ALIX, GOMEZ, TOUS LES VILLAGEOIS
Vive, vive le roi ! notre bon roi !
LE ROI, à Romero.
Vous, mon brave homme, n'attachez plus désormais autant d'importance aux avantages de votre naissance. Ce sont des préjugés, voyezvous. (Romero, Alix et Gomez s'inclinent profondément et se retirent sur l'un des côtés de la scène.)
L'ALCADE, mystérieusement à la reine.
Madame, votre majesté m'a chargé de diriger la chasse. C'est ici la maison où sont les enfants soupçonnés de don Pèdre.
LA REINE, à l'alcade.
Silence ! (Elle s'avance vers le roi, tous les assistants se
retirent dans le fond.) Si vous visitez cette maison, seigneur, un serviteur fidèle m'assure que vous y trouverez les fruits de cette intrigue clandestine.
C'est encore de cette histoire que vous m'occupez ! Xe croyez rien de tout ce qu'on vous a rapporté, madame. Don Pèdre ne pense qu'à son épée. Mon fils épousera votre nièce Constance quand je le lui ordonnerai.
LA REINE
Mais, seigneur, depuis que le traité qui a conclu notre union a décidé également ce mariage entre
votre fils et ma nièce, avez-vous remarqué la sombre préoccupation d'Inez, les regards inquiets que lui iance don Pèdre ?
LE ROI
Observations sans fondement que tout cela ! Et vous voulez encore qu'un hasard m'amène en chassant précisément devant la maison...
LA REINE
Mais que votre majesté daigne seulement la visiter.
LE ROI
Non, sans doute ; je n'irai pas troubler la paix de ces pauvres gens par des perquisitions inquiétantes pour eux. Allons, piqueurs, veneurs !