de Monsieur, tient un trident.

Cet étrange tableau rend presque concevable l'assertion paradoxale de Saint-Simon : « Si le roi n'avait peur du diable, il se serait fait adorer. »

A une extrémité de la pièce est un petit modèle en bronze de la statue équestre de Louis XIV, par Petitotf que l'on voit dans la cour du palais.

De la salle de FOEil-de-Bœuf, on peut entrer, du côté

opposé à la grande galerie, dans une pièce d'apparence simple, V antichambre du roi.

Un couloir ouvrant sur la salle de TOEil-de-Bœuf communique avec V appartement de la reine. (Voy. page 62.)

Antichambre du Roi.

(55, plan III.) — (121. Notice du Musée.)

Cette pièce servit, pendant un certain temps, de salle à manger du roi pour le grand couvert; les fils et petits-fils de France avaient seuls le droit d'y prendre place ; elle devint ensuite la salle des valets de pied. On y voit une Bataille d'Arbelles, par Pierre de Cortone, et, sur la cheminée, une Bataille, de Parrocel, ainsi que des tableaux de Van der Meulen. Le tableau 2149 : Institution de l'ordre militaire de Saint-Louis, 10 mai 1695, offre un intérêt particulier, parce qu'il représente Louis XIV dans sa chambre à coucher; il a servi, en 1838, de guide pour la restauration de cette chambre. — On passe de là dans la salle des Gardes.

Salle des Gardes.

(56, plan III.) — (120. Notice du Musée.)

Cette salle, située au haut de l'escalier de marbre, était destinée aux gardes composant la maison du roi. Elle contient quelques tableaux. Un tableau curieux (n" 2130) représente le carrousel donné par Louis XIV devant les Tuileries, le 5 juin 1662.

Revenant sur ses pas, on rentre dans la grande galerie

des Glaces. A gauche, au fond de cette galerie, on entre dans le salon de la Paix^ qui fait pendant au salon de la Guerre, placé à T autre extrémité de la galerie.

Salon de la Paix.

(Plan III.) — (114. Notice du Musée.)

L'intention du roi et des artistes était sans doute dans l'origine, de faire contraster les allégories pacifiques de cette salle avec celles qui ornent le salon de la Guerre. Mais, dans les tableaux des voussures, qui sont l'œuvre à^ Lebrun, on retrouve en partie le même orgueil insultant pour les étrangers, qui ofTensa si fort les rois de l'Europe. Un des tableaux, comme dit la description quasioflicielle de Rainssan, représente la Hollande à genoux, recevant svr son bouclier des flèches qu'un Amour lui apporte avec des branches d'olivier, symbole des provinces cjue le roi avait conquises sur elle et de la paix qu'il lui a donnée. Sur les autres voussures sont figurées : l'Espagne, l'Allemagne et l'Europe chrétienne en paix.

Au plafond, on voit la France sur un char tiré par deux couples de tourterelles que des Amours mettent sous le joug, et qui portent des médailles armoriées, pour désigner le mariage du Dauphin avec la princesse de Bavière, et celui de Mademoiselle avec le roi d'Espagne.

Sur la cheminée est une peinture de le Moyne, figurant Louis XIV donnant la paix à l'Europe. — On remarque aussi, dans le salon de la Paix,

comme dans le salon de la Guerre, six bustes d'empereurs romains.

Cette salle servait de salle de jeu. Il s'y est perdu des sommes folles. On raconte que Mme de Montespan, dans une nuit, y perdit 400 000 pistoles au biribi. On y a même volé quelquefois. « Les confidences des Mémoires du chevalier de Grammont, dit M. Vatout, nous apprennent que la délicatesse et la probité ne présidaient pas toujours à cçs amusements, où plusieurs seigneurs de la cour cherchaient, par une adresse équivoque, à refaire leur crédit aux dépens de leur honneur. »

Chambre de la Reine.

(Plan III.) — (115. Notice du Musée.)

Trois reines, Marie-Thérèse, Marie Leczinska, Marie-Antoinette, ont couché dans cette chambre» La duchesse de Bourgogne y mourut. Marie-Antoinette y mit au monde Madame, depuis duchesse d'Angoulême, et fut suffoquée par le flot de curieux qui, selon l'étiquette autorisée, se précipitèrent alors dans la chambre.

Un souvenir plus émouvant reporte ici l'esprit à cette nuit du 6 octobre 1789, quand, vers six heures du matin, au cri poussé par un garde du corps : « Sauvez la reine ; ses jours sont en danger! » deux femmes de chambre, qui veillaient dans un salon voisin, accoururent auprès de Marie- Antoinette. S'élançant hors de son lit, elle courut,

à demi nue, par le couloir (o, plan III) communiquant avec rOEil-de-Bœuf, se réfugier auprès du roi, qu'elle trouva dans la salle du conseil (52, pi. III), salle voisine de la chambre où il couchait (a, plan III). La porte du passage par lequel se sauva la reine existe encore, à g., au fond de la pièce; le gardien de service l'ouvre volontiers aux visiteurs pour leur montrer le couloir, en leur racontant à sa manière le fait historique que nous venons de rappeler; elle est surmontée du portrait de Marie- Antoinette, par Mme Lebrun. — On voit encore les pitons qui soutenaient le dais du lit de la reine. Aux voussures, quatre peintures en grisaille, figurant la Fidélité, l'Abondance, la Charité, la Prudence, sont de Boucher. — Au-dessus des portes, côté du salon de la Paix : la Jeunesse et la Vertu présentent deux princesses à la France, par Natoire; en face : la Gloire s'empare des enfants du prince ; peinture d'une agréable couleur, par Detroy (1 734). — Parmi les tableaux et les portraits, nous signalerons : 2092. Le Mariage de Louis XIV, par Testelin, d'après Lebrun. Le roi et Marie-Thérèse semblent s'épouser de la main gauche. Cette singularité s'explique, parce que cette toile était destinée à être reproduite ^envers sur une tapisserie des Gobelins ; 2095. Ma*^'*ge du duc de Bourgogne, par Antoine Dieu; 2096. HeLeczinska, pariVaï^ier.

Salon de la Reine.

(Plan III.) — (116. Notice du Musée.)

Le cercle de la Reine se tenait dans cette pièce. Son siège était placé sur une estrade, sous un dais, dont on voit encore les pitons d'attache. C'est là que brillèrent les élégantes beautés, les grandes dames de la cour de Louis XIV, avant que Louis XIV allât s'emprisonner dans les appartements de Mme de Maintenon.

Plafond : Mercure protégeant les sciences et les arts, et, dans les voussures, Sapho, Pénélope, 'Aspasie : ces peintures sont dues à Michel Corneille.

Parmi les tableaux, on remarque les portraits du duc de Bourgogne et du duc de Berry.

Salon du grand couvert de la Reine, ou antichambre de la Reine.

Cette salle servait au grand couvert de la reine, auquel le public était admis. Marie Leczinska dînait ainsi tous les jours.

Plafond. — Sous Napoléon I"", on y avait placé une toile de Paul Véronèse ; saint Marc couronnant les Vertus théologales. Ce tableau, provenant de la salle des Dix, au palais ducal à Venise, a été remplacé, en 1861, par une répétition du tableau de Ch. Lebrun^ qui se voit au Louvre : la Famille de Darius aux pieds d'Alexandre. — Dans les vous-

sures sont représentées des héroïnes de l'antiquité et des divinités mythologiques.

On remarque aussi dans ce salon : les portraits de Louis XIY, par Lthrun, de Mme de Soubise , de Mme de Maintenon, du comte de Toulouse et du comte de Vermandois, « ce fils si beau de Mme de la Vallière, que les historiens ont voulu faire passer pour le Masque de fer; » et, entre autres tableaux : 2108. Le duc d'Anjou, déclaré roi d'Espagne, par Gérard (salon de 1824), un des meilleurs tableaux de ce peintre; 2*107. Réparation faite par le doge de Gênes, par Halle.

Salle des Gardes de la Reine.

(Plan IIL) — (118. Notice du Musée.)

C'est la porte entre la salle précédente et celleci qu'entr'ouvrirent les femmes de chambre de Marie-Antoinette, le 6 octobre 1789 au matin, et qu'elles se hâtèrent de fermer au verrou, quand elles eurent entendu le cri de détresse du garde du corps qui la défendait. C'est ici qu'il fut massacré. La foule, armée de piques , s'était introduite dans le château par l'escalier de marbre dont le palier vient aboutir derrière la salle des gardes de la reine.

Noël Coypel a peint ^au plafond : Jupiter entouré de figures allégoriques, et, dans les voussures : Ptolémée rendant la liberté aux Juifs ; Alexandre Sévère faisant distribuer du blé ; Trajan et Solon.

— Parmi les portraits, il faut remarquer: 2117, le joli portrait de la duchesse de Bourgogne, par Santerre, A l'aide de ce portrait et du buste de Coysevox, placé dans la chambre de Louis XIV, on peut retrouver complète la physionomie de cette princesse qui fut les délices de la cour de Louis XIV.

Cette grande pièce fut une salle des gardes ; Louis XV et Louis XVI y tinrent des lits de justice.

On laisse ici les souvenirs de la vieille monarchie et Ton entre brusquement dans l'histoire des temps modernes.

Salle du Sacre.

(Plan III.) — (140. Notice du Musée )

Plafond, — Allégorie du 18 brumaire, par Callet,

— Dessus de portes : le Courage, le Génie, la Générosité, la Constance, ouvrages médiocres de Gé^ rard. 2217, Sacre de Napoléon, par David (salon de

Cette toile, haute de 6 mètres 10 cent., et longue de 9 mètres 31 cent., contenant 100 portraits, est un des chefs-d'œuvre du grand artiste. Cette scène solennelle est rendue avec intelligence et simplicité, malgré le ridicule du costume et la contrainte imposée par Tétiquette. Plusieurs portraits de femmes semblent traités négligemment. Un critique reprocha à David d'avoir fait Joséphine trop jeune. « Allez le lui dire, » rêpliqua-t-il vivement. Le peintre avait représenté d'abord , avec une simplicité toute raphaëlesque, le pape Pie VII, les mains posées sur

ses genoux. Mais FEmpereur exigea qu'il fût représenté donnant sa bénédiction. « Je ne Faipas fait venir, dit-îL de si loin pour ne rien faire. » M. Delécluze, dans son intéressante étude sur David, raconte une curieuse visite faite par Napoléon à Tatelier de Tartiste : « Les personnes de la cour reprochaient au peintre d'avoir fait de Tlmpératrice l'héroïne du tableau, en représentant plutôt son couronnement que celui de Napoléon. L'objection n'était certainement pas sans fondement.... O.n aurait dû penser que le nouveau souverain avait tout prévu, tout calculé, tout arrangé d'avance avec son premier peintre.... Lorsque toute la cour fut rangée devant le tableau. Napoléon, la tête couverte, se promena pendant plus d'une demiheure devant cette large toile, en examina tous les détails avec la plus scrupuleuse attention, tandis que David et tous les assistants demeuraient dans l'immobilité et le silence.... Enfin, il prit la parole et dit : « C'est bien, « très-bien, David. Vous avez deviné toute ma pensée ; « vous m'avez fait chevalier français II Je vous sais gré « d'avoir transmis aux siècles à venir la preuve d'afîec- « tion que j'ai voulu donner à celle qui partage avec moi « les peines du gouvernement. » Bientôt Napoléon, faisant deux pas vers David, leva son chapeau, et, faisant une légère inclination de tête, lui dit d'une voix très-élevée : « David, je vous salue. »

2278. Distribution des aigles, composition théâtrale, par David, — 2276. Bataille d'Aboukir, par Gros. Cette fougueuse peinture, reléguée, dans un grenier à Napies, put être rachetée en 1.824, par l'artiste, grâce à l'entremise de la duchesse d'Orléans (depuis la reine Amélie) : elle fut acquise, dit la notice, en 1833, par la liste civile, moyennant 25 000 fr.

Première salle de 1993-i'794.

2327. Bataille d'Hondschoote, toile pleine de lujnière. — 2328. Bataille de Watignies, par Eug. lami. — 2323. Capitulation de la citadelle d'Anvers,

Deuxième salle de i'î'93-i'î'94«

(58, plan III.) — (143. Notice du Musée.)

Cette pièce , alors sans communication avec les deux précédentes, était le grand cabinet de Mme de Maintenon, dont l'appartement contigu occupait les pièces p et q du plan III (K. p. 75). 2316. Bataille de Fleurus, par Bellangè (salon de 1836).

Sallft de 4*^02.

(59, plan m.) — (14'. S"tice du Musée.)

Salle des Cent-Suissos, sons Louis XVI. — 2333. La garde nationale pari ; n.r l'armée, par Cogniet. — Nombreux portraits ùc guerriers illustres.

Avant d'entrer dans la galerie de Faile du sud, on peut aller visiter (à gauche, dans la salle de 1792) six petites pièces plus élevées, dites :

Salles des Aquarelles.

(60, plan III.) — (146. Notice du Musée.)

Elles formèrent l'appartement du duc de Bourgogne, du cardinal Fleury et du duc de Penthièvre.

Ces salles contiennent, entre autres tableaux, une nombreuse collection d'aquarelles^ par : Bagetti, capitaine ingénieur-géographe de l'armée d'Italie, Dauzals, Dutertre et Siméon Fort; des vues curieuses des Portes-de-Fer (n°* 2661-2666) ; deux dessins d'Isabey (2574 et 2576), et une suite trèsnombreuse d'anciens costumes militaires.

Revenu dans la salle (59, plan III) qui relie la partie centrale du palais à l'aile du sud, on traverse le palier de Vescalier des Princes (61, plan III), ainsi nommé parce qu'il desservait les appartements de l'aile du sud, occupée par les princes du sang, et l'on entre dans la magnifique galerie des Batailles. — Les personnes qui ne voudraient visiter que les galeries de l'aile du sud pourraient entrer dans le palais par le vestibule situé au fond de la cour des Princes, et monter directement par Vescalier des Princes à la galerie des Batailles.

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