SCENE VII CIUfFINI, LUCRE2IA
LuCREZlA. — Ma mère, en somme, est à mille lieues de te soupçonner : j'ai pensé et repensé à notre affaire ; crois-m'en; je ne vois d'autre moyen pour nous aimer que ce mariage.
CiuFFiNi. — Tout, oui, tout, excepté cela... Tu me désespères et je vais faire quelque folie, si tu épouses Prospero.
LuCREZiA. — Eh bien, rassure-toi ; je ne l'épouserai pas.
CiUFFiNi. — Mais tu as donné ta parole.
LuCREZiA. — N'y pense plus...
CiuFFiNi. — Je t'en conjure...
LuCREziA. — C'est juré.
[Lucrezia ne manque point à sa promesse. Prospero vient l'instant d'après, plus amoareux que jamais. Lucrezia l'accueille froidement, le rudoie et lui dit nettement que tout est rompu. Le père Benintendi et l'un de ses amis consolent le jeune homme et finissent par lui faire voir clair dans le jeu de son ex-fiancée. Quant à Lucrezia, elle accepte de devenir la femme d'un vieux monsieur du nom de Fabrizio Stomaconi, qui est fort laid mais fort riche. Ou ré lige le contrat et on en donne lecture. Voici la scène du contrat :]