CHAPITRE m
que dans les pays de Galles et de Cornouailles.
37. A l'époque où Benoît I" occupoitle saint-siège, c'est-à-dire entre 673 ou 574 et 578 , et où Grégoire étoit grand-prêtre et habit oit Rome , il arriva qu'un jour ce dernier aperçut parmi des esclaves exposés en vente des jeunes gens parfaitement bien faits et très-blancs de carnation. Ayant demandé quel étoit le lieu de leur naissance, il apprit qu'ils étoient originaires de la tribu des Angles en Bretagne, où les hommes étoient remarquables par leur beauté. Il demanda encore s'ils étoient chrétiens. On lui répondit que non, Grégoire reprit en soupirant : « Vous dites que ce sont des » Angles i^Anglij^ On seroit tenté de croire « que ce sont des anges (angell) ! » Aussitôt il alla trouver le Pape Benoît, le pria instamment d'envoyer porter en Ereîagne la parole de Jésus-Christ , et s'offrit pour
Il8 VIE d'aCFRED-LE- GRAND.
cette mission. Benoît se rendit à ses désirs et Grégoire se mit en route ^.
38. Mais à peine eùt-il quitté Rome, que le peuple accabla le Pape de doléances et de reproches , et se plaignit d'être privé de ce saint homme. Benoît dépêcha en toute hâte des messagers après lui pour le faire revenir ^.
39. Le successeur de Benoît, Pelage II, qui estimoit particulièrement Grégoire , l'envoya en mission importante à Constantinople. Plus tard , Grégoire devint abbé du couvent de Saint-André à Rome ; en 690 , quand Pelage mourut de la peste, il fut élu Pape.
40. Sur le siège de l'Apôtre, il n'oublia point les Anglais. En SgS , il chargea le prêtre Candide qu'il envoyoit en France pour affaires de l'Église , de racheter de
' lîerlae , Hist. écoles. 11, i.
> Bcdœ, Hist. ceci, cl vita Gregoni.