II
lui cette pensée d'indulgence universelle dont il a fait plus tard la Prière pour tous et tout son théâtre :
«... Tu ne saurais te figurer dans quelle incroyable bienveillance j'enveloppe tous mes frères d'humanité. Je me suis accoutumé de bonne heure à rechercher dans le mal qu'on me fait le motif qui a poussé un homme à me faire ce mal. Alors ma colère d'un moment se change presque toujours en une longue et profonde compassion. Il m'arrive même assez souvent de trouver un principe louable dans la source d'une mauvaise action. Alors tu conviendras qu'on n'a guère de mérite à se consoler du tort reçu et à le pardonner... »
11 expliquait à celle qui allait être sa femme ce que c'était pour lui que la poésie :
« ... En deux mots, la poésie, c'est l'expression de la vertu. Une belle Ame et un beau talent poétique sont presque toujours inséparables. La poésie ne vient que de l'âme et peut se manifester aussi bien par une belle action que par un beau vers... »
Et dans une autre lettre :
« .,. Les vers seuls ne sont pas de la poésie. La poésie est dans les idées; les idées viennent de FÂme. Les vers ne sont qu'un vêtement élégant sur un beau corps. La poésie peut s'exprimer en prose, elle est seulement plus parfaite sous la grâce et la majesté du vers. C'est la poésie de l'âme qui inspire les nobles sentiments et les nobles actions comme les nobles écrits. Un poêle malhonnête homme est un être dégradé, plus bas et plus coupable qu'un malhonnête homme qui n'est pas poète... »
11 ne voyait pas l'amour moins grandement que la poésie :
« 11 y a au dedans de nous un être immatériel, qui est comme exilé dans notre corps auquel il doit survivre éternellement. Cet être, d'une essence plus purcj d'une nature meilleure, c'est notre âme. C'est l'âme qui enfante tous les enthousiasmes, toutes les affections, qui conçoit Dieu et le ciel. L'âme, si au-dessus du corps auquel elle est liée , resterait sur la terre dans un isolement insupportable, s'il ne lui était permis de choisir parmi toutes les autres âmes une compagne qui partage avec elle le malheur dans cette vie et le bonheur dans l'éternité. Lorsque deux âmes qui se sont ainsi cherchées plus ou moins
longtemps dons la foule se sont enfin trouvées» lorsqu'elles ont vu qu'elles se convenaient, qu'elles se comprenaient, qu'elles s'entendaient, en un mot, qu'elles étaient pareilles l'une à l'autre, alors il s'établit à jamais entre elles une union ardente et pure comme elles, union qui commence sur la terre pour ne pas finir dans le ciel. Cette union est Vamour^ l'amour véritable, tel à la vérité que le conçoivent bien peu d'hommes , cet amour qui est une religion , qui divinise l'être aimé, qui vit de dévouement et d'enthousiasme et pour qui les plus grands sacrifices sont les plus doux plaisirs... »
«... L'amour, dans son acception divine et véritable, élève tous les sentiments au-dessus de la misérable sphère humaine; on est lié à un ange qui nous soulève sans cesse vers le ciel, o
Ses affaires ne s'arrangeaient pas comme il aurait voulu; des promesses sur lesquelles il avait compté ne se réalisaient pas ; des obstacles imprévus le rejetaient loin du but qu'il avait cru toucher et le décourageaient. Il écrivait à M. Foucher :
«... Tout mon avenir est replongé dans le vague. Rien de positif, rien de certain. Je voudrais être sûr de quelque chose, fût-ce du mal-
heur; au moins pourrais-je marcher, sachant où je vais. Dans le moment actuel, il faut que j'attende! La seule qualité que j*aie, l'activité et l'énergie pour agir, est paralysée; les circonstances en revanche me demandent de la patiences vertu que je n'ai pas et que je n'aurai probablement jamais... Il est impossible que l'état de stagnation où je suis dure , je ferai tout du moins pour le faire cesser; j'aime encore mieux périr dans un fleuve que de me noyer dans un étang. »
M. Foucher essayait de le calmer :
« ... Je conçois votre état. Louis XIV disait d'un officier pauvre qui préférait la croix de Saint-Louis à une pension : // n'est pas dégoûté. J'en dirais autant d'un jeune homme qui préfère un malheur à une incertitude paralysante que le$> circonstances placent entre son présent et son avenir. Cependant les choses ne me paraissent pas avoir empiré. Attendons. Les obstacles ne seront pas toujours au-dessus de nos efforts, et, jusqu'à ce que nous puissions nous en rendre? maîtres, donnons le change à notre impatience en exploitant le domaine que personne ne peut nous ravir. Travaillons. Votre littérature est un vaste champ : vous y avez semé ; faites paraître
les fruits. Qu'on les trouve doux ou amers, mûrs ou verts, n'importe... »
Au milieu de tous ces ennuis et de tous ces empêchements , de ces espérances et de ces incertitudes, une chose en lui ne variait pas : c'était la volonté bien arrêtée de n'arriver que par des moyens dignes et qui ne coûtassent rien à sa conscience. Il avait autant besoin de mériter le bonheur que de l'obtenir :
« ... Si, pour accélérer l'époque de mon bonheur, je ne fais rien de contraire à mon caractère, ce sera une forte preuve en ma faveur. C'est une cruelle position que celle d'un jeune homme indépendant par ses principes, ses affections et ses désirs, et dépendant par son âge et par sa fortune. Oui, si je sors de cette épreuve pur comme j'y suis entré, je me croirai en droit d'avoir quelque estime pour moi-même* J'ai bien des soucis à fouler sous mes pieds, car il faut travailler à travers tant d'agitations... »
«... Tous les chemins me sont bons, pourvu qu'on y puisse marcher droit et ferme, sans ramper sur le ventre et sans courber la tête. C'était là ma pensée quand je te disais que j'aimais beaucoup mieux me créer moi-même en travaillant mes moyens d'existence que de les attendre
de la hautaine bienveillance des hommes i)uissants. Il est bien des manières de faire fortune; et je l'aurais certainement déjà faite par eux si j'avais voulu acheter des faveurs par des flatteries. Ce n'est pas ma manière... Que reste-t-il à un jeune homme qui dédaigne de s'avancer par ces voies faciles? Rien que la conscience de sa force et l'estime de soi-même. Il faut frayer sa carrière noblement et franchement, et marcher aussi vite qu'on le peut sans froisser ni renverser personne, et se reposer du reste sur la justice de Dieu. »
J'extrais encore ces quelques lignes où l'on voit poindre son désir d'être lui , et de ne plus s'en rapporter aveuglément aux idées et aux opinions qu'enfant il a reçues des autres :
« ... Je fais peu de cas, je l'avoue, de l'esprit de convention, des croyances communes, des traditions conventionnelles; c'est que je crois qu'un homme prudent doit tout examiner avec sa raison avant de rien accueillir; s'il se trompe, ce ne sera pas sa faute. »
C'est alors qu'il écrivit Han d'Islande. Je lis dans une de ses, lettres : « Au mois de mai dernier, le besoin d'épancher certaines idées qui me pesaient et que notre vers français ne reçoit pas, me fit entreprendre une espèce de roman en prose. J'avais une Ame pleine d'amour, de douleur et de jeunesse, je n'osais en confier les secrets à aucune créature vivante; je choisis un confident muet, le papier. Je savais de plus que cet ouvrage pourrait me rapporter quelque chose; mais cette considération n'était que secondaire quand j'entrepris mon livre. Je cherchais à déposer quelque part les agitations de mon cœur
neuf et brûlant, Famertume de mes regrets, Tincertitude de mes espérances. Je voulais peindre une jeune fille qui réalisât Tidéal de toutes les imaginations fraîches et poétiques, afin de me consoler tristement en traçant l'image de celle que j'avais perdue et qui ne m'apparaissait plus que dans un avenir bien lointain. Je voulais placer près de cette jeune fille un jeune homme, non tel que je suis, mais tel que je voudrais être. Ces deux créatures dominaient le développement d'un événement, moitié d'histoire, moitié d'invention, qui faisait ressortir lui-même une grande conclusion morale, base de la composition. Autour des deux acteurs principaux, je rangeais plusieurs autres personnages, destinés à varier les scènes et à faire mouvoir les rouages de la machine. Ces personnages étaient groupés sur les divers plans suivant leur degré d'importance. Ce roman était un long drame dont les scènes étaient des tableaux, dans lesquels la description suppléait aux décorations et aux costumes. Du reste, tous les personnages se peignaient par eux-mêmes; c'était une idée que les compositions de Walter Scott m'avaient inspirée et que je voulais tenter dans l'intérêt de notre littérature. Je passai beaucoup de temps à amasser pour ce roman des matériaux historiques et géographiques, et plus de temps encore à en mûrir la conception, à en
disposer les masses, à en combiner les détails. J^employai à cette composition tout mon peu de facultés; en sorte que, lorsque j'écrivis la première ligne, je savais déjà la dernière. Je le commençais à peine, quand un affreux malheur vint disperser toutes mes idées et anéantir tous mes projets. J'oubliai cet ouvrage... »
M. de Chateaubriand fut nommé mattre ès- Jeux Floraux. Ses lettres devaient lui être remises par un académicien ; il y en avait six ^ Paris, dont un était collègue du nouveau maître à la chambre des pairs. On choisit Victor, qui était le plus jeune.
Il était resté en relations de lettres avec M. Alexandre Soumet. Un jour il vit entrer chez lui un homme de quarante ans, beau, sympathique et dont le sourire montrait de belles dents. C'était M. Soumet qui venait se fixer à Paris. Ce fut un ami tout fait. M. Soumet réalisait l'idéal de ce qu'on entend vulgairement par un visage poétique : de longs cils noirs ombraient ses yeux qu'il levait vers le ciel en parlant; sa bouche avait une expression séraphique; ses cheveux absents étaient remplacés par un toupet auquel il donnait l'effarement de l'inspiration. Il avait du chevalier et du barde, un peu de province, pas mal de Parnasse, et, sous cette fadeur superficielle, beaucoup de droiture, une générosité rare et une solidité à toute épreuve.
LE CONFESSEUR DE VICTOR HUGO. h'5
Dans la même semaine, Victor eut la visite du duc de Rohan que Thiver ramenait à Paris et refaisait simple séminariste. Un soir que Victor était allé le voir dans sa cellule, un vieux prêtre décrépit entra. Sa tète, qu'il ne pouvait plus porter, lui tombait sur la poitrine; il. marchait tout tremblotant, appuyé sur un bâton qui dépassait de deux pieds son crâne dénudé. Une redingote râpée et une culotte dont on eût pu compter les fils complétaient un ensemble misérable. Ce vieillard était rayonnant.
— Vous paraissez bien joyeux, lui dit le duc. Il vous est donc arrivé bonheur?
— Oui, dit le vieux. Je touchais, comme vicaire de Sain t- Nicolas- du -Chardonnel, quatre cent cinquante francs par an ; mes appointements viennent d'être réduits à trois cent cinquante. Je remercie Dieu, je n'espérais plus avoir le temps d'être éprouvé, si près de mourir.
Victor regarda l'homme pour voir s'il parlait sérieusement, mais ce moribond n'aurait pas raillé avec la tombe , et Victor vit dans ses yeux qu'il était sincère.
Quelques jours après, le duc, venant chez lui, et le trouvant préoccupé et triste, lui parla du vieux prêtre.
— Voyez, lui dit-il, il est vieux, il est infirme, il est misérable, il n'a qu'une bouchée de pain,
kk VICTOR HUGO RACONTÉ.
OD lui en arrache la moitié, et il est radieux! Voilà la religion. Quand vous n'y verriez qu'une philosophie, la meilleure de toutes n'est-elle pas celle qui nous fait heureux du malheur?
— Mais je suis religieux.
— Avez-vous un confesseur?
— Non.
— Il vous en faut un, je m'en charge.
Victor était dans une de ces heures de désespérance où l'on renonce à soi et où l'on se laisse faire. Il lui était, d'ailleurs, indifférent de confesser une vie qui n'avait rien à cacher. Le duc n'eut pas beaucoup de peine à le décider et, pour qu'il ne se ravisât pas, vint le prendre dès le lendemain matin.
I.e lendemain donc, Victor allait se mettre à déjeuner de deux œufs à la coque et d'un verre d'eau, le duc entra.
— Ne déjeunez pas, dit-il. Nous déjeunons ensemble chez l'abbé Frayssinous.
L'abbé Frayssinous était cet hiver-là le prédicateur à la mode. Il appelait ses sermons conférences et disait messieurs au lieu de mes frères, et alors l'église SaihiçSulpice était trop petite.
Il demeurait à l'Abbaye-aux-Bois, où il avait une seule pièce servant à la fois de chambre à coucher, dé salle à manger et de salon. Il attendait ses deux convives et leur fit partager un dé-
jeûner qui ne différait pas trop de celui que Victor avait laissé chez lui. La concision des mets fut réparée amplement par Tabondance des paroles.
Le prédicateur commença son rôle de directeur de Victor en lui traçant la conduite qu'il devait suivre : la religion ne condamnait pas les gens à la claustration ni au détachement des intérêts terrestres; Dieu ne donnait pas le talent pour l'enfouir, mais au contraire pour l'employer au triomphe de la vérité et à la propagation des bonnes doctrines; un des meilleurs moyens de propager la foi, c'était d'aller dans le monde, d'y répandre la piété par la parole et par l'exemple. Le succès était une force; il fallait donc tout faire pour réussir. Victor ne devait pas s'en tenir à la littérature, il devait aspirer à l'autorité directe de la politique. Le clergé comptait sur lui et l'aiderait.
Cette religion mondaine et commode n'était pas celle que voulait Victor. L'abbé acheva de l'éloigner en lui disant du bien des jésuites et du mal de M. de Chateaubriand, qu'il traitait de jacobin déguisé et plus dangereux sous son masque.
En sortant, Victor dit au duc de Rohan que l'abbé Frayssinous ressemblait peu au vieux vicaire et que ce ne serait jamais son directeur.
— Vous ne pouvez pourtant pas prendre le
premier venu; si vous prenez un bon curé vulgaire, c'est vous qui le dirigerez; il vous faut une intelligence. Voyons, vous voulez un prêtre austère, voulez-vous Lamennais?
— Lamennais, à la bonne heure.
Il fut convenu qu'on irait le lendemain. Comme Victor rentrait, il trouva M. Soumet dans son escalier.
— Mon cher, dit M. Soumet, je viens vous apprendre que aous dînez aujourd'hui chez mademoiselle Duchesnois. Cela vous étonne; vous ne la connaissez pas, mais elle vous connaît; elle a la tôte remplie de vos vers.
Victor voulut refuser, et dit qu'il n'était pas en humeur d'être un convive bien agréable.
— Raison de plus pour vous distraire. D'ailleurs je vous ai promis , et, si je ne vous amenais pas, mademoiselle Duchesnois m'a menacé de me rendre mon rôle.
Il faisait répéter au ThéAtre-Francais dans ce moment une Clytemnestre , dont l'Oreste était Talma.
Victor se laissa entraîner. Les deux amis allèrent frapper à une petite maison de la rue de la Tour-des-Dames. Un escalier tournant éclairé d'une lampe d'albâtre les conduisit à un appartement dont l'ameublement empire, ne pouvant être ^beau , était riche ; ils traversèrent un pre-
ihier salon et entrèrent dans un second, d*où M. Soumet cria :
— Le voici.
Aussitôt une portière se souleva et une femme parut, décolletée à mi-corps. Elle remercia fort Victor et Tintroduisit, en lui parlant de ses odes* dans un boudoir où était une autre actrice , grasse, belle bien qu'altérée par une petite vérole récente, et non moins décolletée que la maîtresse de la maison, mademoiselle Leverd.
Une troisième femme dînait, madame Sophie Gay, dont on représentait ce soir-là même pour la première fois un opéra-comique , le Maître de Chapelle. Elle complimenta Victor, mais ne s'étonna pas de sa figure de collégien, ayant ellemême, dit-elle, sa fille Delphine, à peine adolescente, qui faisait aussi des odes admirables, et elle proposa une soirée où ces deux enfants de génie diraient des vers tour à tour.
Le dîner fut exquis. Victor était entre mademoiselle Duchesnois et mademoiselle Leverd , et songeait par instants à la singularité de sa journée qui avait commencé par un déjeuner entre deux curés et qui finissait par un dîner entre deux actrices.
M. Soumet, méridional et aisément camarade, tutoyait les deux actrices et les appelait par leur nom tout court: Dis donc, Leverd... —
T'a-t-on dit, Duchesnois?... Cela choquait beaucoup Victor, qui n'a jamais tutoyé même un acteur ni appelé une actrice autrement que madame. Madame Gay avait apporté une loge pour sa première représentation. On alla donc au Maître de Chapelle. La loge était de face et avait trois places sur le devant : la tragédienne et la comédienne mirent Victor entre elles. Sa jeune célébrité et surtout son air grave et pudibond les piquèrent au jeu et elles lui firent mille agaceries dont sa sauvagerie fut plus gênée que flattée. Il trouva la pièce longue et n'en aima que le dénoûment.
— Eh bien, lui dit M. Soumet, en le reconduisant, j'espère que voilà une bonne soirée! Li plus grande tragédienne, la plus vive comédienne et la femme la plus lettrée du temps n'ont eu d'yeux que pour vous. Peste! avec quelle ardeur Duchesnois et Leverd vous demandaient en vous quittant quel jour vous viendriez les A^oir! Voyons, chez laquelle irez-vous demain?
— Demain, dit Victor, j'irai chez l'abbé de Lamennais.
Ces femmes demi-nues et tutoyées en public étaient d'un autre monde que celui que rêvait sa jeunesse en deuil. Il se réveilla le lendemain plus disposé à la vie sévère et religieuse, et fut content de voir arriver le duc de Rohan. Ils monté-
rent dans un cabriolet qui se dirigea vers le faubourg Saint-Jacques.
Victor aperçut un grand arbre qui dominait la cour des sourds-muets.
— Voici un arbre, dit-il au duc, qui est une vieille connaissance pour moi. J'ai passé dans ce quartier la meilleure partie de mon enfance. Est-ce que l'abbé de Lamennais loge près d'ici?
— Nous arrivons.
Le cabriolet entra dans le cul -de-sac des Feuillantines. Il s'arrêta devant la grille.
— Comment! s'écria Victor, c'est aux Feuillantines que loge l'abbé de Lamennais ! '
— Maïs oui. Qu'y a-t-il là qui vous étonne? Victor lui expliqua que c'était précisément
aux Feuillantines qu'il avait passé son enfance. Ils entrèrent dans l'appartement qu'avait occupé madame Hugo. Rien n'y était changé, sinon qu'en cet instant tout y était en désordre; la salle h manger et le salon étaient encombrés de malles et de paquets, parmi lesquels allait et venait un petit homme chétif, bilieux de visage, aux grands beaux yeux inquiets, et dont le nez dissimulait presque le menton. Ce qu'il avait de plus frappant, c'était le contraste de l'expression presque enfantine de sa bouche avec les autres traits de son visage , tourmentés et nerveux.
Ce petit homme était pauvrement vêtu. H