‹ Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie (volume 2)Chapitre 42 sur 65 · SCÈNE VII LE ROI, LA REINE, INEZ, LES ENFANTS · texte numérisé non relu

SCÈNE VII LE ROI, LA REINE, INEZ, LES ENFANTS

LA REINE

Seigneur, pour éclaircir vos doutes, interrogez ma fille d'honneur.

LE ROI

Dona Inez de Castro, est-il vrai que vous soyez la mère de ces enfants ?

INEZ, pressant clans ses bras ses enfants effrayés.

Vous le voyez, seigneur.

LE ROI

Dona Inez de Castro, est-il vrai que don Pèdre de Portugal soit le père de ces enfants ?

INEZ

Demandez-le-lui, seigneur.

LE ROI

Répondez.

INEZ

Je ne puis répondre à cette question. Que votre majesté prenne ma vie.

LA REINE

Seigneur, que voulez-vous de plus ? Toutes ces réticences ne sont-elles pas des aveux ?

Ainsi, dona Inez, vous avez souillé à la fois le noble sang de vos pères et l'auguste sang de vos rois !

LA REINE

Oui, seigneur, elle a séduit l'infant, et les fruits de ces impures amours sont devant vos yeux.

INEZ

Arrêtez, madame. Don Pèdre est mon époux légitime. Ces enfants sont les siens, (au roi) et les vôtres, seigneur.

LA REINE

Vous l'entendez.

LE ROI

Quoi ! vous êtes mariés ! Vous avez pu tous deux oublier à ce point votre naissance !

INEZ

Seigneur, nous nous aimions ; les caveaux funèbres de Castro ont été le temple de notre mariage, et mes aïeux ont reçu nos serments.

LE ROI

C'est à eux que vous en rendrez compte. — Holà ! gardes, que l'on conduise dona Inez à la forteresse de Lisbonne. Le comte de Mayo m'en répond sur

Sa tête. (Les deux enfants s'attachent en pleurant à Inez que les gardes emmènent.)

INEZ

Mes enfants, chers enfants, adieu !

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