LE ROI, LA REINE, INEZ, LES ENFANTS
LA REINE
Seigneur, pour éclaircir vos doutes, interrogez ma fille d'honneur.
LE ROI
Dona Inez de Castro, est-il vrai que vous soyez la mère de ces enfants ?
INEZ, pressant dans ses bras ses enfants effrayés.
Vous le voyez, seigneur.
LE ROI
Dona Inez de Castro, est-il vrai que don Pèdre de Portugal soit le père de ces enfants?
INEZ
Demandez -le -lui, seigneur.
LE ROI
Répondez.
INEZ
Je ne puis répondre à cette question. Que Votre Majesté prenne ma vie.
LA REINE
Seigneur, que voulez-vous de plus? Toutes ces réticences ne sont-elles pas des aveux ?
LE ROI
Ainsi, dona Inez, vous avez souillé à la fois le noble sang de vos pères et l'auguste sang de vos rois !
LA REINE
Oui, seigneur, elle a séduit l'infant, et les fruits de ces impures amours sont devant vos yeux.
INEZ
Arrêtez, madame. Don Pëdre est mon époux légitime. Ces enfants sont les siens («a roi) et les vôtres, seigneur.
LA REINE
Vous l'entendez.
LE ROI
Quoi ! Vous êtes mariés ! Vous avez pu tous deux oublier à ce point votre naissance !
INEZ
Seigneur, nous nous aimions; les caveaux
funèbres de Castro ont été le temple de notre mariage, et mes aïeux ont reçu nos serments.
LE ROI
C'est à eux que vous en rendrez compte. — Holà! Gardes, que l'on conduise dona Inez à la forteresse de Lisbonne, et que le comte de Mayo
m'en réponde sur sa tête. (Les deux elifants s'atUcheat en pleurant â Inex qae les gardes emmènent.)
INEZ
Mes enfants, chers enfants, adieu !