‹ Vie d'Adèle Coulombe [microforme]Chapitre 154 sur 162 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

celle-ci fut atteinte d’un si grand mal de tête, qu’il lui fut impossible d'écrire. Ayant alors invoqué la sœur Couloibe, elle lui dit : « Si vous voulez que j’écrive pour vous, guérissez-moi présentement. » Et à l’instant son rl disparut, et elle put écrire toute la journée.

De son côié, un jeune étudiant en médecine a déposé, à la louange de la sœur Coulombe, ce qui suit : « J'ai assisté aux funérailles de la sœur Coulombe, le 46 avril dernier. Je me préparais alors à subir un examen en médecine. J'en étais tellement préoccupé, que ; en avais perdu l'appétit et même le sommeil. Quoique je fusse tout absorbé par mes études, je me rendis néanmoins à l’invitation qui me fut faite d’assister aux funérailles de la sœur Coulombe, que j’estimais beaucoup et à laquelle ÿ” avais beaucoup d’obligation. Durant le service, je priai cette bonne sœur, lui demandant, sitôt qu elle serait au ciel, si elle n’y était déjà, de vouloir bien m’aider au succès de mon examen et me soulager du fardeau qui pesait si lourdement sur moi. Au sortir de l’église, je fus surpris de me trouver parfaitement à l’aise. Je causais paisiblement avec les autres, et, sans avoir oublié le sujet de mes préoccupations, jy pensais avec tranquillité, avec une sorte de garantie que je n’en serais plus troublé. J'étais iuoi seul témoin d’un résnltat si frappant, et je ne l’attribuais qu'aux prières de la sœur Coulombe, en qui j'avais une confiance entière. » Cette déposition a été farie le 26 mai 1862.

Enfin une de ses anciennes compagnes, celle même que nous avons entendue parler souvent dans le cours de cette histoire, et qui avait beaucoup de rapports avec elle avant son entrée ca religion, témoigne qu’elle éprouvait de vives impressions de grâce en recueillant ses souvenirs, impressions dont elle se croit redevable à la sœur Coulorebe. Après avoir exprimé les douces émotions qu’elle avai’ ressenties en faisant son travail,

elle ajoute : « Mon âme était remplie de trouble depuis quelque temps; j'étais tombée dans une espèce d’abattement et de découragement. Il me vint en pensée de recourir à la chère Adèle. Je lui adressai cette petite prière : « O fidèle servante de Jésus-Christ, chère sœur « Coulombe, si vraiment vous êtes au ciel, obtenez-moi « donc de la sainte Famille la délivrance de ce que je « souffre. » Ma prière terminée , la paix revint dans mon âme, et c’est au crédit de cette sainte religieuse auprès de Dieu que je me crois redevable du bonheur que je goûte à présent. »

Quelque frappants que soient ces faits et autres semblables arrivés depuis, nous ne voulons prononcer en aucune manière sur leur nature, A l’Église seule appartient le droit de juger des miracl:: :* de la sainteté des serviteurs et des servantes de #21. € et donc au jugement de cette Église, notre Màe, «u ex de laquelle nous désirons vivre et mourir, Que 1ivus svumettons derechef cet ouvrage et tout ce qu’il contient.

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CONCLUSION

Après avoir lu attentivement cette vie si sainte et si édifiante, les parents demeureront convaincus que, s'ils veulent remplir les desseins de Dieu sur eux, ils doivent veiller constamment sur leurs enfants, afin de | conserver soigneusement leur innocence, bien persuadés que c’est là pour eux le plus précieux trésor.

S'ils sont si attentifs à leur conserver la vie du corps, combien ne doivent-ils na: l’être davantage à leur conserver celle de l’âme ! Dés lors , ils doivent éloigner d'eux tous les écueils contre lesquels ces chers enfants pourraient se briser et se perdre. Que serait devenue la jeune Adèle, si ses parents avaient été cause par leur négligence qu’elle tombât dans le péché? car un seu! péché suffit souvent pour faire dans le cœur d’un enfant des ravages irréparables.

Parents chrétiens, veillez donc sur vos enfants dès leur bas âge , si vous voulez qu’ils soient votre joie sur la terre et votre couronne dans le ciel. Veillez sur eux, surtout aux approches de la première communion. Priez pour eux, et proposez-leur pour modèle la petite Adèle , soit pour les préparer à cette grande action, soit pour leur apprendre comment ils doivent agir, pour en conserver la grâce et la déve!opper dans leur: ‘eunes cœurs. Veillez encore sur 3, quand il s'agit au "hoïx d’un ét:t de vie. Ne les iivre- nüs au hasard ; uites-

Jeur que c’est lieu qui fait les vocations, et que pour être heureux ici-bas il faut suivre la voie qu’il uous a lui-même choisie, et corresjnudre à ses grâces.

Et vous, enfants, après la iecture de cette vie si belle , si douce, et si pleine, comprenez-bien les leçons que vous donne notre jeune héroïne. Marchez sur ses traces, soit dans la famille, soit auprès de vos maïitresses, soit dans le monde. Au sortir des écuies, méfiezvous de ce monde séducteur et tout plongé Cans l’iniquité, qui en a perdu tant d’autres. Livrez- vous aux œuvres de zèle et de charité; remplissez votre belle mission , qui est d’être des anges tutélaires et bienfaisants su: la terre. Surtout, à limitation de la jeune Adèle, fréquentez les catéchismes de Persévérance , et les autres congrégations pieuses, afin d’y puiser comme elle les eaux vives de la grâce et de la doctrine, qui, en arrosant vos jeunes cœurs, les rendront féconds en bonnes œuvres , et y feront jaillir jusqu’à la vie éternelle les sources de la joie la plus pure. C’est là que vous trouverez les moyens d'éviter bien des écueils , et de pratiquer toutes les vertus.

Cette vie a aussi des leçons spéciales pour les personnes consacrées à Dieu. A l’'cole de cette fervente religieuse, elles peuvent apprendre avec quel soin elles doivent répondre à leur sainte vocation et garder les engagements sacrés qu’elles ont pris au pied des autels. Plus spécialement les sœurs hospitalières , les sœurs de Charité, y apprendront à :onsumer leur vie pour le soulagement et le salut du procuin, et à se remplir de l'esprit chrétien, de l'esprit de toi et de générosité qui doit les animer dans exercice de leur charité.

Enfin tous les catholiques concluront de cette vie combien ils doivent se trouver heureux d’appartenir à cette Église apostonque et romaine, toujours sainte,ct toujours féconde. Oui , cite Église est toujours sainte, non-seulement dans ses dogmes, dans sa morale, dans

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les moyens abondants de sainteté qu’elle nous fournit, mais encore elle est sainte dans ses membres; non pas que tous ses membres soient saints, mais parce qu'il en est toujours parmi eux d’une sainteté éminente, qui donnent l'exemple de toutes les vertus évangéliques. Ih en est même à qui Dieu accorde une sainteté si éclatante, qu’ils obtiennent les honneurs de la canonisation, comme nous venons de le voir encore par la canonisation des martyrs du Japon , cet événement le plus. graud incontestablement de notre siècle. D’autres saints ne sont pas si connus, et demeurent cachés dans le secret de la face de Dieu jusqu’au grand jour des manifestations. Mais c’est l'Église qui les engendre tous, d’abord à la vie de la grâce, et ensuite à la vie de la gloire dans le ciel. Ses ennemis ont beau rugir autour d’elle et contre son chef; elle accomplit toujours sa mission , le front serein ; et pendant que ses ennemis frémissent et lui suscitent des obstacles, elle poursuit majesi:'ensement sa course à travers les âges, jusqu’à ce que par sa fécondité permanente elle ait complété le nombre sacré des élus. Heureux ceux qui ont des yeux pour voir cette belle action de l’Église, tandis qu’à côté d’elle languissent et meurent toutes ces sectes héréti ques, branches desséchées, branches séparées du tronc, qui n’ont pas la vie et ne peuvent la donner! Gloire donc à cette Église toujours sainte, image fidèle du Dieu trois fois saint !…

Gloire en particulier à l’Église du Canada, qui vient de produire une si sainte fille ! Gloire plus particulièrement encore à toutes ces communautés religieuses qui sont un des plus'riches ornements du pays, et spécialement à ces deux instituts de Notre-Dame et de Saint- Joseph, que nous trouvons au berceau de la colonie, l’un pour l'éducation de ses enfants, l’autre pour le soin de ses malades! Tous deux naissent à côté l’un de l’autre ; et, dans la succession des temps, tous deux remplissent si parfaitement leur noble mission, qu’il

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est aisé de voir que la main qui les fonda est aussi celle qui les soutient et les conserve, malgré des obstacles de plus d’un genre. On admire dans la vie de Mie Mauce la générosité, la vertu, le courage héroïque de ces premières filles qui vinrent autrefois de l’ancien monde dans ce pays, à travers mille périls de mort, pour y fonder l'institut de Saint-Joseph. On ne doit pas moins admirer le dévouement de celles qui leur ont succédé ; car leurs vertus, pour être moins éclatantes, n'en sont pas moins belles. Puisse donc cet arbre deux fois séculaire, implanté en Canada d’une main si ferme, arrosé de tant de sueurs, fécondé par tant de grâces , étendre de plus en plus ses branches, et, en couvrant de sonombre un plus grand nombre de malades, abriter de nouveaux essaims de vierges, dignes émules de leurs devancières ! Puissent les autres communautés fondées depuis rester également fidèles à l'esprit de leur sublime vocation, et en forçant l’admiration de tous par leur dévouement et leur esprit de sacrifice, comme aussi par leur exactitude à observer leurs règles, faire dire toujours : La religion catholique est seule capable de produire de semblables merveilles!

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