SCENE II
Les Mêmes, ALBARACIN.
Il est richement vêtu d'étoffes de soie et d'or, et porte à sa ceinture un poignard recourbé.
ALBARACIN.
Compagnons, levez-vous, il faut combattre. (Tous se lèvent.) C'est en sortant d'une fête qu'on vole
plus volontiers sur le champ de bataille. La main qui vient de toucher la guitare n'en sait que mieux manier le cimeterre. Amis, vous vaincrez ; mes soins ont tout préparé pour la victoire. Le prince de Portugal, le redoutable don Pèdre, a quitté son camp. Vous allez attaquer une armée sans général, et vous allez vaincre ! Venez ! Nous arborerons le croissant jusque sur les murs de Lisbonne. Venez ! don Pèdre a laissé ses soldats sans défense, pour porter secours à une femme. Aux armes, braves amis î aux armes !
TOUS
Allah ! Allah ! aux armes !
(Les clairons et les cymbales exécutent une marohe militaire et les maures sortent en ordre de bataille.)