‹ Vie d'Alfred-le-Grand, roi d'AngleterreChapitre 132 sur 215 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

mettoient d'affreux attentats à Yorck et aux environs. A l'approche d'une bande de ces brigands, Ebba, abbesse de Coldingham, rassembla ses religieuses, leur représenta le traitement infâme qui leur étoit réservé si elles ne s'y déroboîent pas par une violente résolution. Elle donna la première l'exemple , et se fendit le nez ainsi que la lèvre supérieure. Toutes les sœurs en firent autant *. Quand les Danois arrivèrent, ils s'enfuirent à l'aspect de cet horrible spectacle (A. D. 869.).

8. Sans resjject pour le traité de paix qu'ils avoient conclu , ils s'embarquèrent au printemps suivant ; puis, remontant l'Humber, ils mirent pied à terre dans le Lincolnshire , ravagèrent cette province, portant partout le fer et la flamme et se livrant aux actes de la cruauté la plus effré=

' Matth. Westminst,

née. Burrhed , roi du pays , ne parut pas plus qu'Adelred et Edmond, s'inquiéter de la désolation générale.

9. Cette inconcevable apathie affligea profondément Algar, comte du pays ; et sa douleur ne demeura pas oisive. Avec l'aide de ses deux chevaliers , Wibert et Léofrik (de tels noms méritent assurément d'être arrachés à l'oubli), il réunit les hommes de bonne volonté du canton. A cette petite troupe de gens de cœur, il s'en joignit bientôt deux cents autres venus des environs de l'abbaye de Croyiand et commandés par Tollius, religieux qui, avant de prononcer ses vœux, s'étoit distingué comme guerrier. Morcard , seigneur de Brunne, vint grossir leurs rangs avec ses courageux vassaux. Osgot, gouverneur de Lincoln , dont les cheveux avoient blanchi sous le casque, amena cinq cents guerriers. Cette petite armée qui ne comptoit pas en

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