‹ Victor HugoChapitre 50 sur 51 · II · texte numérisé non relu

II

Qu’on mette mon roi mort dans une bière nue’.

Tandis qu'au loin la foule emplit Pair de ses cris. L'auguste Piété, servante des proscrits,

Qui les ensevelit dans sa plus blanche toile.

N’aura pas, dans la nuit que son regard étoile. Demandé vainement à ma pensée en deuil Un lambeau de velours pour couvrir ce cercueil!

M. Victor Hugo était donc libre du dernier lien qui l’attachât à la monarchie tombée : le souvenir d’une pension balancée, d’ailleurs, par la confiscation d’un drame. Il était maître de suivre sa conviction, qui, elle, s’était détachée des Bourbons avant leur chute.

11 y avait deux tribunes : celle des députés et celle des pairs. Député, il ne pouvait l’élre : la loi électorale d’alors était faite pour de plus riches que lui; Notre-Dame de Paris et les Feuilles d’ Automne n’équivalaient pas à une terre ou à une maison. 11 y avait bien un moyen de tricher la loi, assez usité, si l’on avait un ami propriétaire ; il vous prêtait sa maison. Mais, quand M. Victor Hugo eût emprunté la maison d’un ami, les électeurs du cens étaient peu sympathiques aux littérateurs ; les écrivains étaient pour eux des rêveurs bons à les amuser flans les intervalles de leurs affaires sérieuses, mais, du moment qu'ôn était un penseur, et surtout un poêle, on devenait radicalement incapable «le bon

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