VI PREFACE
celte idée dans ses lettres. On me permettra d'en citer ici cjuelques-unes. Elles montrent dans quel esprit Berryer concevait l'œuvre, et me donnent en quelque sorte un mandat qui sera mon meilleur titre à la confiance des lecteurs.
« Plus que jamais, m'écrivait Berryer le 19 juillet 18G5, je pense à la grande publication et je compte sur votre aide pour qu'il me soit possible de la mettre au jour. Vous voulez bien ne pas perdre de vue ce que nous avons déjà dit du caractère que prendrait la collection de mes discours, si une belle introduction traçait nettement la ligne de conduite et précisait les principes que j'ai désiré observer, en suivant les pas des hommes qui ont le mieux compris la grande cause de la révolution monarchique et constitutionnelle... Nous reprendrons nos conversations, et je serai charmé si pour l'exécution de nos plans vous pouvez m'aider à me mettre à l'œuvre » .
Un mois plus tard, sous le coup des sollicitations amicales qui, même de l'étranger, lui sont adressées, (lordBrougham, entre autres, était des plus ardents), Berryer m'interpelle :
« Eh bien! que devenez vous?... On me presse, on me tourmente pour que je donne suite au projet de publication des souvenirs de la tribune et du barreau . . . Mais, si je peux ramasser dans tout ce que les journaux m'ont conservé quelque chose qui soit digne à peu près d'occuper encore l'attention publique, il faut un travail de révision et surtout un lien de ces