DES SOURCES
Grand-Bassin des bains.
Puits Chomel Grande-Grille Acacias
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Gélestins. 0. La
La colonne 4 est celle des températures déterminées par Lassonne, le 10 juillet 1750. La colonne 2, celle des températures déterminées par M. Desbret , le 27 août 1777.
La colonne €; celle des températures obtenues par MM. Berthier et Puvis, le 3 juin 1820. Enfin , la colonne D est celle des tempéra-
(62) tures observées par M. Longchamp pendant son séjour à Vichy , à peu ar à la même époque.
Toutes ces températurés ont été ramenées, par M. Longchamp , à l'échelle du thermomètre centigrade. On croit apercevoir à l'inspection de ce tableau , une diminution dans la chaleur de ces sources ; nous verrons dans un des chapitres suivants , si la chose est vraisemblable. Ce qu’il y a de certain, c’est qu'il peut y avoir de grandes causes d'erreur dans la manière de prendre cette température ; car elle peut être prise dans le bassin même, ou dans le fond de celui- -ci , au jet de la source, et il faudrait encore, pour que lesexpériences fussent comparatives, qu’elles fussent faites par les mêmes personnes, avec les mêmes instruments et sous les mêmes circonstances.
Si toutes Les eaux de Vichy étaient réunies
. dans un même bassin, il est probable que , malgré toutes les pertes inévitables de chaleur, la masse aurait encore une température de plus de 40 degrés centigrades. Or, s’il falfait chauffer à ce degré une masse d’eau aussi considérable, on consommerait par jour envirOn 2,000 kilogrammes de charbon de bois, où 2,900 kilogr. de houille d'Auvergne, ou 4,700 kil. de bois ordinaire contenant 20 pour
(65) cent d’eau. Que l’on multiplie maintenant ces quantités par 565, nombre de jours de l’année , et l’on sera étonné de la masse de combustibles qu’il faudrait employer pour obtenir untel résultat.
En évaluant le charbon de bois à 5 centimes le kilo seulement , on trouve que la dépense annuelle en combustibles serait d’environ 36,000 francs.
Telle est donc la rente que la nature paye
tous les ans au gouvernement français, propriétaire actuel des sources de Vichy, qui, de son côté, a fait sa mise de fonds, en fondant l'établissement thermal. De ce double placement résulte la rente annuelle que payent les fermiers, et qui, dans ce moment, est portée à un taux très-élevé. Le prix des bainset des douches est une conséquence nécessaire de ce système financier, et en considérant comme centimes additionnels les dépenses d'hôtels, de voyage, de guides, etc. ; en y joignant les honoraires de MM. les docteurs, et l'argent que laissent aussi les curieux qui, comme nous, viennent voir pour leur bon plaisir, etretournentsans avoir pris une goutte d’eau, on voit que Vichy est le centre d'un maniement de fonds assez considérable,
| (64) Composition des eaux de Pichy.
Si la température a une grande part dans l’action des eaux de Vichy sur nos organes , et par conséquent dans leur réputation , elle n’est pas la seule cause de l'impression qu'elles produisent sur nos sens. Elles contiennent un grand nombre de substances que les chimistes ont séparées, et que l’on connaît maintenant très-bien, grâce à leurs savants travaux.
Ce qui frappe le plus les personnes qui visitent pour la première fois des eaux thermales ,. c’est le bouillonnement que l’on observe à la surface des bassins qui Les contiennent, au point qu'on l’attribue d'abord à une vive ébullition, et l'on croit l’eau beaucoup plus chaude qu’elle n’est ordinairement.
Cet effet est dû aux gaz qui perdant à leur sortie la compression qui était exercée sur eux dans le sein de la terre, se dégagent et. se répandent dans Fair : ils sortent d’autant plus vite que l’eau est plus chaude, ce qui explique très-bien le dégagement considérable que l’on voit à Vichy dans la plupart des sources , tandis que celle des Célestins, qui est moins chaude que les autres, laisse échapper seulement quelques bulles de gaz.
Dans la plupart des sources, ce gaz est de
(6) l'acide carbonique ; dans celles qui nous occupent , il contient en outre une certaine quantité d’air atmosphérique, ou plutôt un mélange d’azote et d’oxigène, dans des proportions telles que ce dernier corps s’y trouve en quantité plus grande que dans l'air.
Toutes ces eaux sont limpides, incolores, lorsqu'elles sortent de terre ; mais elles ne tardent pas à prendre une légère teinte verdâtre, quinedevient sensible que lorsqu'elles sont en grande masse, comme dans le bassin de la source de l'Hôpital. Cetie teinte parait due à une matière verte organique , que l’on voit souvent floiter à la surface de 14 source de l'Hôpital, et qui colore aussi parfois les bords du bassin de la Grande-Crille et du petit puits Chomel. Cette matière se dissout dans l’eau, puis finit par se déposer sous forme de dépôt couleur d’ocre ; elle entraîne une certaine quantité de carbonate de chaux.
On ignore encore quelle est la proportion de gaz dégagée comparativement au volume de l’eau ; mais quoique l’on ait assuré qu’à la Grande-Grille, par exemple, il sortait plus de gaz que de liquide, je n’en reste pas moins convaincu qu'il en sort beaucoup moins, et je suis surtout fondé à le penser pour le grand puits Carré : il s’en faut de beaucoup
(66 ) que le volume du gaz égale celui de l'eau.
De ee même gaz qui s'échappe en partie lors de l’arrivée de L'eau à la surface dusol, il en reste une portion à l’état de dissolution, portion que l'on peutapprécier par l'analyse, et dont nous donnerons bientôt la quantité.
Cet acide carbonique a sur l’économie animale une action dont nous parlerons un peu plus loin.
Les eaux contiennent en outre un certain nombre de sels ou d’autres substances plus ou moins actives, dont les quantités ont été appréciées avec beaucoup de soin.
Les procédés, au moyen desquels on parvient à connaitre et à isoler les différents principes qui composent une eau minérale, appartiennent à la partie la plus délicate de la chimie , à l'analyse.
Rien n'est plus intéressant que de suivre un chimiste dans toutes ces opérations; mais il fautpréalablementavoiracquisles connaissances nécessaires pour le suivre avec fruit. Ces procédés exigent non-seulement beaucoup de science , de patience et de conscience ; maisil faut encore de l'adresse pour les exécuter , et une profonde attention pour suivre tous les détails qui se présentent, pour saisir l’indicauion des faits nouveaux qu’on ne fait qu’entre-
voir, et qu'il faut étudier ensuite et retourner sous toutes leurs faces. On conçoitque la relation d’un tel.travail ne peut trouver place dans cet ouvrage : je me contenterai d'indiquer dans Le tableau suivant les résultats qu’a obtenus M. Longchamp , et j'engagerai les personnes qui s'occupent de chimie, et toutes celles qui désirent acquérir des connaissances sur l’analyse et la composition des eaux de Vichy , à les chercher dans les mémoires de M. Darcet, dans ceux de MM. Berthier et Puvis, et principalement dans l'analyse du savant chimiste auquel est dû le tableau cijoint.