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Catherine reçoit les derniers Sacrements — Son agonie et
a" sa mort — Vénération qu’on lui témoigne de toutes parts JA — Ferveur extraordinaire de piété dans le village du Sault 8, après sa mort — Nombreux miracles dus à son intercession. le
A maladie de Catherine suivait une marche progressive qui devenait de plus en plus alarmante, Ce fut le dimanche des Rameaux, de
l’année 1680, que l’on s’aperçut quele terme fatal approchaïit. Le mardi de la semaine sainte, on jugea à propos de lui administrer le saint Viatique. Quand on le lui annonça, cette nouvelle lui causa la plus vive joie. C'était alors usage au village du Sault,lorsqu’on donnait la communion aux malades, de les porter à la chapelle sur une natto d’écorce. Catherine étant trop faible pour être ainsi transportée, on crut devoir faire en sa faveur une exception à la règle établie,
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Ce fait extraordinaire dans le village attira une grande foule qui désirait faire escorte au Saint Sacrement et voir mourir une sainte et se recommander à ses prières. Le prêtre étant entré dans sa cabane, on fit pour elle la confession généraie. Elle renouvela en sa présence la donation qu’elle avait faite d’elle-même à Dieu et le remercia de toutes les grâces qu’elle avait reçues depuis son baptême, en particulier de lui avoir conservé l'intégrité de son corps. Le prêtre faisant violence à son humilité, l’obligea d'adresser quelques mots d’exhortation à la foule qui se pressait autour de son lit de mort ; elle se rendit À ce désir et employa le temps qui lui resta à vivre à cet exercice de charité, et dans des actes continuels d’amour de Dieu, tant que ses forces le lui permirent.
Le mercredi saint, qui fut le dernier jour de sa vie, elle reçut l’Extrème-Onction. Après avoir reçu ce sacrement, elle s’entretint avec son amie Marie- Thérèse Tekaiïakentha et lui fit ses adieux, lui recommandant de persévérer dans ses bonnes résolutions, et lui promettant de prier pour elle quand elle serait au ciel. Pendant qu'on lisait les priè'es de la recommandation de l'âme, elle avait le visage tourné vers le ciel. Elle perdit l’usage de la parole et conserva l’ouïe jusqu’au dernier soupir. Elle ne
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cessa de s’unir aux prières qu’on faisait pour elle et aux invocations des Saints Noms de Jésus et de Marie qu’on lui suggérait. Elle s’éteignit tranquillement le même jour à l’âge de 24 ans. Les Sauvages réunis dans sa cabane lui donnèrent toute sorte de marques de vénération ; tout le village fut rempli de l'odeur de sa vertu et dela réputation de sa sainteté. Lorsqu'ils se réunirent à la chapelle pour la prière du soir, suivant leur coutume, le Père Chollenec fit son éloge et leur montra quel trésor Dieu leur avait donné dans la personne de cette pieuse fille et quelle perte ils avaient faite.
On ne pouvait se lasser de regarder son visage qui parut comme transfiguré par la beauté surnaturelle que donne la sainteté. , Deux Français de Laprairie étant venus au Sault, entrèrent dans la cabane où se trouvait Catherine et crurent d’abord, en la voyant, qw’elle dormait paisiblement. Quand on leur apprit que c'était une pieuse fille qui venait de mourir, ils rentrèrent dans la cabane, se mirent à genoux près du lit où elle était étendue et se recommandèrent à ses prières. Ils se chargèrent eux-mêmes de lui procurer un beau cercueil où elle fut déposée ; mais tout le monde avait tant de plaisir À la voir, qu’on laissa son visage découvert jusqu’à ce qu’on l’eut inhumée. Ses obsèques, qui se célébrèrent le lende-
main, furent à la fois un jour de deuil et de réjouissance. On s’attristait de l’avoir sitôt perdue, mais on se réjouissait dans l’espérance d’avoir une puissante protectrice dans le ciel.
Dieu ne se contenta pas de glorifier cett humble fille dans le ciel : il voulut aussi la glorifier sur la terre. Tous les Missionnaires Jésuites qui ont passé au Sault l'ont admirée et invoquée. Mgr l’'Evêque de Québec étant venu au Sault avec M. le marquis de Denonville vinrent prier sur le tombeau de celle que Monsieur le Marquis appela la Geneviève du Canada. Plusieurs habitants des paroisses voisines du Sault venaient tous les ans y chanter une messe solennelle de la Sainte Trinité pour se recommander à Catherine Tekakwitha. M. Remy, curé de Lachine, ayant été averti par ses paroissiens de cette coutume et ayant répondu qu’il ne croyait pas devoir autoriser par sa présence un culte publie que l'Eglise n'avait pas encore permis, tomba dangereusement malade dès le même jour et. fut guéri subitement dès qu’il fit vœu de suivre l’exemple de ses prédécesseurs. M. Geoffroy, curé de Laprairie, a dit qu’il était témoin oculaire des merveilles que Catherine faisait dans sa paroïsse et qu’il était prêt à les publier partout. Entre les événements qui suivirent la mort de Catherine, le Rév. Père Chollence mentionne
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comme un des plus merveilleux la piété fervente qu’on vit dans toute la mission de $t François-Xavier du Sault St-Louis. On n’entendait dans toutes les loges des Sauvages que des exhortations ferventes à la piété chrétienne, exhortations faites non seulement en paroles, mais beaucoup plus par les œuvres. Des gens mariés se séparèrent d’un mutuel accord, plusieurs jeunes veuves vouèrent la continence perpétuelle. D’autres firent la même promesse au cas où leurs maris mourraient avant elles et elles tinrent dans la su'te cette promesse.
JIl arriva même que deux jeunes filles, âgées de 15 ans, croyant ne pouvoir rien faire de plus agréable à Dieu et à sa servante que de se vouer à la virginité, prièrent Catherine de les aider à réaliser leur dessein. Elles éprouvaient un obstacle insurmontable de la part de leurs parents qui leur avaient dit qu'ils n’y consentiraient jamais. Alors elles se mirent À demander avec ferveur à Catherine de leur obtenir la grâce de mourir, s’il ne leur était pas possible de vivre en cet état, comme elles le désiraient. Cette pieuse et héroïque demarde fut exaucée, il est äu moins permis de le croire. En effet, peu. de temps après, à la grande surprise de tout le village, elles furent retirées de ce monde.
11 y eut aussi à la mort de Catherine un grand
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zèle parmi les Sauvages pour les mortifications corporelles ; ils se livrèrent avec ardeur aux pratiques que nous avons mentionnées ci-dessus et s’infligèrent à l’envi des macérations que lon rencontrerait à peine dans les monastères les plus rigoureux. Six mois environ après la mort de Catherine, Dieu se mit à la glorifier par l’éclat des miracles qu’elle fit en quantité presque innombrable dans tout le Canada. La poussière même prise sur son tombeau a servi de remède pour guérir toute sorte de maladies. On affluait de tous les lieux de la colonie, afin de rendre À Dieu des actions de grâces
pour les bienfaits reçus par l’intercession de Catherine
et vénérer ses reliques. Ses images, la simple invocation de son nom, la simple promesse d’un pèlerinage à son tombeau, le contact de sa couverte et de ses vêtements et des objets qui avaient été à son usage, opéraient des guérisons. Le P. Chollenec cite deux certificats, l’un signé par M. l'abbé de La Colombière, Grand vicaire de Québec et Conseiller clere au Conseil de la Nouvelle-France, lPautrèe signé par M. Duluth, capitaine d’une compagnie d'infanterie, Tous deux déclarent expressément qu’étant venus prier au tombeau de Catherine Tekakwitha, ils avaient obtenu par son intercession la guérison complète de graves maladies.
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Les Pères Jésuites, missionnaires du Sault St-Louis, reçurent de France plusieurs lettres où on leur annonçait que Catherine Tekakwitha était venue au secours de plusieurs quiimploraient son assistance. Le P. Chollenec ajoute que parmi tous les miracles opérés par elle le plus grand de tous, suivant son opinion, est Catherine elle-même qu’il appelle la véritable thaumaturge du nouveau monde, Sans doute, tous ces faits miraculeux n’ont pas été soumis à une enquête juridique ; mais en présence de ce concours des peuples au tombeau de Catherine et des affirmations de tant de prêtres et laïques distingués par leur science et leur piété, on ne peut s’empècher de reconnaître que Catherine Tekakwitha est morte en odeur de sainteté et qu’elle a obtenu des grâces signalées à ceux qui ont eu confiance en son intercession.
SR
: a = LE El ce Din PS