‹ Veuve et garçon, comédie-vaudeville en un acteChapitre 22 sur 22 · SCÈNE XXII · texte numérisé non relu

SCÈNE XXII

Les Précédens, RIANCOURT, MATHILDE.

RIaNCOURT.

On ne lés rejoindra pas à. . . ( les apercevant. ) Ciel! que vois-je ?

CLÉMENTINE

C'est moi , mon oncle. . .

— MATHILDE

Ce sont eux! c'était donc une plaisanterie ? Verne et Garçon.

RIANNOURT.

b Apparemment.. . . maïs une plaisanterie qui ne fera pas rire tout le monde; je ne veux même pas savoir dans quel but elle a. été faite... car moi et ma nièce, nous repartons à l'instant.

PAUL

Pas encore, s'il vous plaît, vous ne nous quitterez pas avant de m'avoir entendu.

Mon oncle !

RIANCOURT.

Silence, petite sotte ! {à Paul.) Parlez donc , monsieur... et sans détour . . . car on sait que madame ne vous est pas étrangère.

PAUL, à Malhilde.

Vous m'avez donc ressuscité ?

clémentine, à part.

Que veut-il dire ? ■ *

PAUL

J'ai gagné mon pari , puisque Ton sait que vous êtes ma femme.

CLÉMENTINE

Sa femme ! eh! de qui parlez-vous ?

MATHILDE

De moi. ^

CLÉMENTINE

Vous sa femme , et moi que serais-je donc ?

PAUL

Celle de M. de Valmont. Veuillez me pardonner, ainsi que Mathilde et M. de Riancourt, la petite leçon que je vous ai donnée... Tout en me promettant d'en faire votre profit (à Mathilde), madame, puisqu'il faut commencer par vous, vous m'aviez gratuitement destitué du titre de votre époux. Je feins d'enlever une jeune personne, le tout dans les intentions les plus innocentes... Par jalousie alors, ou

tout autr« sentiment, vous faîtes l'effort de me rappeler à la vie , en me rendant la dignité conjugale... J'en suis fort reconnaissant, en vérité... {A Riancourt) Vous, monsieur , qui teniez à honneur de ne pas déroger à vos préceptes, qui supposiez le cœur d'une jeune personne de seize ans semblable à celui d'un oncle de quarante-cinq , qui faisiez votre gloire de la retenue , de la soumission , des principes de votre nièce...

RIANCOURT.

Je n'ai que faire de vos conseils ; mademoiselle paiera cher une telle équipée...

PAUL

Oh! des moyens extrêmes ; gardez-vous-en bien.

MATHILDE

Croyez-m'en , M. de Riancourt , dans tout ceci il y a moins de mal que nous ne l'avions pensé. Vous savez que je suis mariée ; conséquemment vous ne pouvez plus prétendre à ma main... mais nous serons toujours amis... Je ne pourrais peut-être pas vous en dire autant si vous m'épousiez,

RIANCOURT.

Oui, tout bien considéré, je vois que c'est le plus sage parti... allons écrire à M. de Valmont que je consens à tout, et le plus tôt sera le mieux...

CLEMENTINE.

Vous ne badinez pas, mon oncle...

RIANCOURT.

Non, mademoiselle, vous m'en avez ôté l'envie.

PAUL, à Maihilde.

Puisque nous sommes en train de bien faire , aimonsnous encore , et qu'un traité d'union soit signé entre nous...

MATHILDE

Malgré vos torts?

PAUL

Ne revenons pas sur ce chapitre, de pari el d'autre il y aurait compensation.

FJANCOURT.

Air : Vaud. du Mariage à la turque.

En ménage il faut , selon moi ,

Toujours agir de confiance ;

C'est le meilleur moyen, je croi,

De vivre en bonne intelligence.

Lorsqu'une femme, à son époux ,

J ure fidélité constance ,

S'il devient soupçonneux , jaloux ,

Souvent il arrive entre nous,

Qu'un tiers est dans la confidence, (bis.)

CLÉMENTINE

On me fit toujours ignorer Ce que je désirais apprendre; Mais enfin je vais pénétrer Ce que je ne pouvais comprendre.

A seize ans, c'est un grand défaut Que de vivre en cette ignorance ; Mais, grâce à mon mari, bientôt (bis.) Je serai dans la confidence.

PAUL

Lorsqu'on dira que mon pays N'est pas le pays de la gloire, A ces détracteurs ennemis Je veux opposer notre histoire.

Ils verront, en cent, lieux divers, Que pour attester leur vaillance , Toujours grands après un revers , Nos Français ont mis Fpnivers (bisj Tout entier dans leur confidence.

MATHILDE , COI Public.

C'est dans ce moment que Tau leur Sent que sa force l'abandonne ; S'il mérita votre rigueur , Veuillez n'en rien dire a personne.

Mais si vous goûtez ses travaux , Bien loin de garder le silence , Veuillez , Messieurs i par des bravos , Le mettre dans la confidence.

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