PREFACE D
Mignonne est le plus gros morceau du livre. Mais qu'importe? Un quatrain suffit à révéler un poète. Or, ce sont des vers de poète que ces versiculets : Le Vagabond :
Sous la neige, sous la tempête,
Vagabond, j'erre dans Paris.
Le ventre creux, sans un taudis
Où pouvoir reposer ma tête. Je dois finir un jour, quand j'aurai bien souffert, Par une froide nuit sur quelque banc désert.
Le boutiquier, ouvrant sa porte,
Me voyant immobile et vert.
Dira : Que le diable l'emporte!
Venir crever là dans l'hiver I
N'est-ce pas que cela vous a, dans su sobriété, un accent net et cruel ?
La perche qu'on peut tendre, vous la
h PREFACE
devinez. Il s'agit d'arracher un rêveur à sa désespérance, de lui ouvrir un horizon. Le seul plaisir de voir ses vers imprimés et lus par un grand public lui donnera, j'en suis sûr, un regain de courage, comme un coup de vin au marcheur harassé.
Jean Richepin.
Jamais l'auteur n'est totalement séparable de ce qu'a conçu et engendré son cerveau, et même s'il s'agit des plus infimes besognes de la pensée, des plus banals poncifs, il est encore exact de dire avec M. Taine que « les œuvres d'esprit n'ont pas l'esprit seul pour père. L'homme entier contribue à les produire ; son caractère, son éducation et sa vie, son passé et son présent, ses passions et ses facul-
tés, ses vertus et ses vices, toutes les parties de son àme et de son action laissent leur trace dans ce qu'il pense et dans ce qu'il écrit ». Mais il est fort rare que l'auteur — et je n'ai plus maintenant en vue que l'art purement subjectif — soit < l'homme de son œuvre », c'est-à-dire qu'il y ait identité à peu près parfaite entre l'individu moral du créateur et la chose créée. Ce phénomène apparaît, au contraire, qu'entre ces deux termes il y a le plus souvent disparité, quelquefois radicale opposition. La cause de ces divergences, insignifiantes du reste quant à la valeur intrinsèque d'une œuvre, ne réside-t-elle point dans l'antagonisme constant chez l'artiste entre l'homme social et le rêveur dont il est fait — Cette dualité existe à peine chez Alfred Poussin. Jamais
la vie sociale ne le requiert, et, si ce n'est en une seule occurence, lors de la guerre de 1870, il s'en désintéresse absolument. Le rêveur absorbe l'homme, ceci tue cela : c'est un rêveur incurable, et seulement un rêveur. Agir lui demande de tels efforts qu'un unique petit livre est l'ouvrage de son entière existence. Or, indifférent au monde extérieur et au train des choses, ce perpétuel conte rnplatif.toujours sincère, naïf aussi, est bien, lui, l'homme de son œuvre. Ses Versiculets — tout un œuvre — sont le reflet, ou mieux la quintessence de sa vie — toute une vie.
Assez ordinaire est l'enfance d'Alfred Poussin, né le 1er avril 1834 à Crouttes (Orne), près Vimoutiers, dans une petite
propriété qu'on dénommait le Moulin- Fouleux. Il n'y demeura qu'un an, et fut emmené au Billot, village voisin, par son grand-père, qui l'éleva. Ses années de collège sont toutes incluses — à de négligeables variantes près — en ces quelques lignes d'Henri Beauclair, qui a créé d'après lui le Jean Picot de Ohé! V Artiste, son dernier roman :
« Le latin, le grec et l'histoire l'intéressèrent ; mais, bien qu'il eût une grande facilité, Jean ne put comprendre un théorème. Une discussion avec le professeur de mathématiques, qui l'avait traité d'àne, le dégoûta du lycée, et il déclara nettement que l'examen de grammaire, passé à la fin de sa quatrième, suffisant pour être officier de santé, il s'en tenait là. »
Et il partit pour Caen, où il comptait,
en même temps qu'il achèverait ses études, commencer sa médecine. Dès lors, affranchi de surveillance, absolument maître de soi, il lit, il flâne, travaille peu. rêvasse beaucoup. La petite cité normande l'ennuie cependant; il y étouffe ; un malètre lui vient de cette vie provinciale si bourgeoisement plate, si égale à elle-même si indifférente surtout au mouvement intellectuel et par trop incurieuse des choses de l'art. Et là-bas, tout là-bas, par delà des villes mornes ainsi que Caen, resplendit à son intime vision, dans une lumineuse atmosphère, Paris avec ses grands hommes. Il se présume un tempérament d'artiste, et son ambition déviée s'envole jusqu'au premier rêve de gloire : — Pourquoi pas ?...
Il obtint de quitter Caen, et un beau
matin débarqua dans ce Paris tant convoité. Il voulait être peintre. Gleyre le reçut parmi ses élèves, et, au bout de quelque temps, lui prédit qu'il deviendrait quelqu'un. Trois années il travailla — travaillotta plutôt — avec ce maître. Puis sa grand'mère malade et près de mourir, il fit un voyage au Billot, estimant y rester quinze jours : — il y resta quinze ans !...
Poussin est là tout entier. Que lui a-t-il manqué, en effet, pour faire surgir son nom, aussi bien que d'autres d'une organisation inférieure à la sienne ? — uniquement le défaut de constance dans la voie choisie. Le rêveur a nui à l'homme, à l'ouvrier, qui n'a plus trouvé dans sa volonté abolie la force des taches patientes. Le prime enthousiasme éteint de deux ou
trois plans de vie adoptés, il n'a pas su persévérer dans leur réalisation.
Ces quinze années de rural farniente vécues au Billot n'en sont pas moins les plus belles qu'il ait eues. Une nostalgie de la vie parisienne le mélancolise bien parfois, au milieu de la monotone paix des champs; mais il a vu Athènes, les grands hommes, les œuvres de génie dont parlent les livres ; il a traversé des milieux artistiques ; et son désir de retourner là-bas, doux et latent, est loin de cette ardeur enfiévrée qui le poussait vers l'inconnu, lorsqu'il n'avait jamais quitté le pays. De cette époque tranquille datent les premiers vers qu'il ait conservés — car combien d'autres volontairement détruits ! Il est heureux alors, vague et divague par la campagne normande, qu'il aime et sent
mieux après l'absence, et dont le grisent les efïluences épandues, comme grise le parfum de l'aimée. Seulement, il est si bien sous le charme, qu'il oublie de noter les plus exquises de ses sensations. Tant pis! Plus tard, dans Paris qui le reprendra fatalement, aura-t-il le loisir et saurat-il dire encore en toute leur fraîcheur ces sensations retrouvées ! Que lui réserve l'avenir"7... En attendant, les heures vont vite. Les versiculets de ce temps-là — les moins bons du livre assurément, à part la Jument morte, d'un intérêt tout spécial — se résument en deux ou trois tableautins gentiment brossés, et quelques fantaisies où n'apparaît pas encore la véritable originalité de l'auteur. Mais comment et pourquoi travailler, quand rien ne l'y oblige, dans cette campagne sereine,
NOTICE la
parmi cette apparente léthargie de choses si propice au rêve, si délétère, à l'action ? A peine la robe entraperçue de Lise le fouette assez pour qu'il fixe son émotion en une douzaine de vers naïfs et simplets :
Elle a passé, je l'ai revue.
Mais j'ai tremblé comme un enfant...
Car il aime, il aime en poète : d'un violent amour timidement celé. C'est le temps où il écrit à un ancien camarade de collège: « Toute invraisemblable qu'elle puisse te paraître, la chose est vraie, mon cher ami : je suis amoureux et je n'ose le lui dire. »
Ce n'est cependant point, comme il arrive d'ordinaire, par un chant d'amour qu'Alfred Poussin s'est révélé poète ; c'est
par un adieu apitoyé à Mignonne, une vieille jument qui vient de mourir :
Ton pauvre maître qui te pleure, Si tu le voyais, fait pitié.
Le deuil est dans la maison de cette fin de Mignonne, trop vieille pour le travail, et que son maître n'a jamais voulu conduire chez l'équarrisseur : il avait acheté pour elle un petit coin où vivre en paix en attendant la mort
Tu l'avais compris, pauvre bête, Et, s'il passait sur le chemin, Tu présentais la bonne tète, Et lui le flattait de la main.
Cette pièce si réellement émue, d'une pitié si sincère, vint à Poussin tout d'un
jet : il dit l'avoir écrite en quelques minutes. Présentée par M. François Coppée, elle valut à son auteur un prix de la Société protectrice des animaux.
Mais, hormis la Jument morte et deux ou trois autres piécettes,, toute la partie des Versiculets intitulée Au Village est inférieure, manque de caractère, On y sent seulement une nature endormie d'artiste dont Timagination vagabonde, un rêveur qui, en de fugaces réveils de son moi, a de l'inquiétude à l'âme :
Parfois une tritesse immense
S'abat sur moi...
Est-ce une maladie ou Lien suis-je en démence? Une minute après je saute de bonheur.
La guerre de 1870 secoua le nonchaloir d'Alfred Poussin :
Je m'avançais sans but, allant au gré du vent...
...Aujourd'hui, l'appel de ma patrie A remué mon cœur, el je réponds : Présent !
Il servit comme porte -drapeau, sans doute à cause de sa haute taille. Il rentra ensuite au pays. Mais, pendant la guerre, son grand-père était mort, lui laissant quelque bien. Trois années encore il demeura au Billot; puis, en 1873, le jour de la Toussaint, il revint à Paris, avec en poche le restant de son héritage : une vingtaine de mille francs.
C'est l'époque du café Tabourey, où l'accueillit un groupe de jeunes poètes dont quelques-uns sont célèbres aujour-
d'hui. Il y av;iit là Jean Richepin, Paul Bourget quelquefois, Maurice Bouchor, Raoul Ponchon, bien d'autres, — et aussi, dans un coin, à l'écart, cet étrange
Arthur Rimbaud, disparu tout à coup, si peu connu, et qui fut un précurseur.
Alfred Poussin, dans son oisiveté un peu mélancolique, est alors le plus heureux des hommes :
Couché sur des sommets comme un dieu qui Je regarde sans nulle envie [s'ennuie... Mes frères qui là-bas s'agitent...
Que n'a-t-il pu. hélas! y rester sur ces sommets d'où Ton entend gronder à ses pieds la vie brutale et implacable,, comme d'un lieu sur et où elle ne saurait vous atteindre on entend mugir une mer mau-
vaise! Mais, dès la fin de 181b, le petit héritage éparpillé, il y roule,, dans cette vie qui broie les trop faibles pour la lutte, et au commencement de 1876 il en touche le fond, si pullulant d'horribles choses. Alors, il peut dire avec Rutebeuf :
Que sont mi ami devenu...
Je cuit li vens les a osté ; L'amor est morte.
Seulement, Rutebeuf — avec combien de charme! — enveloppe de douce ironie son chagrin, qui transparait quand même, car on sent que son âme pleure ; tandis que Poussin constate son isolement d'une àme placide :
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...Le destin brisa ma coupe, Le diable prit ma femme en croupe, Un soir d'été.
Mes amis, effrayés sans doute, Ont disparu...
Il ne sait point gémir, et ce ne sont pas des plaintes que lui arrache sa longue misère, mais des cris :
Mieux vaudrait être mort...
Que de vivre déchu, quand on a de l'orgueil,
Couvert de ta livrée, ô lugubre misère !
Un de ses vers dit : « Je voudrais n'être pas né, » et il écrit dans ses notes : « Je regarde avec plaisir mes traits qui vieillissent. » On le trouve parfois rési-
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gué sous la vie inclémente, parfois abattu et réclamant la mort, parfois amèrement sarcastique, parfois révolté; mais stoïquement il dédaigne les lamentations sentimentales et d'apitoyer sur son sort à la favori de Gilbert et de Millevoye :
J'ai dans loule saison pour compagne assidue La très humble misère, et je ne m'en plains pas...
De même que, dans le bohème qui traîne par les rues sa vie misérable, on ne reconnaît guère le rêveur mi-paysan, micitadin, qui promenait jadis son indolence par les champs de Normandie, de même les versiculets de cette deuxième partie du livre différent des premiers. Dans Au Village, Poussin voit et sent, il est ému et naïf en notant la vision ou la sensation
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immédiate — car rarement il compose ; dans A Paris, il semble ne pins voir, ne pins sentir ; mais il pense, et il a perdu de l'émotion, aussi un peu de cette naïveté qu'on aime en lui. Ces dernières poésies tirent parfois de leur concision toute lapidaire une étrange force, et certains vers. Mus seulement une fois, sont inoubliables. Tel celui-ci, qui marque la détresse du bohème une nuit qu'il déambule dans Paris, sans argent et sans gite :
J'étais prisonnier dans la rue.
Il est d'ailleurs certain que, toujours heureux, Poussin n'eût été qu'un poète amateur; tandis que — les œuvres d'art ne se mesurant point à l'aune — la douleur en a fait mieux que cela:
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Chante, misère, et soufflez, bises !...
Notre âme a des notes exquises Quand nous pleurons de désespoir.
Il m'est arrivé d'entendre de jeunes gens, retranchés dans une esthétique trop exclusive, dénier à Poussin les qualités qui font le poète. A coup sûr. il rime aussi mal pour le moins qu'Alfred de Musset (pensée, année — austères, colères — oiseaux, repos); quelques-uns de ses vers, peu toutefois, sont des vers de romance ; de-ci de-là flottent sur sa poésie des vocables et des expressions surannées ; il ignore enfin cette technique savante avec quoi les jeunes d'aujourd'hui obtiennent de si merveilleux effets. Mais tout cela nullement ne prouve qu'il n'a pas un tempérament de poète. Et l'on peut
appliquer à la poésie ce que dit M. Taine à propos des styles : « La prétention de juger tous les styles par une seule règle est aussi énorme que le dessein de réduire tous les esprits à un seul moule.» Sans s'attarder à cette oiseuse question, n'est-il pas plus intéressant d'observer que, né à la vie littéraire en pleine ère parnassienne, mêlé ensuite à un groupe d'artistes qui raffinaient encore sur ceux du Parnasse, Alfred Poussin n'a subi aucune influence, a su demeurer lui-même?
Il a vécu parmi quatre ou cinq générations de poètes, a ouï discuter et a discuté autant d'esthétiques : il n'a pas varié cependant. Sa poésie, au milieu de tant de poésies compliquées, « scientifiques », est restée simple, rugueuse et naïve, trois caractères combinés qui la font originale
et défendent son auteur de ressembler à personne. Et être soi, en art, n'est-ce pas presque tout ?
Maintenant, puisqu'on a si souvent inédit de son indolence à produire, Alfred Poussin pouvait-il plus qu'il n'a donné ? Est-ce nonchalance, comme on l'insinue un peu bien à la légère, ou manque de pondération dans son organisation d'artiste ? — Théopile Gautier, parlant de la vocation littéraire, dit quelque part : « Le désir n'est pas la puissance,, l'amour n'est pas la possession. La foi ne suffît pas, il faut le don. En littérature comme en théologie, les œuvres ne sont rien sans la
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grâce. » C'est là une aveuglante vérité. Les exemples abondent de soi-disant artistes, même de ceux que l'opinion a sacrés maîtres, qui ne sont que de très habiles artisans, précisément parce qu'ils n'ont pas le don. Mais le don — et Poussin, lui, est incontestablement doué — n'est rien lui-même isolément. Usera utile, sinon indispensable, au dilettante ; mais il ne fera pas un producteur , s'il n'est allié à la puissance de travail, et surtout à cette volonté patiente, soutenue, infrangible, dont sont incapables la plupart des hommes. On ne sait pas assez combien il faut de vrai vouloir à l'artiste pour produire, pour s'arracher à la douceur de rêver, étreindre le rêve et en pétrir — ce qui est une jouissance, mais une plus grande douleur — une chose définie, sensible, palpable : l'œuvre.
Or, celui qui, dans quelques feuillets épars de notes qui sont comme des pages de sa conscience même, a écrit cette phrase : « Je n'aime pas qu'on me dérange lorsque je ne fais rien, » et qui s'est écrié sincèrement :
Je hais l'activité qui détourne du rêve...
avait-il la faculté, celui-là, de prendre le bat du producteur ? Chez Poussin,, je le répète, le rêveur amoindrit l'homme, anéantit l'ouvrier :
Le rêve est un abime, et le poète y plonge Sans trêve, jour et nuit, ivre de l'inconnu...
Plus d'un cœur ingénu
S'est jeté dans ce goulïre, et n'est pas revenu.
Pourtant, à de certaines heures, il s'émeut de l'ininterrompu bombillement de
ruche qu'il perçoit, et c'est comme une honte de son inertie qui lui met une rougeur au front :
Je voudrais. la tète haute, Marcher vers un but tracé.
Ce but, l'entrevoit-il ? Oui, mais la route est si longue ! Il la contemple de loin, anxieux, prêta partir; puis il en détourne ses regards découragés, avec un soupir abattu où passe un incertain « plus tard ». Seulement, plus tard, lorsqu'il cherche le point radieux au bout de l'interminable chemin, il ne l'aperçoit plus même. Alors, il souffre, il prie :
Seigneur, éclairez ma pensée Et donnez un but à mes pas.
Chacun a sa route tracée :
Je ne l'ai pas 1
Et les années s'entassent, et il est las de rouler par la vie son existence désorientée :
Dans ce vieux inonde où je demeure...
Humilié, souvent je pleure,
El malgré moi j'en veux à Dieu.
Un jour de révolte, sans doute contre d'amicales remontrances, il jette fièrement :
Changer je puis.
Mais point ne daigne 1
Le peut-il vraiment ? Mais pourquoi donc, parmi ses notules, cette mélancolique phrase, qui en dit si long dans sou laconisme : « Qui va droit est adroit?... »
Enfin, sa désespérance de jamais tou-
Cher le sol de la Chanaan plusieurs fois entrevue murmure en ce distique, si poignant de tristesse apaisée :
J'ai vu s'envoler en chemin Tous les beaux rêves de ma vie...
Il semble donc y avoir chez Poussin déséquilibre entre la puissance créatrice et la force de réaliser. Sans doute, il a eu ses heures d'énergie, pendant lesquelles était possible et moins pénible l'effort d'agir. En profiter eût été sagesse. Mais n'entendait-il pas alors, comme tant d'autres, la Voix que dit Baudelaire, cette voix tentatrice qui susurre si doucement à l'oreille du rêveur :
Garde tes songes,