TRAITEMENT
Traitement.
Il est tout d'abord appliqué à la susceptibilité nerveuse, à Y excitabilité réactionnelle et à Y irradiabilité iniernucléaire, en un mot, à la propagation des troubles irradiés. La médication bromurée tient ici la première place parmi toutes celles qui peuvent diminuer la réceptivité des organes centraux sensoriels, et dont nous ne ferons pas rémunération, chaque jour plus longue.
Puis il faut naturellement traiter la cause locale et la cause générale. Nous ne pouvons pas davantage entrer dans le détail de cette thérapeutique si variée. Le traitement de la cause locale appartiendra le plus souvent au spécialiste dans les cas de vertiges rétinien, oculomoteur, nasal, dentaire, guttural, laryngé et labyrinthique ; dans d'autres cas, le traitement sera chirurgical, rarement médical. Le traitement de la cause générale sera, au contraire, le plus souvent médical, pour les névroses, les intoxications, les diathèses, les fièvres, les infections, etc.
Beaucoup de vertigineux éprouveront un grand soulagement par la cure lactée, surtout s'ils évitent la constipation, et ce simple traitement nous a souvent permis de soulager totalement des malades avant toute intervention locale, même formellement indiquée par de grosses lésions auriculaires. Ce traitement est en même temps préventif et convient à un grand nombre de variétés de vertige. Il doit toujours, selon nous, être entrepris avant l'emploi du sulfate de quinine, du salicylate de soude et de l'antipyrine, que beaucoup de malades redoutent également. On évitera ainsi l'ischémie des papilles périphériques et l'audition reviendra, le plus souvent, à mesure que le bourdonnement et le vertige disparaîtront. La médication courante au sulfate de quinine sacrifie, dans bien des cas, l'audition, et d'une façon définitive. Elle est néanmoins excellente dans certains cas, mais il sera temps de la mettre
LES VERTIGES
en pratique quand d'autres méthodes, moins dangereuses, auront été inutilement essayées. La strychnine, que préconisait Trousseau pour le vertige stomacal, ne sera employée que quand le vertige sera réellement stomacal, car l'irritabilité bulbaire et médullaire s'en trouve accrue. Enfin, quel que soit le médicament employé, belladone ou digitale, strychnine ou opium, il ne faut pas oublier, non plus d'ailleurs que pour l'hydrothérapie, que les vertigineux sont souvent des néphrasthéniques et que le vertige est presque un signe d'insuffisance rénale, tant il s'associe fréquemment aux autres signes de cette affection ; et l'on doit s'attendre à voir rapidement survenir l'intolérance, sinon pis. Le traitement spécial du mal de mer variera avec les individus. Néanmoins, il sera bon pour chacun de réduire au minimum les mouvements passifs, et de fixer le plus' possible l'attention sensorielle et psychique sur certains repères objectifs. Il sera également bon d'amortir l'irritabilité bulbaire et viscérale, et d'exercer une dérivation sur la suractivité fonctionnelle du labyrinthe, soit par l'absorption de boissons très chaudes, soit par une irritation externe de la région auriculaire. Le traitement palliatif sera purement symptomatique et l'instinct est encore le meilleur guide.
28 309. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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