‹ Vertus et doctrine spirituelle de Saint Vincent de PaulChapitre 36 sur 61 · D'AUTRES SUEURS · texte numérisé non relu

D'AUTRES SUEURS

t Enfin voici le temps que la divine Providence a choisi pour le départ de nos Sœurs que nous laissons partir avec douleur, nous séparant d'elles; et avec joie, pour l'assurance que nous avons qu'elles vont faire la volonté de Dieu et s'unir avec

roospoor l'accomplissement do ses desseins dans le royaume de Pologne. 0 mes chères Sœurs, qu'ils sont de grande importance ! Je supplie la bonté* de Dieu de vous le faire connaître, [n'assurant que celte connaissance opérera en vous une grande humilité et confusion de vous voir choisies pour un tel emploi, et vous donnera la volonté de ne vous en rendre point indignes. Et comment ferez-vous pour cela, mes chères Sœ:: moi avec vous ? C'est qu'il faut que nous lassions entièrement mourir nos passions et nos inclinations par la mortification de nos sens ; et aussi que nos cœurs en soient vides pour être remplis d'amour par la grâce de Dieu, en sorte que sa bonté puisse avoir agréable le sacrilice de vous-mêmes que vous offrez souvent à sa Majesté, et les services que vous rendez aux pauvres en la manière que la reine vous ordonne. Ma sœur Marguerite vous dira à ce sujet tout ce que M. notre très-honoré Père lui aura ordonné. Mes chères Sœurs, vous m'avez toujours mandé que vous n'étiez qu'un cœur en vos trois personnes au nom et en l'honneur de la très-sainte Trinité : je vous prie de l'élargir, et que nos trois autres Sœurs entrent dans cette cordiale union, de telle sorte qu'il ne paraisse point de trois premières et de trois dernières. Je vous assure qu'elles vont dans cette pure disposition de toujours plaire a Dieu, sans attachement à leurs intérêts, non pas même à leur propre salisfaction. Ce n'est pas, mes chères Sœurs, que la nature ne fournisse quelquefois, même aux plus parfaits, des occasions de combattre ; mais vous savez que c'est l'épreuve de la lidc* lité des âmes qui veulent être à Dieu. Ne vous en étonnez pas, mes chères Sœurs ; c'est alors que nos esprits se doivent plus généreusement élever, pour, malgré la nature, faire des pratiques de saintes vertus par des humiliations, et, par là, donner des marques que l'on veut être véritablement chrétiennes, honorant Jésus-Christ par la pratique des vertus que sa sainte humanité nous a enseignées elle-même. Voulez-vous bien, mes chères Sœurs, que je vous prie d'une chose qui me semble nécessaire ? C'est que vous ne parliez jamais polonais ensemble, sans faire entendre à nos Sœurs ce que vous dites : cela les aidera à apprendre plus tôt la langue, et empêchera d'autrei inconvénieuts qui pourraient arriver si vous faisiez autrement.

Il me semble que je ne saurais assez me réjouir de l'union que je crois qui sera entre vous en paroles, en actions, etc. Ce qui en paraîtra édifiera la famille au dedans, et, au dehors, ceux qui en seront les témoins. Qu'il n'y ait point de secrets entre vous six, mes chères Sœurs, et que tout soit secret de ce qui se passera dans votre maison pour le dehors. Cela étant ainsi, que de bien à espérer !

t Je supplie la bonté de Notre-Seigneur de vous donner desbénédictions abondantes pour tout ce qu'il demande de vous, e'i je suis eu son amour, etc. »

vni

Page 1