‹ Victor Hugo raconté par témoin de sa vieChapitre 1 sur 33 · UN MOT DU GÉNÉRAL HUGO · texte numérisé non relu

UN MOT DU GÉNÉRAL HUGO

Victor souffrit, mais ' ne^ renoncer pas. Des deux obstacles qu'on lui opposait, l'un, son Age, s'en irait de soi-même, l'autre, la pauvreté, dépendait de son travail. Il travailla donc, avec un acharnement infatigable. En 1820 encore , il envoya au concours toulousain Mdtse sur le- Nil, qui eut encore un prix. Trois prix le nommaient de droit maître ès-jeux floraux, et il fut, à dixhuit ans, académicien de province.

Âbel n'était pas pour rien l'ami d'un imprimeur. Gilé imprima l'ode A la Vendée que Victor venait d'achever, puis une satire ; cela se vendit passablement. Abel eut alors l'idée d'une revue qui paraîtrait deux fois par mois; il fonda, avec II. I

ses deux frères et quelques amis, le Conservateur liuératre. Victor y collabora assidûment. Il y publia Bug Jargali il y fit des vers et de la prose. Tout cela fort royaliste; il ne voyait plus absolument que sa mère. 11 voyait moins que jamais son père qui, deux ou trois fois Fan tout au plus, venait passer un jour ou deux à Paris. Dans ces rapides passages, le général ne logeait même pas chez sa femme. Ces perpétuelles séparations n'avaient pas été , on le devine , sans relâcher r union du ménage ; le mari et la femme s'étaient habitués à vivre l'un sans l'autre, et c'était maintenant la volonté qui les séparait au-tant que la nécessité. Les enfants avaient été forcément du parti de leur mère ; ils ne l'avaient jamais quittée, elle ne les avait gênés en rien, elle les avait élevés en plein air, elle leur avait laissé choisir leur avenir, elle était pour eux la liberté et la poésie; au lieu que leur père était pour, eux une sorte d'étranger. qui ne leur était apparu à Madrid que pour les emprisonner au collège des Nobles , à Paris que pour les emprisonner à la pension Cordier, et qui les condamnait aux mathématiques à perpétuité. Par toutes ces raisons, les opinions du père étaient sans action sur celles de ses fils. Lui-même comprenait l'inutilité de -lutter quelques heures par an contre une influence de tous les jours et de

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