‹ Veuve et garçon, comédie-vaudeville en un acteChapitre 8 sur 22 · SCENE VII · texte numérisé non relu

SCENE VII

PAUL, CLÉMENTINE, accourant CLÉMENTINE.

Mon oncle ! mon oncle ! le beau papillon ! PAUL , allant au-devant d'elle.

Mademoiselle ?

Ah! mon dieu!.., je croyais mon oncle en ces lieux. . . Je me retire.

PAUL

Vous ferais-je fuir, mademoiselle F (à part) Allons... les représailles

CLÉMENTINE

Oh, non , monsieur; mais vous ne vous occupez pas d'histoire naturelle, et ce papillon . . .

PAUL

Je vous demande pardon ; je suis un admirateur passionné de la nature, surtout quand elle offre à mes regards des objets aussi séduisans que ceux que je vois en ce moment,

CLÉMENTINE, à part.

Comme il me regarde en disant cela! ( haut. ) Eh bien ! admirez donc cet insecte... qu'il est beau.,, c'est le corésalucis.

Ordinairement j'ai bien de la peine à attraper ceux dont il orne son cabinet de travail ... il me faut courir des heures entières.

Air de V Angélus. (Romagne'si.)

Mais ce papillon , sans effroi , Semblait m'inviter à le prendre; Même il vint se fixer sur moi.

TAUL.

Ceci ne doit pas vous surprendre , (bis*) x Je conçois fort bien son erreur :

Voulez-vous en savoir la cause?

Il cherchait la plus belle fleur , Et vint se poser sur la rose.

(A part.) Cela n'est pas neuf,., mais le sentiment en province... c'est de première nécessité.

CLÉMENTINE, à part.

Qu'il est aimable! (haut.) Vous me voyez toute confuse... je ne mérite pas de tels complimens. . . vous me faites rougir.

PAUL, à part.

Quelle candeur! Elle rougit en effet... (haut) Aimable Clémentine , pouvez -vous être embarrassée à ce point? Hélas! trop souvent peut-être vous avez entendu de semblables aveux...

CLÉMENTINE

Je ne vous comprends pas, monsieur.

PAUL

Comment se pourrait-il qu'un être aussi accompli que vous n'eût pas entendu bourdonner autour de lui un essaim d'adorateurs... que tant d'attraits! de charmes! (à part.) Ah ! je n'achèverai jamais ma périphrase.

CLÉMENTINE

Je vous le répète, tout ce que vous me dites est inintelligible.

PAUL, à part

C'était bien la peine de me donner tant de mal... Cela ne^m'étonne pas , pourtant , je ne me comprends pas moimême.- (haut) Voici le fait en trois mots... Je vous ai vue ce matin... en ce moment je vous adore, et ce soir j'en perdrai la tête.

CLÉMENTINE, naïvement

En vérité ?

(aa)

PAUL, à part.

Ah! c'est trop fort... quelle innocence! (haut.) Vous ne m'en voulez pas ?

CLÉMENTINE

Pas du tout... Il y a un instant je ne pouvais vous comprendre ; vous parlez maintenant avec plus de clarté , et ce que vous me dites n'est pas de nature àm'irriter contre vous. Bien au contraire. . .

PAUL

Comment vous consentiriez à me donner quelque espoir ?

CLÉMENTINE

Mais . . . oui.

PAUL

Je croyais votre cœur engagé... Ce jeune homme qui demandait votre main . .

CLÉMENTINE

Je ne l'ai jamais vu. . .

PAUL

Et vous sembliez si triste ce matin , du refus de votre oncle.

CLÉMENTINE

C'est un mari que je pleurais, et non pas celui qui devait l'être.

Air : Mais dites-moi , ma chère. (De l'Artiste.)

Ah ! dites-moi , de grâce , Il vous est donc égal De m'aimer à sa place?

CLÉMENTINE

Je n'y vois aucun mal ; "Ne préférant personne ,

Peu m'importe, je croi,

Quel époux Ton me donne. )

PAUL , à part. ) bis.

C'est bien flatteur pour moi. )

PAUL, continuant.

Mais ne craignez-vous pas ?

CLÉMENTINE

Je ne crains qu'une chose , c'est l'obstination de moa oncle . . .

# PATJfc.

Nous le fléchirons, je connais un moyen.

CLÉMENTINE

Lequel, dîtes vite, vite.

PAUL

Celui d'obtenir l'intervention d'une personne qui l'intéresse beaucoup.

CLÉMENTINE

De qui donc ?

De madame de Neuville.

CLÉMENTINE

De Mathilde ... ah ! certainement elle ne s'y refusera pas ; elle m'aime tant. . . elle vous aime aussi beoucoup...

PAUL

Vous croyez ...

CLÉMENTINE

Tout à 1'beure , elle me faisait l'éloge de vos qualités*

paul s à paru Ma femme dissimule à ravir.

CLÉMENTINE

Je vais de ce pas lui en parler.

PAUL

Dites lui bien que je lui aurai une grande obligation,^ elle veut se charger de mon établissement. . . dites que je vous adore. ( Fausse sortie. )

CLÉMENTINE

Faudra-t-il dire que je vous aime aussi.

PAUL

Oui, cela ne peut pas faire de mal,

CLÉMENTINE

Air : Il faut quitter ce village, (de Léonidc.

Mais je la vois qui s'avance, J'essaierai de l'attendrir ; Et je forme l'espérance Du plus heureux avenir.

Mathilde est bonne et sensible, Et dans ce jour , je crois bien , Qu'elle ferait l'impossible , Pour former ce doux lien.

Ensemble .

CLÉMENTINE

Oui , je la vois qui s'avaaw , J'essaierai , etc.

PAUL

Mais je la vois qui s'avance, Essayez de l'attendrir ; Tous deux gardons l'espérance Du plus heureux avenir.

// sort.

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