PRÉFACE
Q Saînte-Beuve, à ses débuts, écrivait en tête d'un article sur Pierre Corneille^ daté de 1828 :
En fait de critique et d'histoire littéraire, il n'est point, ce me sem))le, de lecture plus récréante, plus délectable, et à la fois plus féconde en enseignements de toute espèce, que les biographies des grands hommes : non pas ces biographies minces et séchas, ces notices exiguës et précieuses, où l'écrivain a la pensée de briller, et dont chaque paragraphe est effilé en épigramme ; mais de larges, copieuses, et parfois même diffuses histoires de l'homme et de ses œuvres *,
Quarante ans plus tard, dans une lettre écrite à l'occasion de son livre sur Chateaubriand et , son groupe littéraire sous l'Empire^Sainie-Beuve disait encore :
Ne pensez-vous pas que si, par la même méthode, sans plus d'art, mais avec la même impartialité, on bâtissait sur chacun de nos grands auteurs : Lamartine, Lamennais, Hugo, George Sand, etc., deux volumes (deux volumes sur chacun) ainsi farcis et composés de détails biographiques, jugements, analyses, fragments de lettres, témoignages pour et contre, anec-