‹ Victor Hugo après 1830 (volume 3)Chapitre 75 sur 159 · Actes et Paroles, introduction, p. XXVI · texte numérisé non relu

Actes et Paroles, introduction, p. XXVI

grès, et qui comptait parmi ses membres MM. de Montalembert, La Rochejacquelein, de Vog-ïié, Vivien, de Falloux, marchait d'accord avec le g-énéral Cavaig-nac : en l'aii'c partie ne marquait donc point que l'on se séparât des vainqueurs. Victor Hug-o s'en séparait si peu à ce moment c[u'il traçait lui-même en ces termes le pi'ogramme de la réunion :

L'Assemblée nationale est animée des intentions les plus patrioticiues ; elle veut punir les vrais coupables et amender les égarés : mais elle ne veut rien au delà de la sévérité strictement nécessaire Cette réunion ne se compose encore que de

membres qui se sont spontanément rapprochés et qui appartiennent à toutes les opinions représentées dans l'Assemblée... Son premier soin serait de visiter les forts, en ayant soin de ne s'immiscer dans aucune des attributions du pouvoir Judiciaire ou du pouvoir administratif. Elle se préoccuperait de tout ce qui peut, sans désarmer, bien entendu, ni énerver l'action de la loi, adoucir la situation des prisonniers et le sort de leurs familles ^

Bien loin qu'il se soit élevé contre la violence soldatesque, Victor Hugo a pris la défen.se de l'armée et demandé pour ses chefs une récompense nationale. Il faisait partie du comité de l'intérieur; un jour c|ue le ministre, M. Senard, s'y était rendu, il lui demanda pourquoi le Gouvernement mettait en oubli les familles des généraux de Bréa, de Bourgon et Renaud, alors que des pensions avaient été accordées aux familles des g-énéraux Négrier et Damesme. « Il défendit énerg-iquement les droits de l'armée dans la personne de ses généraux tombés, comme l'archevêque de Paris, victimes de la plus sainte cause. Il insista vivement pour qu'une récom-

1. L'Opinion publique du 13 août 184S. — La Presse du liaoùt. - .ivaiit l'exil, p. 44'J.

L'ASSEMBLEE CONSTITUANTE 12i>

pense nationale, qui honorerait l'armée tout entière, fût accordée à leur famille ^. »

A-t-il du moins combattu l'éfal de sièf/eef les conseils de (/lierre? Dans le premier volume d'Actes et paroles, il a un chapitre intitulé : Conseils de guerre. — Etcit de siège. On y lit ce qui suit :

Tanl que dura l'élut de siège, et ci quelque époque c/ue ce fût, M. Victor Hugo regarda comme de son devoir de lui résister sous quelque forme qu'il se présentât. Un jour, le 28 septembre i848, il reçut, en 'pleine séance de l'Assemblée constituante, un ordre de comparution comme témoin devant un conseil de g'uerre... C'était l'état de sièg'e pénétrant jusque dans l'Assemblée. M. Hu<^-o refusa d'obéir à ce qu'il appela, le lendemain même, en présence du conseil, cette étrange intimation... Deux heures plus tard, nouvelle injonction de comparaître apportée par un gendarme dans l'enceinte même de l'Assemblée. Nouveau refus de M. Victor Hug-o. Dans la soirée, une prière de venir déposer comme témoin lui est transmise de la part des accusés eux-mêmes. Après avoir constaté son refus au tribunal militaire, M. Victor Hugo se rendit au désir des accusés et comparut, le lendemain, devant le Jconseil ; mais il commença par protester contre l'empiétement que l'état de siège s'était permis sur l'inviolabilité du représentant '.

Les choses ne se sont point passées tout à fait ainsi. Pas un seul instant, Victor Hugo n'a protesté contre Vétat de siège et contre la juridiction des conseils de guerre. Lorsqu'il reçut pour la première fois la cédule de comparution, il adressa au commissaire du gouvernement, M. d'Hennezel, la lettre suivante, — qu'il a eu bien soin de ne pas reproduire :

Monsieur le Commissaire, ,fe ferai mon possible, mais je ne puis répondre de me pré-

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