‹ Vie d'Alfred-le-Grand, roi d'AngleterreChapitre 32 sur 215 · CHAPITRE 1. 3f · texte numérisé non relu

CHAPITRE 1. 3f

Loire j lisqu'à celle de la Seine, imita l'exemple de la Bretagne ^

60. L'histoire de tous les temps montre qu'il estplus facile de secouerlejoug d'une tyrannie indigène ou étrangère , que de fonder une constitution qui, assurant tout à la fois l'ordre et la liberté , puisse subsister. On ne vit que trop alors combien peu la Bretagne étoit encore propre à l'indépendance. Peu d'années s'étoient écoulées , et déjà sentant l'impossibilité de se préserver par leurs propres ressources des attaques sans cesse renaissantes de leurs voisins du nord , les Bretons députèrent à l'empereur pour le supplier de leur redonner une légion qui défendit leur pays,

d'analogies ; el que souvent le peu de souplesse de sa langue Ta forcé à se servir de l'indicatif au lieu du subjonctif. Au reste ici , ses présomptioas me paroissenl avoir un grand caractère de prohabililé.

' Zosimus , VI.

6o VIE d'alfbed-le-grand.

et pour l'assurer respectueusement de leur éternelle soumission ; leur demande fut prise en considération. Les cohortes romaines envoyées en Bretagne attaquèrent les ennemis des Bretons, en firent un grand carnage et refoulèrent le reste sur leurs rocLers. Les Bretons se remirent à Tofivr.ige ; mais au Heu de construire une muraille solide en pierres, ils n'élevèrent qu'un foible rempart de terre. Pietés et Scots recommencèrent à l'envi leurs irruptions. Les Bretons envoyèrent demander de nouveau des secours à Rome , et obtinrent encore une fois une légion qui surprit les barbare à une époque avancée de l'année où ceuxci ne l'avoient point attendue, en extermina une partie et dispersa l'autre. En partant , les Romains déclarèrent qu'il ne falloit plus compter sur les secours de la métropole : ils exhortèrent les Bretons à se défendre eux-mêmes et leur construisirent une muraille de pierres sur les ruines de celle de

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Sévère. Ils assurèrent également les côtes méridionales en construisant des tours de distance en distance, puis se rembarquèrent pour la Gaule.

6i. Les peuplades écossaises n'ignorèrent ni le départ des Romains , ni la déclaration qu'ils avoient faite aux Bretons que c'étoit pour la dernière t'ois qu'ils étoient venus les secourir; elles recommencèrent leurs irruptions , ravagèrent l'île plus impitoyablement que jamais et firent un horrible carnage des habitants.

61. Au lieu d'attaquer bravement les barbares , les Bretons ne surent qu'implorer lâchement l'assistance des Romains. C'étoit dans la vingtième année du règne de l'empereur Valentinien III ; le célèbre Aètius commandait alors l'armée romaine dans les Gaules. Les députés de la Bretagne lui apportèrent une lettre intitulée «Soupirs» des Bretons ». Rien de plus attristant que les termes de cette pétition : on y lit cntr'au-

6i VIE n alfred-le-crand.

très passages celui-ci :« Les barbares nous refoulent vers la mer, et la mer nous repousse sur les barbares ; il faut que nous soyons ou exterminés ou noyés. «

63. Aëtius avoit déjà beaucoup trop de peine à disputer la Gaule aux Huns pour pouvoir envoyer des secours aux Bretons. Leur demande ne fut donc pas accueillie. Dans leur désespoir, ils abandonnèrent leurs habitations et leurs champs et se réfugièrent dans les forêts ou dans des cavernes, appelant ainsi contre eux un nouvel et terrible ennemi , la famine. Il en périt un grand nombre sous le fer des barbares ; mais ceuxci chassés à leur toui- par la faim d'un pays qu'ils avoient dévasté, furent obligés de s'en retourner chez eux avec leur butin.

64.LesBretonssortirentalorsdeieursretraiteset se remirent à cultiver un sol fertile qui celte année se couvrit de moissons très abondantes. Oublieux de leurs calamités passées, ils ne songèrent plus qu'à

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