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Versailles

L’histoire du palais de Versailles, c’est presque l’iiistoire de la monarchie française à l’apogée de sa gloire. Elle commence avec Louis XIII, qui a légué à son successeur les premières assises de la demeure vraiment royale où Louis XIV devait convier à ses fêtes l’Europe, non moins étonnée de tant de gloire que de tant de magnificence. Si la justice historique n’avait assigné au grand siècle des lettres et des arts le nom de celui qui a voulu et maintenu l’ordre de choses à la faveur duquel s’est produit ce merveilleux élan de l’esprit humain, on serait tenté de l’appeler du nom du palais qui a été le témoin et qui rappelle le souvenir de toutes les péripéties de cette grande époque. Il semble même que les murs du château de Louis XIV aient gardé son image trop présente pour que ses pâles successeurs s’y soient trouvés à l’aise. Le régent ne voulut jamais habiter Versailles; Louis XV, pour y demeurer, dut convertir les galeries en boudoirs, remplacer les batailles de Lebrun par les bergères de Boucher, en un mot tout accommoder et rétrécir pour le besoin de ses plaisirs. Louis XVI y apporta ses goûts simples et honnêtes ; mais on ne lui laissa pas le temps de réhabiliter ces murs qui devaient être souillés tour à tour par les plaisirs d’un monarque oublieux de sa dignité et par les violences populaires; les émissaires des clubs de la capitale qui vinrent chercher à Versailles l’infortuné Louis XVI arrachèrent à ce palais le dernier de ses hôtes royaux. C’est vainement, en effet, que fut tentée sous l’Empire une

renaissance de la demeure de Louis XIV ; Napoléon lui-même dut reconnaître que c’était là une œu\re impossible. Les destinées de Versailles étaient-elles donc finies avec l’antique monarchie française? Le temps devait-il achever la ruine de ce qui avait échappé à la cognée révolutionnaire?

Il n’en sera pas ainsi : une pensée vraiment nationale, exécutée avec une munificence d’un autre temps, a rendu à ces murs leur ancienne splendeur. Le roi Louis-Philippe ne s’est pas borné à restaurer; il a agrandi, il a enrichi la demeure de Louis XIV, pour associer aux gloires monarchiques du dix-septième siècle nos gloires civiles et militaires de toutes les époques. Le palais s’est transformé en musée; il ouvre ses portes à des hôtes nouveaux qui accourent en foule de toutes les extrémités de la France, comme au but d’un pèlerinage patriotique, pour y contempler toutes ces merveilles de la pierre et de la toile dont chacune est un souvenir.

Les sujets qu’on a réunis dans ce volume appartiennent tous à l’histoire du palais de Versailles et sont destinés à en rappeler les différentes phases. Les vues ont été prises d’après nature au moyen du diagraphe ; les tableaux et les portraits que la gravure a reproduits sont extraits du Musée; enfin, les ornements du texte sont empruntés à la décoration des galeries et des jardins.

.Ornement tiré des grands appartements de Louis XiV-

lii'e (lu platbiid de la yalerie de Louis XIV.

Oniement

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