‹ Vie de CalvinChapitre 71 sur 98 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

qui propageaient avec une sainte ardeur les vérités chrétiennes. Esprit ardent et curieux, Servet se rangea du côté des opposants à Rome; malheureusement, il n'entra pas dans l'église protestante par la porte de la conversion, et il ne fut pas ce que la sainte Écriture appelle un pauvre en esprit. Au lieu de se courber humblement devant la Bible, il la cita au tribunal de sa propre raison et, de chute en chute, il tomba dans des erreurs déplorables qui le jetèrent en dehors de toutes les communions chrétiennes.

Un des traits dominants du caractère de Servet était l'orgueil; il voulait se placer sur un piédestal et devenir la grande lumière de son siècle; c'est ce qui causa ses malheurs et lui donna un nom célèbre. En 4530 nous le trouvons à Baie, où il dispute sur le dogme de la Trinité avec Œcolampade; bientôt après, il est à Strasbourg, où il est accueilli froidement par Bucer et Capiton, scandalisés de sa hardiesse à nier des dogmes universellement acceptés. Rebuté par Bucer et Capiton, Servet, qui voulait sortir à tout prix de son obscurité, et croyant d'ailleurs remplir une mission sainte, en appela des réformateurs au public, et fit paraître, en latin, un écrit intitulé : De Trinitatis erroribm\ L'empereur Charles-Quint en interdit la vente. Servet continua sa guerre de plume, et souleva contre lui une opposition si violente , qu'il jugea

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