PRÉFACE. T
Les dioses humaines ne sont en eHes»mémes que ce qu'elles paraissent être. GMome les paysages, comme les horizons, comme les montagnes, l'histoire change d'aspect selon la place d'où on les regarde. C'est le point de yme qui donne sa forme, sa grandeur, sa petitesse, son mirage ou sa vëritëà l'objet.
Or chaque siècle nouveau considère d'un point de vue différent l'histoire d'Alexandre. La Grèce la considérait du point de vue de sa vanité nationale et de ses fiibles théogoniques ; Rome, du point de vue de l'art de la guerre^ delà conquête du monde; l'Arabie, du point de vue de l'islamisme ; le moyen âge, du point de vue des miracles opérés par le doigt de Dieu pour préparer l'avénement de son Verbe par la fusion des peuples ; le siècle de Bossuet, du point de vue biblique, qui &it jouer le rôle universel à la petite tribu de Juda sur la scène de l'Orient et de l'Occident; le siècle de Rollin, du point de vue de l'accomplissement des prophéties hébraïques; le dix-huitième siècle, du point de vue de la politique, du commerce et des arts /enfin le dix-neuvième ûècle, où nous vivonSj du point de vue de la recherche de la Ygrité et de l'étude de l'homme dans tous les âges. )
C'est celui où nous nous plaçons.
n résulte, selon nous , de ce changement perpétuel de points de vues du genre humain dans la manière de considérer les hommes ou les événements historiques, que l'histoire toujours faite est cependant toujours à refaire, et que, toutes les fois que l'esprit du temps de-